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Expulsion d'un locataire : procédure, étapes et délais en 2026

Mis à jour le 28 septembre 2026 · Rédigé par La rédaction de Serenibail · 9 min de lecture · Sources officielles citées

Seul un juge peut autoriser l'expulsion d'un locataire : toute expulsion par soi-même (changement de serrure, coupure d'eau) est un délit. Après le jugement, le commissaire de justice délivre un commandement de quitter les lieux ouvrant un délai de 2 mois, puis sollicite la force publique. Aucune expulsion n'est possible pendant la trêve hivernale (1er novembre au 31 mars).

L'expulsion d'un locataire est l'aboutissement d'une procédure judiciaire encadrée, qui ne s'improvise jamais. Aucun propriétaire ne peut expulser lui-même son locataire : il faut un jugement, puis l'intervention d'un commissaire de justice (ex-huissier) et, le plus souvent, le concours de la force publique accordé par le préfet. Voici, étape par étape, la procédure à jour 2026, avec les délais exacts, le rôle de la trêve hivernale et une estimation des coûts. Ce guide informatif ne remplace pas l'avis d'un avocat ou d'un commissaire de justice.

L'essentiel

  • →Seul un juge peut autoriser l'expulsion : toute expulsion « par soi-même » (changement de serrure, coupure d'eau) est un délit.
  • →Après le jugement, le commissaire de justice délivre un commandement de quitter les lieux ouvrant un délai de 2 mois au locataire.
  • →Passé ce délai, le bailleur demande le concours de la force publique au préfet, qui dispose de 2 mois pour répondre (le silence vaut refus).
  • →Aucune expulsion physique n'est possible pendant la trêve hivernale, du 1er novembre au 31 mars inclus.
  • →Comptez en général 12 à 24 mois entre le premier impayé et l'expulsion effective, et un coût souvent compris entre 2 000 et 7 000 €.

Simulateur : les étapes et les délais d'une expulsion

Vos hypothèses pour les durées que la loi ne fixe pas

Les valeurs proposées sont des points de départ arbitraires, pas des moyennes : remplacez-les par les délais constatés dans votre tribunal (le greffe ou votre commissaire de justice peuvent vous renseigner).

Aucune date calculée

Vérifiez d'abord dans votre bail qu'il contient une clause résolutoire (souvent intitulée « clause résolutoire ») : sans elle, le commandement ne fait pas jouer la résiliation. Aucun délai n'est calculé tant que ce point n'est pas confirmé.

Les étapes et leurs délais légaux restent détaillés ci-dessous.

  1. 1

    Commandement de payer signifié par un commissaire de justice

    date indiquée

    Vérifiez d'abord dans votre bail qu'il contient une clause résolutoire (souvent intitulée « clause résolutoire ») : sans elle, le commandement ne fait pas jouer la résiliation. Aucun délai n'est calculé tant que ce point n'est pas confirmé.

  2. 2

    Expiration du délai du commandement de payer

    délai légal

    Dernier jour pour régulariser, prorogé au premier jour ouvrable (art. 641 et 642 du code de procédure civile). Faute de paiement, la clause résolutoire peut jouer ; c'est le juge qui le constate.

  3. 3

    Signalement du commandement à la CCAPEX par le commissaire de justice

    à savoir

    Pour un bailleur personne physique ou une SCI familiale, le commissaire de justice signale le commandement à la CCAPEX dès que l'un des deux seuils est atteint : dette égale à 2 fois le loyer mensuel hors charges, ou impayé de loyer ou de charges sans interruption depuis 2 mois. Vous n'avez pas à le faire vous-même.

  4. 4

    Assignation devant le juge des contentieux de la protection

    au plus tôt

    Pas avant le lendemain de l'expiration du commandement. Le commissaire de justice notifie l'assignation au préfet au moins 6 semaines avant l'audience (on suppose ici qu'il le fait le jour de l'assignation). Dette jusqu'à 5 000 € : une tentative amiable préalable peut être exigée ; les juridictions sont partagées pour la résiliation du bail.

