Mise en demeure pour loyer impayé : le guide complet du bailleur
Mis à jour le 5 juin 2026 · Rédigé par La rédaction de Serenibail · 11 min de lecture · Sources officielles citées
Un loyer qui ne tombe pas, c'est stressant, surtout quand on n'est qu'un particulier qui loue un seul bien. Avant toute procédure lourde, la mise en demeure est l'étape simple, peu coûteuse et souvent efficace pour rappeler à votre locataire son obligation de payer, tout en posant une preuve écrite solide. Ce guide vous explique quand l'envoyer, comment la rédiger, ce qu'elle doit contenir et ce qui se passe ensuite, avec les délais à jour pour 2026.
L'essentiel
- →La mise en demeure est une lettre formelle, envoyée par le bailleur en recommandé avec accusé de réception (LRAR), qui rappelle au locataire son obligation de payer et fixe un délai.
- →Elle n'est pas obligatoire en droit, mais fortement recommandée : elle constitue une preuve écrite et débloque souvent la situation à l'amiable.
- →Aucun délai légal n'est imposé : envoyez-la dès le premier loyer en retard, et accordez en général entre 8 et 15 jours pour régulariser.
- →Si elle reste sans effet, l'étape suivante est le commandement de payer délivré par un commissaire de justice (ex-huissier), qui laisse au locataire 6 semaines pour payer (baux signés à partir du 29 juillet 2023) ou 2 mois (baux antérieurs).
- →Si votre locataire perçoit une aide au logement (APL, ALF ou ALS), vous devez aussi signaler l'impayé à la CAF (ou MSA) dans les 2 mois, une fois la dette égale à 2 mois de loyer net et charges.
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Les étapes, dans l'ordre
- 1
Relancer à l'amiable
Jour 1 à 5 du retard
Dès les premiers jours de retard, contactez votre locataire par téléphone, e-mail ou courrier simple. Beaucoup de retards se règlent à ce stade, sans tension. Notez la date et la teneur de l'échange.
- 2
Préparer le décompte des sommes dues
Avant l'envoi
Listez précisément les loyers et charges impayés, mois par mois, et calculez le total. Vérifiez si votre bail contient une clause résolutoire : elle conditionne la suite de la procédure.
- 3
Rédiger et envoyer la mise en demeure en LRAR
1 à 2 semaines après le 1er retard
Rédigez la lettre avec toutes les mentions obligatoires (identité des parties, adresse du logement, décompte, délai de paiement, signature) et envoyez-la en recommandé avec accusé de réception. Utilisez notre générateur gratuit pour ne rien oublier.
- 4
Laisser courir le délai de régularisation
8 à 15 jours
Accordez en général 8 à 15 jours à compter de la réception. Conservez la copie de la lettre, la preuve de dépôt et l'accusé de réception. Restez ouvert à un échelonnement de bonne foi.
- 5
Signaler à la CAF si le locataire perçoit une aide au logement
Dans les 2 mois suivant l'impayé constitué
Dès que la dette atteint 2 mois de loyer net et charges, signalez l'impayé à la CAF (ou MSA) dans les 2 mois, de préférence par recommandé. Cela protège vos droits et déclenche la mise en place d'un plan d'apurement.
- 6
Passer au commandement de payer
À l'expiration du délai de la mise en demeure
Si la mise en demeure reste sans effet, mandatez un commissaire de justice pour délivrer un commandement de payer visant la clause résolutoire. Le locataire a alors 6 semaines (baux à partir du 29/07/2023) ou 2 mois (baux antérieurs) pour payer.
- 7
Saisir le juge des contentieux de la protection
Après expiration du commandement de payer
Sans règlement à l'issue du commandement de payer, vous pouvez saisir le juge des contentieux de la protection pour faire constater la résiliation du bail et demander l'expulsion. La résiliation n'est pas automatique. Faites-vous accompagner par un avocat à ce stade.
Qu'est-ce qu'une mise en demeure pour loyer impayé ?
La mise en demeure est un courrier formel par lequel vous, propriétaire bailleur, sommez votre locataire de payer les loyers et charges qu'il vous doit. C'est un cran au-dessus de la simple relance : elle marque officiellement que vous considérez la situation comme un impayé et que vous attendez un règlement dans un délai précis.
