Délai d'expulsion : votre calendrier étape par étape
Indiquez votre bail, sa clause résolutoire et la date du commandement de payer : le simulateur place les délais fixés par la loiet vous laisse régler les durées qui dépendent du tribunal. Il donne au mieux un minimum théorique, jamais une date d'expulsion.
Aucun texte ne fixe la durée totale d'une expulsion. Les délais légaux sont : le délai du commandement de payer (6 semaines pour un bail conclu depuis le 29 juillet 2023, sinon celui de la clause), au moins 6 semaines entre la notification de l'assignation au préfet et l'audience, 2 mois après le commandement de quitter les lieux (modulables par le juge ; le préfet doit en être informé) et 2 mois de silence du préfet qui valent refus. La trêve hivernale (1ᵉʳ novembre – 31 mars) suspend l'exécution, pas la procédure.
Simulateur : les étapes et les délais d'une expulsion
Vos hypothèses pour les durées que la loi ne fixe pas
Les valeurs proposées sont des points de départ arbitraires, pas des moyennes : remplacez-les par les délais constatés dans votre tribunal (le greffe ou votre commissaire de justice peuvent vous renseigner).
Aucune date calculée
Vérifiez d'abord dans votre bail qu'il contient une clause résolutoire (souvent intitulée « clause résolutoire ») : sans elle, le commandement ne fait pas jouer la résiliation. Aucun délai n'est calculé tant que ce point n'est pas confirmé.
Les étapes et leurs délais légaux restent détaillés ci-dessous.
- 1
Commandement de payer signifié par un commissaire de justice
date indiquéeVérifiez d'abord dans votre bail qu'il contient une clause résolutoire (souvent intitulée « clause résolutoire ») : sans elle, le commandement ne fait pas jouer la résiliation. Aucun délai n'est calculé tant que ce point n'est pas confirmé.
- 2
Expiration du délai du commandement de payer
délai légalDernier jour pour régulariser, prorogé au premier jour ouvrable (art. 641 et 642 du code de procédure civile). Faute de paiement, la clause résolutoire peut jouer ; c'est le juge qui le constate.
- 3
Signalement du commandement à la CCAPEX par le commissaire de justice
à savoirPour un bailleur personne physique ou une SCI familiale, le commissaire de justice signale le commandement à la CCAPEX dès que l'un des deux seuils est atteint : dette égale à 2 fois le loyer mensuel hors charges, ou impayé de loyer ou de charges sans interruption depuis 2 mois. Vous n'avez pas à le faire vous-même.
- 4
Assignation devant le juge des contentieux de la protection
au plus tôtPas avant le lendemain de l'expiration du commandement. Le commissaire de justice notifie l'assignation au préfet au moins 6 semaines avant l'audience (on suppose ici qu'il le fait le jour de l'assignation). Dette jusqu'à 5 000 € : une tentative amiable préalable peut être exigée ; les juridictions sont partagées pour la résiliation du bail.
- 5
Audience — hypothèse : 12 semaines après l'assignation
hypothèseLa date est fixée par le tribunal. Minimum légal : 6 semaines après la notification au préfet. Le délai retenu est une hypothèse de calcul que vous pouvez modifier, pas une moyenne ; les samedis, dimanches et jours fériés sont écartés.
- 6
Décision — hypothèse : délibéré de 4 semaines
hypothèseIssues possibles : le juge peut accorder au locataire des délais de paiement jusqu'à 3 ans s'il peut régler sa dette et a repris le paiement intégral du loyer courant avant l'audience, et suspendre la clause résolutoire si c'est demandé : tant que les délais sont respectés, il n'y a pas d'expulsion (la suspension prend fin au premier impayé). Il peut aussi rejeter la demande. La suite suppose une décision qui ordonne l'expulsion.
- 7
Signification du jugement et commandement de quitter les lieux — hypothèse : 4 semaines après la décision
hypothèseActes du commissaire de justice. La date d'expiration de ce commandement figure plus bas.
- 8
Information du préfet par le commissaire de justice, dès le commandement de quitter les lieux
délai légalFormalité distincte de la notification de l'assignation : dès la signification du commandement de quitter les lieux, le commissaire de justice chargé de l'exécution en saisit le préfet (art. L.412-5 du code des procédures civiles d'exécution). À défaut, le délai avant l'expiration duquel l'expulsion ne peut avoir lieu est suspendu. Vérifiez auprès du commissaire qu'elle a été faite.
- 9
Expiration du délai pour quitter les lieux
délai légalDélai de 2 mois après le commandement de quitter les lieux (code des procédures civiles d'exécution, art. L.412-1), à condition que le préfet ait été informé. Le juge peut le réduire ou le supprimer dans certains cas, ou accorder des délais supplémentaires. Retenu ici : 2 mois.
- 10
Demande de concours de la force publique au préfet
au plus tôtLe préfet peut accorder ou refuser son concours. Sans réponse dans les 2 mois, son silence vaut refus. Un recours, notamment pour être indemnisé par l'État, est alors possible : renseignez-vous auprès de l'ADIL.