  5. 5

    Audience — hypothèse : 12 semaines après l'assignation

    hypothèse

    La date est fixée par le tribunal. Minimum légal : 6 semaines après la notification au préfet. Le délai retenu est une hypothèse de calcul que vous pouvez modifier, pas une moyenne ; les samedis, dimanches et jours fériés sont écartés.

  6. 6

    Décision — hypothèse : délibéré de 4 semaines

    hypothèse

    Issues possibles : le juge peut accorder au locataire des délais de paiement jusqu'à 3 ans s'il peut régler sa dette et a repris le paiement intégral du loyer courant avant l'audience, et suspendre la clause résolutoire si c'est demandé : tant que les délais sont respectés, il n'y a pas d'expulsion (la suspension prend fin au premier impayé). Il peut aussi rejeter la demande. La suite suppose une décision qui ordonne l'expulsion.

  7. 7

    Signification du jugement et commandement de quitter les lieux — hypothèse : 4 semaines après la décision

    hypothèse

    Actes du commissaire de justice. La date d'expiration de ce commandement figure plus bas.

  8. 8

    Information du préfet par le commissaire de justice, dès le commandement de quitter les lieux

    délai légal

    Formalité distincte de la notification de l'assignation : dès la signification du commandement de quitter les lieux, le commissaire de justice chargé de l'exécution en saisit le préfet (art. L.412-5 du code des procédures civiles d'exécution). À défaut, le délai avant l'expiration duquel l'expulsion ne peut avoir lieu est suspendu. Vérifiez auprès du commissaire qu'elle a été faite.

  9. 9

    Expiration du délai pour quitter les lieux

    délai légal

    Délai de 2 mois après le commandement de quitter les lieux (code des procédures civiles d'exécution, art. L.412-1), à condition que le préfet ait été informé. Le juge peut le réduire ou le supprimer dans certains cas, ou accorder des délais supplémentaires. Retenu ici : 2 mois.

  10. 10

    Demande de concours de la force publique au préfet

    au plus tôt

    Le préfet peut accorder ou refuser son concours. Sans réponse dans les 2 mois, son silence vaut refus. Un recours, notamment pour être indemnisé par l'État, est alors possible : renseignez-vous auprès de l'ADIL.

  11. 11

    Exécution de l'expulsion : aucune date ne peut être calculée

    à savoir

    L'exécution dépend de l'accord du préfet, des délais que le juge peut accorder et de l'agenda du commissaire de justice. La trêve hivernale (1er novembre – 31 mars) suspend l'exécution, pas la procédure. Elle ne s'applique pas dans ces cas : relogement assuré dans des conditions suffisantes ; personnes entrées dans les lieux par manœuvres, menaces, voies de fait ou contrainte ; logement spécialement destiné aux étudiants lorsque l'occupant ne remplit plus les conditions d'attribution (un étudiant locataire d'un logement ordinaire reste protégé) ; immeuble frappé d'un arrêté de péril. Outre-mer : renseignez-vous sur les règles locales.

Repères généraux à vérifier, métropole. Seuls les délais marqués « délai légal » sont fixés par les textes ; les autres dates découlent de vos hypothèses. Règles vérifiées le 20 octobre 2026. Ne constitue pas un conseil juridique : l'ADIL de votre département répond gratuitement.

Recevoir la fiche des délais par e-mail (facultatif)

Vous recevrez un seul e-mail : la fiche « Vos délais à ne pas rater face à un loyer impayé » (repères généraux sur la mise en demeure, le signalement à la CAF ou à la MSA, le commandement de payer et la trêve hivernale) et des liens vers nos outils gratuits. Il ne contient pas les informations saisies dans l'outil. Aucune lettre d'information, aucune offre commerciale.

