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Faire jouer la caution : comment réclamer l'impayé au garant

Mis à jour le 5 juin 2026 · Rédigé par La rédaction de Serenibail · 9 min de lecture · Sources officielles citées

Votre locataire ne paie plus et vous avez fait signer un garant à la signature du bail : c'est exactement le moment où la caution sert. Encore faut-il savoir ce que vous pouvez réclamer, à quel moment, et comment vous y prendre sans commettre d'erreur qui rendrait l'acte de cautionnement inutilisable. Cette fiche vous explique pas à pas comment faire jouer la caution, la différence cruciale entre caution simple et caution solidaire, et comment mettre le garant en demeure de payer. Respirez : si l'acte a été correctement rédigé, vous avez un vrai levier. Cette fiche est une information générale et ne remplace pas l'avis d'un avocat ou d'un commissaire de justice.

L'essentiel

  • Caution solidaire : vous pouvez réclamer au garant dès le 1er impayé, sans passer d'abord par le locataire. Caution simple : vous devez d'abord poursuivre le locataire.
  • Vous pouvez réclamer au garant tout ce que doit le locataire, dans la limite du plafond inscrit dans l'acte : loyers, charges, intérêts de retard et parfois frais de remise en état.
  • Première démarche : une mise en demeure du garant par lettre recommandée avec accusé de réception.
  • Si un commandement de payer est délivré au locataire par commissaire de justice, il doit être signifié au garant dans les 15 jours (article 24 de la loi de 1989) ; à défaut, le garant ne doit ni les pénalités ni les intérêts de retard.
  • Vous avez 3 ans pour réclamer chaque loyer impayé. Cette fiche ne remplace pas un avocat ou un commissaire de justice.
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Les étapes, dans l'ordre

  1. 1

    Vérifiez la validité de l'acte et le type de caution

    Avant toute démarche

    Relisez l'acte de cautionnement : mention du montant garanti en toutes lettres et en chiffres, montant du loyer, remise du bail. Repérez s'il s'agit d'une caution simple ou solidaire. Vérifiez que vous n'avez pas de GLI qui rendrait la caution nulle.

  2. 2

    Relancez le locataire (et tentez l'amiable)

    Dès le 1er ou 2e mois d'impayé

    Avant d'actionner le garant, une relance écrite du locataire est utile, et nécessaire en pratique pour une caution simple. Beaucoup d'impayés se règlent à ce stade ou par un plan d'apurement. Informez le locataire que vous allez solliciter son garant.

  3. 3

    Envoyez la mise en demeure au garant en recommandé

    Délai de paiement de 8 à 15 jours

    Adressez au garant une lettre recommandée avec accusé de réception le mettant en demeure de payer la dette du locataire, en rappelant le montant exact, le fondement (l'acte de cautionnement) et un délai de paiement (souvent 8 à 15 jours). Joignez un décompte clair. Pour une caution solidaire, c'est possible dès le premier impayé.

  4. 4

    Faites délivrer un commandement de payer si besoin

    Signification au garant dans les 15 jours

    Si l'impayé persiste et que le bail comporte une clause résolutoire, faites délivrer un commandement de payer au locataire par un commissaire de justice. Veillez à ce qu'il soit signifié au garant dans les 15 jours suivant sa signification au locataire : sans cette signification, le garant ne devra ni les pénalités ni les intérêts de retard.

  5. 5

    Laissez courir le délai de la clause résolutoire

    6 semaines (ou 2 mois pour certains baux antérieurs)

    La clause résolutoire ne produit effet que six semaines après un commandement de payer resté infructueux (article 24, version issue de la loi du 27 juillet 2023, pour les baux conclus ou renouvelés depuis le 29 juillet 2023 ; les baux antérieurs en cours peuvent rester soumis au délai de 2 mois). Pendant ce délai, le locataire peut payer ou saisir le juge d'une demande de délais.

  6. 6

    Saisissez le juge des contentieux de la protection

    Après échec de la mise en demeure et du commandement

    En l'absence de paiement, vous pouvez saisir le juge des contentieux de la protection pour obtenir la condamnation du garant (et du locataire) à payer la dette, voire la résiliation du bail. Le commissaire de justice peut ensuite procéder au recouvrement forcé.

  7. 7

    Recouvrez la somme due

    Prescription : 3 ans par échéance

    Une fois le titre obtenu, le commissaire de justice peut saisir les biens et revenus du garant pour recouvrer la dette, dans la limite du montant garanti. Conservez tous les justificatifs pour le décompte final.

Avant tout : vérifiez que votre acte de cautionnement est valable

Faire jouer la caution suppose d'avoir un acte de cautionnement valide. C'est le point que les bailleurs oublient le plus souvent, et un acte mal rédigé peut être annulé par le juge, vous laissant sans recours contre le garant. Sortez le document signé à l'entrée dans les lieux et vérifiez-le calmement.