Contrairement au commandement de payer, qui est un acte officiel délivré par un commissaire de justice (l'ancien huissier de justice), la mise en demeure est une démarche amiable que vous pouvez rédiger et envoyer vous-même. Elle ne déclenche aucune procédure judiciaire à elle seule : c'est un avertissement écrit, daté et traçable.
Son intérêt est double. D'abord, elle fait souvent réagir un locataire de bonne foi qui a oublié, qui traverse une difficulté passagère ou qui n'avait pas pris la mesure du problème. Ensuite, en cas de procédure ultérieure, elle prouve que vous avez agi de bonne foi et tenté de résoudre le litige à l'amiable avant d'aller plus loin.
Vous n'êtes pas seul
Quand envoyer la mise en demeure ?
Il n'existe aucun délai légal imposé pour envoyer une mise en demeure : la loi ne vous oblige pas à attendre un nombre précis de mois d'impayés. Vous pouvez donc agir dès le premier loyer en retard, dès lors que le retard est réel et non contestable.
En pratique, il est conseillé de commencer par une relance amiable plus douce (un message, un appel, ou une lettre simple) dans les premiers jours du retard. Beaucoup de retards se règlent à ce stade. Si cette première relance reste sans réponse au bout d'une semaine ou deux, passez à la mise en demeure en recommandé.
Agir tôt n'est pas être agressif : c'est éviter que la dette ne gonfle. Plus vous laissez filer, plus le montant à rattraper devient lourd pour votre locataire, et plus une régularisation devient difficile. Une mise en demeure rapide et claire protège les deux parties.
- Jour 1 à 5 du retard : relance amiable (téléphone, e-mail, courrier simple).
- Une à deux semaines sans réponse : envoi de la mise en demeure en LRAR.
- Mise en demeure restée sans effet : passage au commandement de payer par commissaire de justice.
Comment l'envoyer : la LRAR, le bon réflexe
La mise en demeure doit être envoyée par lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR). C'est ce qui lui donne sa valeur : l'accusé de réception prouve la date à laquelle votre locataire a reçu (ou s'est vu présenter) le courrier, point de départ du délai que vous lui accordez.
Conservez précieusement une copie de la lettre, la preuve de dépôt et l'avis de réception. Ces documents constituent votre dossier en cas de procédure ultérieure. Si le locataire ne retire pas le recommandé, gardez quand même tous les justificatifs : l'avis de passage atteste de la présentation du courrier à son adresse, et cela démontre votre démarche.
La lettre recommandée électronique (LRE) peut avoir la même valeur juridique que la LRAR papier, mais à deux conditions : qu'elle soit émise par un prestataire qualifié au sens du règlement eIDAS, et que votre locataire, en tant que particulier, ait donné son accord préalable pour recevoir des recommandés électroniques. Sans ce consentement, sa valeur de preuve est fragile. Pour un bailleur particulier, le recommandé papier classique reste donc le plus simple et le plus sûr.
Ne vous présentez jamais en professionnel du droit
Ce que la mise en demeure doit contenir
La loi ne fixe pas de modèle imposé, mais pour être efficace et crédible, votre mise en demeure doit comporter un certain nombre d'éléments. Une lettre incomplète risque de rester sans effet ou d'affaiblir votre dossier.
Le terme « mise en demeure » doit apparaître clairement, ainsi que l'identité des deux parties, la référence et l'adresse du logement loué, le décompte détaillé des sommes dues (loyers et charges, mois par mois), le délai accordé pour régulariser, et votre signature. Il est utile d'annoncer les conséquences en cas de non-paiement (commandement de payer, voire résiliation du bail si une clause résolutoire figure au contrat).
Le ton doit rester factuel et ferme, jamais menaçant ni injurieux. Vous exposez des faits et un montant, vous rappelez une obligation, vous fixez un délai. C'est tout.
- La mention claire « Mise en demeure » en objet.
- Vos coordonnées et celles du locataire, l'adresse du logement, la référence du bail.
- Le décompte précis des loyers et charges impayés, période par période, et le total dû.
- Le délai accordé pour payer (en général 8 à 15 jours) à compter de la réception.
- Le rappel de l'obligation de payer et les suites possibles en cas de non-règlement.