Responsable : l'éditeur de serenibail.fr, particulier non professionnel. Finalité : vous envoyer cette fiche, à votre demande ; base légale : votre consentement (sont aussi enregistrées la page d'origine, la date et l'adresse IP, contre les abus). Envoi par Resend (certifié Data Privacy Framework) ; l'éditeur est prévenu par Telegram sans aucune donnée personnelle. Conservation : 3 ans après le dernier contact. Droits d'accès, de rectification, d'effacement, d'opposition et retrait du consentement : contact@serenibail.fr. Politique de confidentialité.

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Les étapes, dans l'ordre

  1. 1

    Commandement de payer

    6 semaines (baux après le 29/07/2023) ou 2 mois (baux antérieurs)

    Le commissaire de justice délivre un commandement de payer visant la clause résolutoire. Le locataire dispose d'un délai pour régler sa dette : s'il paie, la procédure s'arrête.

  2. 2

    Tentative amiable préalable puis assignation

    Audience au moins 6 semaines après l'assignation ; notification au préfet au moins 6 semaines avant l'audience

    Pour une dette ≤ 5 000 €, une tentative de conciliation ou de médiation est obligatoire avant d'assigner. Le bailleur assigne ensuite le locataire devant le juge des contentieux de la protection ; l'assignation est aussi notifiée au préfet pour saisine de la CCAPEX.

  3. 3

    Jugement d'expulsion

    Variable selon l'encombrement du tribunal (souvent plusieurs mois)

    Le juge constate la résiliation du bail et ordonne l'expulsion. Il peut accorder des délais de paiement au locataire de bonne foi, qui suspendent les effets de la clause résolutoire.

  4. 4

    Commandement de quitter les lieux

    2 mois (article L412-1 CPCE), réductible ou prorogeable par le juge

    Après signification du jugement, le commissaire de justice délivre un commandement de quitter les lieux. Le locataire dispose d'un dernier délai pour partir volontairement.

  5. 5

    Demande de concours de la force publique

    Le préfet a 2 mois pour répondre (le silence vaut refus)

    Si le locataire reste, le commissaire de justice dresse un procès-verbal de tentative d'expulsion et le bailleur demande le concours de la force publique au préfet.

  6. 6

    Expulsion effective ou indemnisation

    Pas d'expulsion entre le 1er novembre et le 31 mars ; recours indemnitaire en principe dans les 2 mois

    Avec l'accord du préfet, l'expulsion physique a lieu, hors trêve hivernale. En cas de refus ou de silence, le bailleur peut demander une indemnisation à l'État devant le tribunal administratif.

Le principe : l'expulsion passe toujours par un juge

En France, un propriétaire ne peut jamais expulser lui-même son locataire, même en cas de loyers impayés ou de fin de bail. L'expulsion suppose deux conditions cumulatives : une décision de justice (un titre exécutoire) constatant la résiliation du bail et ordonnant l'expulsion, puis l'intervention d'un commissaire de justice chargé de l'exécution.

Toute tentative d'expulsion « sauvage » — changer la serrure, retirer la porte, couper l'eau, l'électricité ou le chauffage, retirer les affaires du locataire — est interdite et constitue un délit. Le bailleur s'expose à 3 ans de prison et 30 000 € d'amende (article 226-4-2 du Code pénal). La voie judiciaire est donc la seule possible, même si elle est plus longue.

Le motif le plus fréquent d'expulsion est l'impayé de loyer, mais la procédure peut aussi reposer sur un congé délivré (pour vente ou reprise) auquel le locataire ne donne pas suite, ou sur un manquement grave (troubles, défaut d'assurance, sous-location illégale).

L'expulsion par soi-même est un délit

Changer la serrure ou sortir les meubles d'un locataire sans décision de justice est puni de 3 ans de prison et 30 000 € d'amende (article 226-4-2 du Code pénal). Le bailleur doit impérativement suivre la procédure judiciaire.

Étape 1 : la résiliation du bail (commandement de payer et clause résolutoire)

En cas de loyers impayés, presque tous les baux contiennent une clause résolutoire qui prévoit la résiliation automatique du bail si le locataire ne paie pas. Pour l'activer, le propriétaire fait délivrer par un commissaire de justice un commandement de payer visant cette clause.

