Aller au contenu
Serenibail

Le commandement de payer : à quoi ça sert, quel délai, quel coût ?

Mis à jour le 21 septembre 2026 · Rédigé par La rédaction de Serenibail · 15 min de lecture · Sources officielles citées

Le commandement de payer est un acte délivré par un commissaire de justice qui somme le locataire de régler sa dette et déclenche la clause résolutoire. Le locataire dispose de 6 semaines pour payer (baux conclus ou renouvelés depuis le 29 juillet 2023) ou 2 mois (baux antérieurs). Les frais sont à la charge du locataire.

Quand un locataire ne paie plus, le commandement de payer est souvent l'étape qui débloque la situation. C'est un acte officiel délivré par un commissaire de justice (l'ancien huissier) qui rappelle au locataire ce qu'il doit, lui laisse un dernier délai pour régulariser, et déclenche la clause résolutoire de votre bail s'il ne paie pas. Beaucoup de propriétaires l'imaginent agressif ou définitif : en réalité, dans une majorité de cas, il suffit à faire payer le locataire ou à le pousser à négocier un échéancier. Voici, étape par étape, comment ça marche, les délais exacts à jour 2026, le coût réel, et ce qui se passe après. Cette fiche est informative et ne remplace pas l'avis d'un commissaire de justice ou d'un avocat.

L'essentiel

  • →Le commandement de payer est délivré uniquement par un commissaire de justice (ex-huissier) : ni vous, ni une simple lettre recommandée ne peuvent le remplacer.
  • →Le locataire a 6 semaines pour payer si le bail a été conclu, renouvelé ou reconduit depuis le 29 juillet 2023, et 2 mois si le bail est plus ancien (loi Kasbarian-Bergé ; Cour de cassation, avis du 13 juin 2024, n° 24-70.002).
  • →Coût : environ 120 à 250 € TTC, à avancer par vous, mais légalement à la charge du locataire car l'acte est obligatoire.
  • →S'il paie tout dans le délai, la procédure s'arrête. S'il ne paie pas, la clause résolutoire est acquise et vous pouvez l'assigner devant le juge des contentieux de la protection.
  • →Pour une dette locative, le juge peut accorder au locataire jusqu'à 3 ans de délais de paiement (article 24 de la loi du 6 juillet 1989) ; la suspension des effets de la clause résolutoire n'est plus automatique et suppose une demande et la reprise du paiement du loyer courant.

Calculer le délai de votre commandement de payer

Vérifiez d'abord dans votre bail qu'il contient une clause résolutoire (souvent intitulée « clause résolutoire ») : sans elle, le commandement ne fait pas jouer la résiliation. Aucun délai n'est calculé tant que ce point n'est pas confirmé.

6 semaines pour un bail conclu depuis le 29 juillet 2023. Pour un bail plus ancien, le délai écrit dans sa clause, souvent 2 mois (avis de la Cour de cassation du 13 juin 2024), y compris par prudence s'il a été reconduit depuis : l'ANIL retient alors 6 semaines, mais le délai le plus long protège la procédure. Dates calculées selon les articles 641 et 642 du Code de procédure civile. Règles du 20 octobre 2026. Information générale, pas une consultation juridique.

Générer ma mise en demeure (gratuit)→Établir le décompte à joindre au commandement (gratuit)→Estimer le délai avant expulsion (gratuit)→Modèle gratuit à copier : mise en demeure pour loyer impayé→

Gagnez du temps : le Dossier impayé complet, prêt à envoyer

Repères datés + calculs + 14 courriers partiellement préremplis + fiches et check-lists — 49 €

Voir →

Les étapes, dans l'ordre

  1. 1

    Constituez un décompte précis de la dette

    Avant tout

    Listez mois par mois les loyers et charges impayés, avec les éventuels paiements partiels. Ce décompte sera la base du commandement de payer. Notez aussi la date exacte de signature du bail, ainsi que ses dates de renouvellement ou de reconduction : elles déterminent le délai (6 semaines ou 2 mois).

  2. 2

    Tentez d'abord une relance ou une mise en demeure

    Dès le 1er impayé

    Une lettre recommandée de mise en demeure suffit parfois à débloquer la situation ou à ouvrir une négociation. Ce n'est pas obligatoire avant un commandement, mais c'est souvent moins coûteux et préserve la relation.