Depuis la réforme du droit des sûretés (ordonnance n°2021-1192 du 15 septembre 2021, en vigueur au 1er janvier 2022), la caution personne physique n'a plus à recopier une longue mention manuscrite type. Mais l'acte doit toujours, à peine de nullité, comporter une mention apposée par la caution elle-même indiquant qu'elle s'engage à payer ce que doit le locataire en cas de défaillance, dans la limite d'un montant en principal et accessoires exprimé en toutes lettres et en chiffres (article 2297 du Code civil). En cas de différence entre les deux écritures, le cautionnement vaut pour la somme écrite en toutes lettres. L'acte doit aussi reprendre le montant du loyer et ses conditions de révision tels qu'ils figurent au bail, ainsi que l'alinéa de l'article 22-1 de la loi du 6 juillet 1989 sur la possibilité de résiliation. Enfin, un exemplaire du contrat de location doit avoir été remis à la caution.

Un point important : si vous avez souscrit une assurance loyers impayés (GLI) ou toute autre garantie couvrant les obligations du locataire, vous ne pouvez en principe pas cumuler avec un cautionnement par une personne physique, et la caution est alors nulle. L'exception concerne le logement loué à un étudiant ou à un apprenti, où le cumul reste possible.

  • Acte écrit et signé par la caution
  • Mention du montant garanti en toutes lettres et en chiffres (article 2297 du Code civil)
  • Montant du loyer et conditions de révision repris dans l'acte
  • Reproduction de l'alinéa de l'article 22-1 de la loi de 1989 sur la résiliation
  • Remise d'un exemplaire du bail à la caution

GLI et caution : pas de cumul

Si vous avez une assurance loyers impayés, le cautionnement par un proche est en principe nul, sauf locataire étudiant ou apprenti. Vérifiez ce point avant de réclamer au garant : actionnez plutôt votre assurance.

Caution simple ou caution solidaire : la distinction qui change tout

Tout dépend de ce qui est écrit dans l'acte. La nature de l'engagement détermine à quel moment et comment vous pouvez vous tourner vers le garant.

La caution solidaire est la plus protectrice pour le bailleur, et de loin la plus fréquente. Elle vous permet de réclamer le paiement directement au garant dès le premier impayé, sans avoir à poursuivre d'abord le locataire ni à prouver qu'il est insolvable. Vous choisissez librement qui vous poursuivez : le locataire, le garant, ou les deux.

La caution simple est plus protectrice pour le garant. Avec elle, vous devez d'abord demander le paiement au locataire avant de vous retourner vers la caution, qui peut vous opposer le bénéfice de discussion. Concrètement, cela signifie souvent engager d'abord la procédure contre le locataire avant de pouvoir actionner le garant.

Pour savoir laquelle s'applique, lisez l'acte : la solidarité doit être expressément prévue. En l'absence de clause de solidarité claire, c'est le régime de la caution simple qui joue.

  • Caution solidaire : réclamation directe au garant dès le 1er impayé
  • Caution simple : il faut d'abord poursuivre le locataire défaillant
  • La solidarité doit être expressément écrite dans l'acte
  • En cas de doute sur la lecture de l'acte, faites-le vérifier

Ne savez pas laquelle vous avez ?

Cherchez dans l'acte les mots caution solidaire ou solidairement. Si la solidarité n'est pas mentionnée, considérez qu'il s'agit d'une caution simple et poursuivez d'abord le locataire.

Ce que vous pouvez réclamer au garant

Le garant s'engage à payer ce que doit le locataire au titre du bail, mais uniquement dans la limite du plafond inscrit dans l'acte de cautionnement. Vous ne pouvez pas réclamer au-delà de ce montant garanti.

Dans cette limite, les dettes réclamables comprennent généralement les loyers et charges impayés, les intérêts de retard, et selon la rédaction de l'acte, les indemnités d'occupation après résiliation du bail et les frais de remise en état du logement en cas de dégradations imputables au locataire. Attention : les dégradations imputables ne couvrent pas la vétusté ni l'usure normale du logement, qui restent à votre charge.

Un point technique mais essentiel : lorsqu'un commandement de payer est délivré au locataire par un commissaire de justice, il doit être signifié au garant dans un délai de quinze jours à compter de sa signification au locataire (article 24 de la loi du 6 juillet 1989). À défaut, le garant ne peut être tenu au paiement des pénalités ni des intérêts de retard. Il reste redevable du principal de la dette, mais pas de ces accessoires liés au retard.

  • Loyers et charges impayés, dans la limite du plafond de l'acte
  • Intérêts et pénalités de retard (sous réserve que le commandement ait été signifié au garant dans les 15 jours)
  • Indemnités d'occupation après résiliation, si l'acte le prévoit
  • Frais de remise en état pour dégradations imputables (pas la vétusté)
  • Jamais au-delà du montant maximum garanti inscrit dans l'acte

Bon à savoir

Pour les impayés de loyers, vous disposez d'un délai de 3 ans pour réclamer chaque échéance (article 7-1 de la loi de 1989). Ne tardez pas : agissez dès le 2e mois d'impayé pour limiter la dette.