Le délai laissé au locataire pour régler sa dette dépend de la date du bail. Pour les baux signés à compter du 29 juillet 2023, ce délai est de 6 semaines (réforme issue de la loi Kasbarian-Bergé du 27 juillet 2023). Pour les baux conclus avant cette date, le délai reste de 2 mois : la Cour de cassation, dans un avis du 13 juin 2024 (n° 24-70.002), a confirmé que le délai raccourci ne s'applique pas aux baux antérieurs, qui restent régis par la loi en vigueur lors de leur conclusion.

Si le locataire paie l'intégralité de la dette dans ce délai, la procédure s'arrête. S'il ne paie pas — ou seulement partiellement — la clause résolutoire est acquise et le bailleur peut envisager de saisir le juge.

Étape 2 : la tentative amiable préalable, l'assignation et le jugement

Avant de saisir le juge, une étape préalable peut s'imposer : lorsque la dette locative est inférieure ou égale à 5 000 €, une tentative de conciliation, de médiation ou de procédure participative est en principe obligatoire avant l'assignation, sous peine d'irrecevabilité. Au-delà de 5 000 €, le bailleur peut assigner directement.

Le propriétaire assigne ensuite le locataire devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire du lieu du logement. L'assignation est délivrée par commissaire de justice.

Deux délais d'information sont à respecter : l'audience doit avoir lieu au moins 6 semaines après la remise de l'assignation au locataire, et l'assignation doit être notifiée au représentant de l'État (préfet) au moins 6 semaines avant l'audience. Cette notification permet la saisine de la CCAPEX (commission de coordination des actions de prévention des expulsions) pour tenter d'éviter l'expulsion.

À l'audience, le juge vérifie la dette, constate (ou prononce) la résiliation du bail et ordonne l'expulsion. Il peut aussi accorder au locataire de bonne foi des délais de paiement échelonnés, pendant lesquels les effets de la clause résolutoire sont suspendus : si le locataire respecte l'échéancier, le bail est maintenu.

Tentez la solution amiable et la garantie avant le tribunal

Avant d'engager la procédure, activez les dispositifs disponibles : caution, assurance loyers impayés (GLI), garantie Visale d'Action Logement, ou aide de la CAF. Un plan d'apurement peut éviter des mois de procédure. Pour une dette ≤ 5 000 €, une tentative de conciliation préalable est de toute façon obligatoire.

Étape 3 : le commandement de quitter les lieux

Une fois le jugement obtenu et signifié au locataire, et après expiration des éventuels délais d'appel, le commissaire de justice délivre un commandement de quitter les lieux. Cet acte ouvre un nouveau délai de 2 mois pendant lequel le locataire peut encore partir volontairement (article L412-1 du Code des procédures civiles d'exécution).

Le juge peut, dans certains cas, réduire voire supprimer ce délai de 2 mois (mauvaise foi, squat, entrée dans les lieux par voie de fait). À l'inverse, le locataire peut saisir le juge de l'exécution pour demander des délais supplémentaires.

Depuis la loi Kasbarian-Bergé, ces délais de grâce accordés par le juge de l'exécution sont compris entre 1 mois et 1 an (article L412-4 du Code des procédures civiles d'exécution) — contre 3 mois à 3 ans auparavant. Le juge tient compte de la situation du locataire mais aussi de celle du bailleur et de ses propres besoins.

Délai incompressible de 2 mois

Le commandement de quitter les lieux ouvre un délai de 2 mois avant toute expulsion forcée. À cela peuvent s'ajouter les délais de grâce du juge (1 mois à 1 an) et la trêve hivernale.

Étape 4 : le concours de la force publique

Si le locataire n'est toujours pas parti à l'expiration du délai de 2 mois, le commissaire de justice se présente sur place. Faute de départ volontaire, il dresse un procès-verbal de tentative d'expulsion et le bailleur demande au préfet le concours de la force publique (police ou gendarmerie).