  3. 3

    Mandatez un commissaire de justice

    Si l'impayé persiste

    Contactez un commissaire de justice (ex-huissier) et transmettez-lui le bail, le décompte de la dette et vos coordonnées. Lui seul peut délivrer le commandement de payer visant la clause résolutoire. Comptez environ 120 à 250 € TTC à avancer ; demandez un devis.

  4. 4

    Le commandement est signifié au locataire

    Jour J

    Le commissaire de justice remet officiellement l'acte au locataire et, pour un bailleur particulier, signale le commandement à la CCAPEX. Le délai légal commence à courir à cette date : 6 semaines pour un bail conclu, renouvelé ou reconduit depuis le 29 juillet 2023, 2 mois pour un bail plus ancien.

  5. 5

    Attendez l'expiration du délai

    6 semaines ou 2 mois

    Le locataire peut payer la totalité de la dette (la procédure s'arrête), proposer un échéancier, ou saisir le juge pour obtenir des délais. Restez ouvert à un plan d'apurement : c'est souvent plus rapide et plus sûr qu'un procès.

  6. 6

    Assignez devant le juge des contentieux de la protection

    Après le délai non respecté

    Si rien n'est réglé, votre commissaire de justice assigne le locataire pour faire constater la résiliation du bail et ordonner l'expulsion. L'assignation doit être notifiée au préfet au moins 6 semaines avant l'audience. Une SCI ou un bailleur personne morale doit en outre avoir saisi la CCAPEX au moins 2 mois avant l'assignation.

  7. 7

    Décision du juge et suite

    Plusieurs mois après l'audience

    Le juge peut résilier le bail et ordonner l'expulsion, ou accorder au locataire jusqu'à 3 ans de délais de paiement pour la dette locative. La suspension de la clause résolutoire suppose une demande et la reprise du loyer courant. En cas d'expulsion, aucune mesure ne peut être exécutée pendant la trêve hivernale (1er novembre au 31 mars).

À quoi sert le commandement de payer ?

Le commandement de payer visant la clause résolutoire est l'acte central de toute procédure pour loyer impayé. Concrètement, c'est un document officiel par lequel un commissaire de justice somme votre locataire de régler l'intégralité de sa dette (loyers, charges, et frais de l'acte) dans un délai fixé par la loi. C'est beaucoup plus fort qu'une lettre de relance ou même qu'une mise en demeure : il a une valeur juridique et il fait courir le compte à rebours de la clause résolutoire inscrite dans votre bail.

Son but est double. D'abord, il met une dernière pression formelle sur le locataire : recevoir un commissaire de justice fait souvent réagir là où vos courriers restaient sans réponse. Ensuite, il constitue une étape obligatoire avant toute demande d'expulsion fondée sur la clause résolutoire : sans commandement de payer préalable, le juge ne pourra pas constater la résiliation du bail sur ce fondement.

Il faut bien comprendre que le commandement de payer n'expulse personne et ne résilie pas le bail à lui seul. Il déclenche un mécanisme. Si le locataire régularise, tout s'arrête. S'il ne régularise pas, vous obtenez la preuve que la clause résolutoire est acquise, ce qui ouvre la suite judiciaire.

Vous n'êtes pas seul à gérer ça

Recevoir un loyer impayé n'a rien d'exceptionnel ni de honteux. Le commandement de payer est une démarche balisée et encadrée par la loi : ce n'est pas une escalade que vous lancez "contre" quelqu'un, c'est la procédure normale prévue pour récupérer ce qui vous est dû.

Qui peut le délivrer ? Le rôle du commissaire de justice

Seul un commissaire de justice peut délivrer un commandement de payer. Le commissaire de justice est la profession qui a remplacé l'huissier de justice (rapprochement avec les commissaires-priseurs judiciaires effectif depuis le 1er juillet 2022) : c'est le même rôle d'officier public et ministériel. Vous ne pouvez pas rédiger et envoyer ce commandement vous-même, et une lettre recommandée, même très ferme, n'a pas la même portée juridique.