- 11
Exécution de l'expulsion : aucune date ne peut être calculée
à savoirL'exécution dépend de l'accord du préfet, des délais que le juge peut accorder et de l'agenda du commissaire de justice. La trêve hivernale (1er novembre – 31 mars) suspend l'exécution, pas la procédure. Elle ne s'applique pas dans ces cas : relogement assuré dans des conditions suffisantes ; personnes entrées dans les lieux par manœuvres, menaces, voies de fait ou contrainte ; logement spécialement destiné aux étudiants lorsque l'occupant ne remplit plus les conditions d'attribution (un étudiant locataire d'un logement ordinaire reste protégé) ; immeuble frappé d'un arrêté de péril. Outre-mer : renseignez-vous sur les règles locales.
Repères généraux à vérifier, métropole. Seuls les délais marqués « délai légal » sont fixés par les textes ; les autres dates découlent de vos hypothèses. Règles vérifiées le 20 octobre 2026. Ne constitue pas un conseil juridique : l'ADIL de votre département répond gratuitement.
Les étapes de la procédure d'expulsion
La procédure suit un ordre précis : mise en demeure, puis commandement de payer délivré par commissaire de justice, assignation et audience devant le juge des contentieux de la protection, jugement, puis commandement de quitter les lieux et enfin la demande de concours de la force publique au préfet. Chaque étape a ses propres délais et le juge peut, à chacune, accorder des délais au locataire. Notre dossier impayé regroupe des modèles pour les premières étapes, à adapter à votre situation.
Ce qui fait varier la durée
Le délai avant l'audience et le délibéré dépendent du tribunal ; une audience peut être renvoyée. Le juge peut accorder jusqu'à 3 ans de délais de paiement et suspendre la clause résolutoire, modifier le délai pour quitter les lieux ou accorder des délais supplémentaires. Le préfet peut refuser son concours, et la trêve hivernalesuspend l'exécution. Si vous envisagez de mener la phase judiciaire vous-même, notre guide expulsion pour loyer impayé sans avocat détaille ce que vous pouvez faire seul et ce qui reste du ressort du commissaire de justice.
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il pour expulser un locataire qui ne paie pas ?+
La loi ne fixe pas de durée totale. Elle fixe certains délais : celui du commandement de payer (6 semaines pour un bail conclu depuis le 29 juillet 2023, sinon le délai écrit dans la clause résolutoire, souvent 2 mois), au moins 6 semaines entre la notification de l'assignation au préfet et l'audience, 2 mois après le commandement de quitter les lieux (le juge peut réduire, supprimer ou allonger ce délai ; le commissaire de justice doit informer le préfet de ce commandement, faute de quoi le délai est suspendu), et 2 mois de silence du préfet qui valent refus du concours de la force publique. D'autres durées dépendent du tribunal et des décisions du juge, qui peut accorder jusqu'à 3 ans de délais de paiement. Faute de statistique fiable, nous ne donnons pas de durée moyenne : le simulateur additionne les délais légaux et vos hypothèses pour donner un minimum théorique, jamais une date d'expulsion.
Qu'a changé la loi Kasbarian-Bergé sur les délais ?+
Pour les baux conclus depuis le 29 juillet 2023, le délai laissé par le commandement de payer est d'au moins 6 semaines. Pour un bail en cours à cette date, la Cour de cassation (avis du 13 juin 2024) retient le délai écrit dans la clause, souvent 2 mois. Le cas des baux reconduits depuis n'est pas tranché. Le simulateur ne calcule donc aucune date tant que la clause et son délai ne sont pas confirmés.
La trêve hivernale rallonge-t-elle la procédure ?+
Du 1er novembre au 31 mars, aucune expulsion ne peut en principe être exécutée. La trêve suspend l'exécution, pas la procédure : le commandement, l'assignation, l'audience et le jugement peuvent avoir lieu pendant cette période. Elle ne s'applique pas dans ces cas : relogement assuré dans des conditions suffisantes ; personnes entrées dans les lieux par manœuvres, menaces, voies de fait ou contrainte ; logement spécialement destiné aux étudiants lorsque l'occupant ne remplit plus les conditions d'attribution (un étudiant locataire d'un logement ordinaire reste protégé) ; immeuble frappé d'un arrêté de péril. Le 1er avril marque la fin de la trêve, pas une date d'expulsion : il faut encore le concours de la force publique, que le préfet peut refuser.
Peut-on accélérer la procédure ?+
On ne raccourcit pas les délais légaux, mais on peut éviter de les rallonger : faire signifier le commandement de payer dès que la situation l'exige, préparer un dossier complet pour l'audience et, si le locataire perçoit une aide au logement, signaler l'impayé à la CAF ou à la MSA dans les délais. Une irrégularité, par exemple un délai mal indiqué dans le commandement ou une notification au préfet trop tardive, peut obliger à refaire un acte.
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Information générale, pas un conseil juridique personnalisé. Ce contenu s'appuie sur des sources officielles à jour, mais chaque situation est particulière. Pour un litige complexe ou des montants élevés, faites-vous accompagner par un avocat ou un commissaire de justice.