Le préfet dispose de 2 mois pour répondre. L'absence de réponse dans ce délai vaut refus. En pratique, l'obtention du concours peut être plus longue selon les départements et la disponibilité des forces de l'ordre.

En cas de refus ou de silence du préfet, le propriétaire ne peut pas expulser de force, mais il peut demander à l'État une indemnisation couvrant notamment la perte de loyers, les frais de commissaire de justice et le trouble subi. La contestation du refus se fait devant le tribunal administratif, en principe dans un délai de 2 mois.

La trêve hivernale : pas d'expulsion du 1er novembre au 31 mars

Chaque année, aucune expulsion physique avec le concours de la force publique ne peut avoir lieu pendant la trêve hivernale, qui court du 1er novembre au 31 mars inclus. Une expulsion programmée à l'automne est donc reportée à la fin de la trêve si le locataire est toujours dans les lieux.

La procédure judiciaire, elle, peut continuer pendant la trêve : on peut obtenir un jugement, délivrer un commandement de quitter les lieux et faire courir les délais. Seule l'exécution forcée est suspendue.

Quelques exceptions existent : la trêve ne s'applique pas, notamment, aux squatteurs (personnes entrées par voie de fait), lorsqu'un relogement adapté est assuré au locataire et à sa famille, ou en cas d'arrêté de péril (immeuble dangereux).

Squat : un régime distinct

L'occupation illicite d'un logement (squat) relève d'une procédure accélérée spécifique, distincte de l'impayé de loyer, et n'est pas protégée par la trêve hivernale. Si votre situation concerne un squat, reportez-vous au guide dédié.

Combien de temps et combien ça coûte en 2026

Entre le premier impayé et l'expulsion effective, comptez le plus souvent 12 à 24 mois. Le cumul du commandement de payer (6 semaines), des délais d'audience, du commandement de quitter les lieux (2 mois), d'éventuels délais de grâce et de la trêve hivernale allonge mécaniquement la procédure.

Côté coût, le propriétaire avance les frais. Les émoluments du commissaire de justice (commandement de payer, assignation, signification du jugement, commandement de quitter les lieux) sont réglementés et représentent généralement quelques centaines d'euros. S'y ajoutent les honoraires d'avocat (souvent 800 à 3 500 € selon le forfait), et, le cas échéant, les frais de serrurier et de garde-meuble. Au total, la procédure revient fréquemment entre 2 000 et 7 000 €.

Ces frais sont en principe mis à la charge du locataire par le jugement, mais leur recouvrement effectif dépend de la solvabilité de la personne. C'est pourquoi les garanties souscrites en amont (GLI, Visale, caution solidaire) sont déterminantes.

Sanction renforcée depuis la loi Kasbarian-Bergé

Un locataire qui se maintient dans le logement après une décision d'expulsion définitive, malgré un commandement de quitter les lieux régulier, encourt 7 500 € d'amende. Cette sanction ne s'applique pas pendant la trêve hivernale, ni lorsqu'une demande de délais (délai de grâce) est en cours, ni aux locataires de logements sociaux.

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Questions fréquentes

Peut-on expulser un locataire sans passer par un juge ?+

Non. Aucune expulsion n'est possible sans décision de justice et sans l'intervention d'un commissaire de justice. Changer la serrure, sortir les meubles ou couper les fluides est un délit puni de 3 ans de prison et 30 000 € d'amende (article 226-4-2 du Code pénal).

Quel est le délai du commandement de quitter les lieux ?+

Le commandement de quitter les lieux ouvre un délai de 2 mois avant toute expulsion forcée (article L412-1 du Code des procédures civiles d'exécution). Le juge peut réduire ce délai en cas de mauvaise foi, ou l'allonger via des délais de grâce compris, depuis la loi Kasbarian-Bergé, entre 1 mois et 1 an.