C'est vous, le propriétaire, qui mandatez le commissaire de justice. Vous lui transmettez le bail, le décompte précis de la dette (mois par mois) et vos coordonnées. Il rédige l'acte, vérifie qu'il contient toutes les mentions obligatoires prévues à peine de nullité (montant de la dette, délai pour payer, possibilité de saisir le juge ou un fonds de solidarité pour le logement, etc.), puis le signifie au locataire, c'est-à-dire qu'il le lui remet officiellement.

Le commissaire de justice a aussi une obligation peu connue : lorsque le commandement est délivré pour le compte d'un bailleur personne physique (ou d'une société civile familiale), il doit le signaler à la CCAPEX, la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives. Ce signalement enclenche un accompagnement social du locataire en difficulté ; il est imposé par la loi et ne dépend pas de vous.

Le délai laissé au locataire : 6 semaines ou 2 mois

C'est le point le plus important et le plus souvent mal compris. Le délai dépend de la date du bail.

Pour les baux conclus, renouvelés ou reconduits depuis le 29 juillet 2023, le délai est de 6 semaines à compter de la signification du commandement. Ce raccourcissement vient de la loi Kasbarian-Bergé (loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023), qui a ramené le délai de 2 mois à 6 semaines pour accélérer les procédures.

Pour les baux antérieurs et toujours en cours sous leur stipulation d'origine, le délai reste de 2 mois. La Cour de cassation l'a tranché dans son avis du 13 juin 2024 (n° 24-70.002) : le nouveau délai de 6 semaines ne s'applique pas aux baux en cours, en vertu du principe de non-rétroactivité de la loi (article 2 du Code civil). Attention toutefois : un bail ancien qui a été renouvelé ou tacitement reconduit après le 29 juillet 2023 peut basculer dans le régime des 6 semaines. La date pertinente n'est donc pas seulement celle de la première signature.

Pendant ce délai, le locataire peut payer la totalité de la dette pour stopper la procédure, ou prendre contact avec vous pour proposer un échéancier. Il peut aussi saisir le juge pour demander des délais de paiement.

Vérifiez la date et l'historique de votre bail

Si votre commissaire de justice applique 6 semaines à un bail qui relevait encore des 2 mois, le délai sera jugé irrégulier et la clause résolutoire risque de ne pas être acquise. Donnez-lui la date exacte de signature, mais aussi les dates de renouvellement ou de reconduction, dès le départ.

Combien ça coûte et qui paie ?

Le coût d'un commandement de payer se situe en général entre 120 et 250 € TTC. Il se compose d'émoluments réglementés (un tarif fixé par décret, qui varie selon le montant de la dette), de frais de déplacement et de débours du commissaire de justice. Le montant exact dépend de votre dossier : demandez un devis avant de mandater.

C'est vous, le propriétaire, qui avancez ces frais au moment de mandater le commissaire de justice. Mais sur le plan juridique, ces frais sont à la charge du locataire, car le commandement de payer est un acte obligatoire de la procédure. Ils s'ajoutent donc à la dette réclamée, et le locataire doit normalement les rembourser en réglant ce qu'il doit. En pratique, leur récupération dépend de la solvabilité du locataire.

Si vous avez souscrit une assurance loyers impayés (GLI) ou bénéficiez de la garantie Visale, vérifiez vos garanties : les frais de procédure et de commissaire de justice sont souvent pris en charge, à condition d'avoir déclaré l'impayé dans les délais prévus par votre contrat.

Ce qui se passe ensuite

Deux scénarios. Premier cas, le locataire paie l'intégralité de la dette dans le délai (6 semaines ou 2 mois). La clause résolutoire ne joue pas, le bail continue, et la procédure s'arrête là. C'est l'issue la plus fréquente, et la plus souhaitable pour tout le monde.

Deuxième cas, le délai s'écoule sans paiement complet et sans accord. La clause résolutoire est alors réputée acquise. Vous pouvez faire assigner le locataire devant le juge des contentieux de la protection (le juge compétent pour les litiges locatifs) pour qu'il constate la résiliation du bail, condamne le locataire à payer la dette et ordonne son expulsion.

Attention aux formalités préalables, gérées par votre commissaire de justice et, le cas échéant, votre avocat : l'assignation doit être notifiée au préfet au moins 6 semaines avant l'audience, afin qu'un diagnostic social et financier puisse être réalisé. Pour un bailleur personne morale (par exemple une SCI non familiale), s'ajoute l'obligation de saisir la CCAPEX au moins 2 mois avant l'assignation ; cette saisine préalable spécifique ne s'impose pas au bailleur particulier, pour qui c'est le signalement du commandement de payer par le commissaire de justice qui informe la CCAPEX.