- La date et votre signature.
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Quel délai accorder au locataire ?
Aucun délai légal n'est imposé pour la mise en demeure amiable : vous le fixez librement. En pratique, un délai de 8 à 15 jours est raisonnable et bien accepté par les tribunaux comme par les locataires. Trop court, il paraît brutal ; trop long, il fait gonfler inutilement la dette.
Attention à ne pas confondre ce délai avec celui du commandement de payer. Le délai que vous accordez dans votre mise en demeure court à compter de la réception effective du courrier par le locataire, et non de la date d'envoi.
Si le délai expire sans paiement ni proposition sérieuse, vous pourrez passer à l'étape suivante. Mais gardez toujours la trace de chaque échange : un locataire qui propose un échelonnement de bonne foi vaut souvent mieux qu'une procédure longue et coûteuse.
Que se passe-t-il après une mise en demeure sans effet ?
Si votre locataire ne paie pas et ne propose aucune solution, l'étape suivante est le commandement de payer, qui doit obligatoirement être délivré par un commissaire de justice (ex-huissier). Cet acte officiel, distinct de votre mise en demeure, vise généralement la clause résolutoire du bail.
Pour les baux signés à partir du 29 juillet 2023, le commandement de payer laisse au locataire un délai de 6 semaines pour régler sa dette ; ce délai a été ramené de 2 mois à 6 semaines par la loi du 27 juillet 2023 (dite Kasbarian-Bergé). Pour les baux antérieurs, l'ancien délai de 2 mois reste applicable, comme l'a confirmé la Cour de cassation. Si la dette n'est pas réglée à l'échéance, le bailleur peut saisir le juge des contentieux de la protection pour faire constater la résiliation du bail et demander l'expulsion. La résiliation n'est pas automatique : le juge apprécie la situation au cas par cas et peut accorder au locataire des délais de paiement.
Attention enfin à la trêve hivernale, du 1er novembre au 31 mars inclus : aucune expulsion ne peut être exécutée durant cette période, sauf exceptions. Cela ne vous empêche pas d'engager les démarches en amont, ni le juge de prononcer une décision, mais l'expulsion effective sera, elle, suspendue jusqu'à la fin de la trêve.
Délais clés à retenir
Le cas particulier du locataire qui perçoit l'APL
Si votre locataire bénéficie d'une aide au logement (APL, ALF ou ALS), vous avez une obligation supplémentaire : signaler l'impayé à la CAF (ou à la MSA pour le régime agricole). L'impayé est constitué dès que la dette atteint l'équivalent de 2 mois de loyer net et charges, le loyer net correspondant au loyer du bail diminué du montant de l'aide au logement.
Une fois cet impayé constitué, vous disposez de 2 mois pour le signaler, de préférence par courrier recommandé avec accusé de réception. Ce signalement doit mentionner l'identité et l'adresse du locataire, ainsi que le montant et la période de la dette. À défaut de signalement, vous vous exposez à une amende pouvant atteindre 8 010 euros.
Contrairement à une idée répandue, signaler à la CAF ne fait pas automatiquement suspendre l'aide. Dans la plupart des cas, l'APL continue d'être versée et la CAF demande au contraire la mise en place d'un plan d'apurement de la dette avec votre locataire ; l'aide n'est suspendue qu'en cas de non-respect de ce plan.
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Questions fréquentes
La mise en demeure est-elle obligatoire avant d'engager une procédure ?+
Non, la mise en demeure amiable n'est pas une obligation légale en tant que telle. Mais elle est vivement recommandée : elle constitue une preuve écrite de votre démarche, débloque souvent la situation à l'amiable et renforce votre dossier si vous devez aller plus loin. L'étape officielle réellement requise avant le tribunal est le commandement de payer délivré par un commissaire de justice.
Quel délai dois-je accorder dans ma mise en demeure ?+
Aucun délai n'est imposé par la loi pour la mise en demeure amiable : vous le fixez librement. En pratique, un délai de 8 à 15 jours à compter de la réception du courrier est raisonnable et bien accepté. Ne le confondez pas avec le délai du commandement de payer, qui est lui de 6 semaines (baux signés à partir du 29 juillet 2023) ou 2 mois (baux antérieurs).