Combien de temps dure une procédure d'expulsion en 2026 ?+

En général, comptez 12 à 24 mois entre le premier loyer impayé et l'expulsion effective. La durée dépend de la rapidité de réaction du bailleur, de l'encombrement du tribunal, des délais de grâce accordés et de la trêve hivernale, qui peut reporter une expulsion de plusieurs mois.

Qu'est-ce que la trêve hivernale et quand s'applique-t-elle ?+

La trêve hivernale interdit toute expulsion physique avec le concours de la force publique du 1er novembre au 31 mars inclus. La procédure judiciaire continue pendant cette période, mais l'exécution forcée est suspendue. Des exceptions existent, notamment pour les squatteurs, en cas de relogement assuré ou d'arrêté de péril.

Que se passe-t-il si le préfet refuse le concours de la force publique ?+

Le préfet dispose de 2 mois pour répondre à la demande, et son silence vaut refus. En cas de refus ou de silence, le bailleur ne peut pas expulser de force, mais il peut demander une indemnisation à l'État (perte de loyers, frais, trouble subi) devant le tribunal administratif.

Combien coûte une procédure d'expulsion pour le propriétaire ?+

Le coût est le plus souvent compris entre 2 000 et 7 000 €, incluant les émoluments réglementés du commissaire de justice, les honoraires d'avocat (souvent 800 à 3 500 €) et, le cas échéant, les frais de serrurier et de garde-meuble. Ces frais sont en principe mis à la charge du locataire, mais leur recouvrement dépend de sa solvabilité.

Le délai du commandement de payer est-il de 6 semaines ou de 2 mois ?+

Tout dépend de la date du bail. Pour les baux signés à compter du 29 juillet 2023, le délai est de 6 semaines (loi Kasbarian-Bergé du 27 juillet 2023). Pour les baux antérieurs, il reste de 2 mois : la Cour de cassation l'a confirmé dans un avis du 13 juin 2024 (n° 24-70.002).

Le locataire peut-il obtenir des délais pour rester dans le logement ?+

Oui. Le locataire de bonne foi peut demander au juge des délais de paiement à l'audience, ou des délais pour quitter les lieux auprès du juge de l'exécution. Ces délais de grâce sont désormais compris entre 1 mois et 1 an (article L412-4 du Code des procédures civiles d'exécution), au lieu de 3 mois à 3 ans avant la loi Kasbarian-Bergé.

L'expulsion s'applique-t-elle aussi aux squatteurs ?+

Le squat (occupation par voie de fait, sans bail) relève d'une procédure spécifique et accélérée, distincte de l'impayé de loyer, et n'est pas protégé par la trêve hivernale. Une procédure administrative devant le préfet est même possible dans certains cas. Reportez-vous au guide dédié au squat.

Questions fréquentes connexes

Pour aller plus loin

Sources officielles

Comment nous vérifions nos informations

Chaque guide est rédigé puis recoupé à partir de sources publiques officielles: nous citons les textes applicables et indiquons la date de mise à jour pour que vous puissiez vérifier l'information à la source.

  • Sources officielles privilégiées : Service-Public.fr, Légifrance (textes de loi et jurisprudence) et l'ANIL (Agence nationale pour l'information sur le logement). Les références précises utilisées pour cette page sont listées dans la section « Sources officielles ».
  • Mise à jour datée : cette page a été vérifiée le 28 septembre 2026. La réglementation et les montants évoluent ; en cas de doute, confrontez toujours l'information à la source officielle citée.
  • Information générale, pas un conseil juridique individualisé : ce contenu a une vocation pédagogique. Il ne remplace pas l'analyse de votre situation par un professionnel du droit (avocat, commissaire de justice) ou par l'ADIL de votre département, qui informe gratuitement.

Rédigé par La rédaction de Serenibail — Propriétaires bailleurs & rédacteurs spécialisés.

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Information générale, pas un conseil juridique personnalisé. Ce contenu s'appuie sur des sources officielles à jour, mais chaque situation est particulière. Pour un litige complexe ou des montants élevés, faites-vous accompagner par un avocat ou un commissaire de justice.