Enfin, le juge garde un pouvoir d'appréciation. Même si la clause résolutoire est acquise, il peut accorder au locataire des délais de paiement, jusqu'à 3 ans pour une dette locative (article 24 de la loi du 6 juillet 1989 ; l'article 1343-5 du Code civil prévoit, lui, un plafond général de 2 ans). Depuis la loi Kasbarian-Bergé, la suspension des effets de la clause résolutoire n'est plus automatique : elle doit être demandée par le bailleur ou le locataire, et suppose que le locataire ait repris le paiement intégral du loyer courant avant l'audience. Si le locataire respecte l'échéancier fixé, la clause est réputée n'avoir jamais joué ; sinon, elle reprend son plein effet. Et n'oubliez pas la trêve hivernale : aucune expulsion ne peut être exécutée entre le 1er novembre et le 31 mars.

Comptez plusieurs mois, pas plusieurs jours

Entre le commandement de payer, le délai légal, l'assignation, l'audience et l'éventuelle expulsion, la procédure complète prend souvent de 12 à 24 mois, parfois davantage. Le commandement de payer est un accélérateur, pas une solution immédiate : agir tôt reste votre meilleur levier.

Commandement de payer, mise en demeure, clause résolutoire : ne pas confondre

La mise en demeure est un courrier (souvent recommandé) par lequel vous demandez le paiement. Elle est utile en amont, mais elle n'a aucune valeur de commandement et ne fait pas courir de délai légal de résiliation. Vous pouvez l'envoyer vous-même.

Le commandement de payer, lui, est un acte d'officier public délivré par un commissaire de justice. C'est lui qui active la clause résolutoire et qui ouvre la voie judiciaire.

La clause résolutoire est une clause de votre contrat de bail qui prévoit que le bail sera résilié de plein droit en cas d'impayé. Depuis la loi du 27 juillet 2023, tout nouveau bail d'habitation doit en contenir une. Mais elle ne s'applique jamais toute seule : elle ne produit ses effets qu'au terme du délai suivant un commandement de payer resté infructueux, et c'est le juge qui constate officiellement la résiliation.

Le dossier complet, prêt à l'emploi

Dossier impayé complet — 49 €

Vous savez maintenant quoi faire. Le dossier part de votre situation : il date vos repères, fait les calculs (dette, intérêts, échéancier) et reprend vos chiffres dans 14 courriers.

  • Frise datée selon votre bail (CAF, commandement)
  • Dette, intérêts, échéancier, prescription
  • Mise en demeure, signalement CAF, décompte
  • Relance, plan d'apurement, garant, assurance
  • 8 fiches de cas particuliers, 3 check-lists
  • Accès et mises à jour pendant 24 mois
Découvrir — 49 €

Accès immédiat · satisfait ou remboursé 14 jours

Questions fréquentes

Puis-je envoyer moi-même un commandement de payer à mon locataire ?+

Non. Le commandement de payer visant la clause résolutoire est un acte d'officier public qui ne peut être délivré que par un commissaire de justice (l'ancien huissier). Ce que vous pouvez faire vous-même, c'est une lettre de relance ou une mise en demeure par recommandé, mais elles n'ont pas la même valeur juridique et ne déclenchent pas la clause résolutoire.

Existe-t-il un modèle de commandement de payer les loyers à télécharger ?+

Non, et un modèle ne vous servirait à rien : le commandement de payer visant la clause résolutoire est un acte d'officier public, rédigé et signifié par un commissaire de justice (l'ancien huissier), qui engage sa responsabilité sur les mentions obligatoires prévues à peine de nullité (montant de la dette, délai pour payer, possibilité de saisir le juge ou le fonds de solidarité pour le logement…). Un document que vous auriez rédigé et envoyé vous-même, même intitulé « commandement de payer », n'a pas cette valeur et ne fait pas courir le délai de la clause résolutoire. Ce que vous préparez vous-même, en revanche, c'est le dossier que vous remettez au commissaire de justice : le bail, un décompte locatif précis mois par mois, et la trace de vos relances. Nos modèles gratuits de relance, de mise en demeure et de décompte locatif couvrent ces étapes.