Puis-je envoyer la mise en demeure par e-mail ou faut-il un recommandé ?+
Pour avoir une vraie valeur de preuve, la mise en demeure doit être envoyée en lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR). La lettre recommandée électronique (LRE) peut avoir la même valeur juridique, mais seulement si elle est émise par un prestataire qualifié eIDAS et si le locataire particulier a consenti à l'avance à ce mode d'envoi. Un simple e-mail ne prouve pas la réception et reste fragile en cas de litige : réservez-le à la première relance amiable.
Que faire si le locataire ne retire pas le recommandé ?+
Conservez tous les justificatifs : preuve de dépôt et avis de passage attestant la présentation du courrier. Le fait que le locataire n'ait pas retiré le recommandé ne bloque pas la suite de vos démarches : cela démontre au contraire votre bonne foi et votre volonté de l'informer. Vous pourrez ensuite passer au commandement de payer par commissaire de justice, qui sera, lui, remis selon une procédure plus formelle.
Quelle différence entre mise en demeure et commandement de payer ?+
La mise en demeure est une démarche amiable que vous rédigez et envoyez vous-même par recommandé. Le commandement de payer est un acte officiel, plus solennel, délivré par un commissaire de justice (ex-huissier) ; il vise généralement la clause résolutoire du bail et ouvre un délai de 6 semaines ou 2 mois selon la date du bail. Le commandement de payer est l'étape qui précède la saisine du juge des contentieux de la protection.
Dois-je prévenir la CAF si mon locataire touche l'APL ?+
Oui. Si votre locataire perçoit l'APL, l'ALF ou l'ALS, vous devez signaler l'impayé à la CAF (ou à la MSA) dès que la dette atteint 2 mois de loyer net et charges, et ce dans un délai de 2 mois, de préférence par recommandé. Ne pas le faire vous expose à une amende pouvant atteindre 8 010 euros. Bon à savoir : ce signalement ne suspend pas automatiquement l'aide ; il déclenche la mise en place d'un plan d'apurement.
Une seule échéance impayée suffit-elle pour envoyer une mise en demeure ?+
Oui. Dès lors que le retard est réel et non contestable, un seul loyer impayé peut justifier l'envoi d'une mise en demeure. Aucun seuil de plusieurs mois n'est exigé pour cette démarche amiable. Attention toutefois à ne pas confondre avec le seuil de 2 mois de loyer net qui, lui, déclenche l'obligation de signalement à la CAF. Agir tôt évite que la dette ne s'accumule.
Mon locataire propose un échelonnement : dois-je accepter ?+
Rien ne vous y oblige, mais c'est souvent dans votre intérêt. Un plan d'apurement de bonne foi vous permet de récupérer votre argent sans procédure longue ni coûteuse, et la CAF peut vous accompagner dans sa mise en place lorsque le locataire perçoit une aide au logement. Formalisez toujours l'accord par écrit, avec un échéancier précis et daté, pour pouvoir le faire valoir s'il n'est pas respecté.
La mise en demeure remplace-t-elle l'avis d'un avocat ?+
Non. Vous pouvez parfaitement rédiger et envoyer une mise en demeure vous-même, mais elle ne remplace ni le conseil d'un avocat ni l'intervention d'un commissaire de justice. Ce guide vous donne des repères généraux à jour pour 2026 ; il ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. En cas de situation complexe, faites-vous accompagner par un professionnel.
Sources officielles
- Service-public.fr — Que faire en cas de loyers impayés du locataire ? (F31272)
- Service-public.fr — L'aide personnelle au logement (APL, ALF ou ALS) est-elle maintenue en cas de loyers impayés ? (F32037)
- Service-public.fr — Expulsions locatives : trêve hivernale 2025-2026 (A14632)
- Loi n°2023-668 du 27 juillet 2023 (dite Kasbarian-Bergé) — Légifrance
- ANIL — Agence nationale pour l'information sur le logement
Étape suivante
Le commandement de payer : à quoi ça sert, quel délai, quel coût ?
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Information générale, pas un conseil juridique personnalisé. Ce contenu s'appuie sur des sources officielles à jour, mais chaque situation est particulière. Pour un litige complexe ou des montants élevés, faites-vous accompagner par un avocat ou un commissaire de justice.