Quel délai mon locataire a-t-il vraiment pour payer ?+

Tout dépend de la date du bail. Pour un bail conclu, renouvelé ou reconduit depuis le 29 juillet 2023, le délai est de 6 semaines. Pour un bail plus ancien resté en cours sous sa stipulation d'origine, il reste de 2 mois, même si le commandement est délivré en 2026. C'est ce qu'a confirmé la Cour de cassation dans son avis du 13 juin 2024 (n° 24-70.002), au nom de la non-rétroactivité de la loi.

Pourquoi 6 semaines de délai pour un bail signé en 2023 ou après ?+

Le délai de 6 semaines (au lieu de 2 mois auparavant) découle de la loi Kasbarian-Bergé du 27 juillet 2023, qui a raccourci le délai du commandement de payer pour accélérer les procédures. Il s'applique aux baux conclus, renouvelés ou reconduits depuis le 29 juillet 2023. Les baux plus anciens restés en cours sous leur stipulation d'origine conservent le délai de 2 mois (Cour de cassation, avis du 13 juin 2024, n° 24-70.002).

Qui paie les frais d'huissier (commissaire de justice) du commandement de payer ?+

Les frais d'huissier, aujourd'hui frais de commissaire de justice, sont juridiquement à la charge du locataire car le commandement de payer est un acte obligatoire de la procédure : ils s'ajoutent à la dette. C'est toutefois le propriétaire qui les avance au moment de mandater le commissaire de justice (en général 120 à 250 € TTC). Leur récupération effective dépend de la solvabilité du locataire ; une assurance loyers impayés (GLI) ou la garantie Visale les couvre souvent.

Combien coûte un commandement de payer et qui doit le payer ?+

Comptez en général entre 120 et 250 € TTC, selon le montant de la dette ; demandez un devis. C'est vous qui avancez ces frais au commissaire de justice, mais ils sont juridiquement à la charge du locataire car l'acte est obligatoire : ils s'ajoutent à la dette. Si vous avez une assurance loyers impayés ou la garantie Visale, ces frais sont souvent couverts.

Le commandement de payer résilie-t-il automatiquement le bail ?+

Non. Il déclenche le mécanisme de la clause résolutoire, mais ne résilie rien à lui seul. Si le locataire ne paie pas dans le délai, la clause est réputée acquise, mais il faut ensuite saisir le juge des contentieux de la protection pour qu'il constate officiellement la résiliation et ordonne l'expulsion.

Que se passe-t-il si le locataire paie pendant le délai ?+

S'il règle l'intégralité de la dette (loyers, charges et frais de l'acte) dans le délai imparti, la clause résolutoire ne joue pas, le bail continue normalement et la procédure s'arrête. C'est l'issue la plus fréquente. S'il ne paie qu'une partie, le délai n'est pas considéré comme respecté.

Le juge peut-il accorder des délais à mon locataire malgré le commandement ?+

Oui. Même si la clause résolutoire est acquise, le juge peut accorder au locataire des délais de paiement allant jusqu'à 3 ans pour une dette locative (article 24 de la loi du 6 juillet 1989 ; l'article 1343-5 du Code civil pose un plafond général de 2 ans). Depuis la loi Kasbarian-Bergé, la suspension des effets de la clause résolutoire n'est plus automatique : elle doit être demandée et suppose que le locataire ait repris le paiement intégral du loyer courant avant l'audience.

Combien de temps dure toute la procédure ?+

Le commandement de payer est une étape rapide, mais la procédure complète jusqu'à une éventuelle expulsion prend souvent de 12 à 24 mois, parfois plus. S'y ajoutent le délai d'assignation, la notification au préfet au moins 6 semaines avant l'audience, les éventuels délais de paiement accordés par le juge, et la trêve hivernale du 1er novembre au 31 mars pendant laquelle aucune expulsion ne peut être exécutée.

Quelle différence entre une mise en demeure et un commandement de payer ?+

La mise en demeure est un simple courrier que vous pouvez envoyer vous-même pour réclamer le paiement ; elle ne fait courir aucun délai légal de résiliation. Le commandement de payer est un acte officiel délivré par un commissaire de justice, qui active la clause résolutoire et ouvre la voie judiciaire. La mise en demeure est souvent une étape préalable utile, mais elle ne remplace pas le commandement.

Le commandement de payer d'un bailleur social (HLM) est-il différent ?+

Non : l'acte est le même, délivré par un commissaire de justice, avec les mêmes mentions obligatoires et le même délai de paiement pour le locataire. La différence tient aux obligations du bailleur : un bailleur personne morale (organisme HLM, SEM, la plupart des sociétés) doit saisir la CCAPEX au moins deux mois avant d'assigner le locataire en résiliation du bail (article 24 de la loi du 6 juillet 1989), en plus du signalement à la CAF si le locataire perçoit une aide au logement. Cette saisine préalable ne s'impose pas au bailleur particulier ni aux SCI familiales. Côté locataire d'un bailleur social, les recours sont identiques : payer dans le délai, demander des délais au juge, ou solliciter le fonds de solidarité pour le logement (FSL).

Le commandement de payer est-il le même à Paris, Lyon, Marseille ou partout en France ?+

Oui. Le commandement de payer relève du Code des procédures civiles d'exécution et de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989, applicables sur tout le territoire : il n'existe pas de règle propre à Paris, Lyon, Marseille, Toulouse, Nantes ou Nice. Dans toutes les communes, l'acte est délivré par un commissaire de justice (ex-huissier), vise la clause résolutoire et laisse au locataire 6 semaines pour payer (baux signés à partir du 29 juillet 2023) ou 2 mois (baux antérieurs). Seule change la compétence territoriale : le commissaire de justice et le tribunal compétents sont ceux du lieu où se situe le logement.

J'ai un bail notarié : puis-je recouvrer les loyers impayés sans jugement ?+

Pour la dette, oui. L'article L. 111-3 du Code des procédures civiles d'exécution range les actes notariés revêtus de la formule exécutoire parmi les titres exécutoires : si votre bail a été signé devant notaire, vous détenez déjà un titre et vous n'avez pas besoin d'obtenir un jugement de condamnation au paiement. Avec la copie exécutoire, un commissaire de justice peut engager directement les mesures d'exécution sur les sommes dues (saisie-attribution sur compte bancaire, saisie des rémunérations, saisie-vente). Pour l'expulsion, non : l'article L. 411-1 du même code exige une décision de justice ou un procès-verbal de conciliation exécutoire, puis la signification d'un commandement de quitter les lieux. Le bail notarié vous fait donc gagner l'étape judiciaire sur l'argent, jamais sur la reprise du logement — et il ne dispense ni du commandement de payer visant la clause résolutoire, ni des obligations de signalement (CAF, CCAPEX) si vous voulez faire résilier le bail.

Questions fréquentes connexes

Pour aller plus loin

Sources officielles

Comment nous vérifions nos informations

Chaque guide est rédigé puis recoupé à partir de sources publiques officielles: nous citons les textes applicables et indiquons la date de mise à jour pour que vous puissiez vérifier l'information à la source.

  • Sources officielles privilégiées : Service-Public.fr, Légifrance (textes de loi et jurisprudence) et l'ANIL (Agence nationale pour l'information sur le logement). Les références précises utilisées pour cette page sont listées dans la section « Sources officielles ».
  • Mise à jour datée : cette page a été vérifiée le 21 septembre 2026. La réglementation et les montants évoluent ; en cas de doute, confrontez toujours l'information à la source officielle citée.
  • Information générale, pas un conseil juridique individualisé : ce contenu a une vocation pédagogique. Il ne remplace pas l'analyse de votre situation par un professionnel du droit (avocat, commissaire de justice) ou par l'ADIL de votre département, qui informe gratuitement.

Rédigé par La rédaction de Serenibail — Propriétaires bailleurs & rédacteurs spécialisés.

→

Étape suivante

Assignation et audience devant le juge des contentieux de la protection : déroulé, délais et décision

À lire aussi

Dans le même thème : Impayés

Information générale, pas un conseil juridique personnalisé. Ce contenu s'appuie sur des sources officielles à jour, mais chaque situation est particulière. Pour un litige complexe ou des montants élevés, faites-vous accompagner par un avocat ou un commissaire de justice.