En colocation : attention à la durée de l'engagement du garant

Si le garant s'est porté caution d'un colocataire, son engagement n'est pas illimité dans le temps. Lorsqu'un colocataire donne congé, la solidarité de son garant prend fin soit à la date d'arrivée d'un nouveau colocataire inscrit au bail pour le remplacer, soit, à défaut de remplaçant, au plus tard six mois après la date d'effet du congé (article 8-1 de la loi du 6 juillet 1989).

Précision utile : l'acte de cautionnement en colocation doit, à peine de nullité, identifier le colocataire pour lequel l'extinction de la solidarité met fin à l'engagement du garant. Vérifiez donc, avant de réclamer, à quel colocataire se rapporte le cautionnement et si le délai de six mois n'a pas déjà couru. Au-delà, vous ne pourrez plus actionner ce garant pour les dettes nées après la fin de son engagement.

  • La solidarité du garant d'un colocataire cesse à l'arrivée d'un remplaçant inscrit au bail
  • À défaut de remplaçant : fin au plus tard 6 mois après la date d'effet du congé
  • L'acte doit identifier le colocataire concerné, à peine de nullité

Le garant peut-il se désengager seul ?

Cela dépend de la durée prévue dans l'acte. Si l'acte de cautionnement est à durée déterminée (par exemple, la durée du bail initial), le garant reste engagé jusqu'au terme prévu et ne peut pas y mettre fin avant.

Si l'engagement est à durée indéterminée, le garant peut le résilier unilatéralement, par lettre recommandée, sans votre accord. Mais cette résiliation ne prend effet qu'au terme du contrat de location en cours, qu'il soit initial, reconduit ou renouvelé : le garant reste donc tenu pour la période du bail déjà en cours au moment où il résilie. Un garant ne peut donc pas s'échapper du jour au lendemain pour éviter de payer un impayé déjà constitué.

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Questions fréquentes

Puis-je réclamer directement au garant sans passer par le locataire ?+

Oui, si la caution est solidaire : vous pouvez réclamer au garant dès le premier impayé, sans poursuivre d'abord le locataire. Si la caution est simple, vous devez d'abord demander le paiement au locataire avant de vous retourner vers le garant, qui peut vous opposer le bénéfice de discussion. La nature de l'engagement est inscrite dans l'acte de cautionnement.

Comment mettre en demeure le garant ?+

Par une lettre recommandée avec accusé de réception adressée au garant, rappelant l'acte de cautionnement, le montant exact de la dette (avec un décompte), et lui demandant de payer dans un délai (par exemple 8 à 15 jours). Conservez la preuve d'envoi et l'accusé de réception. Cette démarche ne remplace pas l'intervention d'un commissaire de justice si la procédure doit aller plus loin.

Que puis-je réclamer au garant exactement ?+

Tout ce que doit le locataire au titre du bail, mais dans la limite du montant maximum inscrit dans l'acte : loyers et charges impayés, intérêts et pénalités de retard, indemnités d'occupation et frais de remise en état pour dégradations imputables si l'acte le prévoit. Vous ne pouvez jamais réclamer au-delà du plafond garanti, ni facturer la vétusté ou l'usure normale.

Mon acte de cautionnement n'a pas de mention manuscrite type, est-il valable ?+

Probablement oui s'il a été signé après le 1er janvier 2022 : la réforme du droit des sûretés a remplacé la mention manuscrite recopiée par une mention apposée par la caution elle-même (le montant garanti en toutes lettres et en chiffres reste obligatoire, article 2297 du Code civil). Pour un acte plus ancien, les anciennes règles s'appliquent. En cas de doute, faites vérifier l'acte par un professionnel, car un acte irrégulier peut être annulé.

J'ai une assurance loyers impayés (GLI), puis-je aussi actionner le garant ?+

En principe non : si vous avez souscrit une assurance ou une garantie couvrant les obligations du locataire, le cautionnement par une personne physique est nul, sauf si le logement est loué à un étudiant ou à un apprenti. Dans ce cas, actionnez votre assurance plutôt que le garant. Vérifiez ce point avant toute réclamation.

Le garant peut-il refuser de payer en se désengageant ?+

Cela dépend de la durée prévue. Pour un engagement à durée déterminée, le garant reste tenu jusqu'au terme. Pour un engagement à durée indéterminée, il peut résilier par lettre recommandée, mais la résiliation ne prend effet qu'à la fin du bail en cours : il reste donc tenu des dettes déjà nées. Un garant ne peut pas se désengager pour échapper à un impayé déjà constitué.

Le garant doit-il payer les intérêts et pénalités de retard ?+

Oui, mais à une condition de délai. Lorsqu'un commandement de payer est délivré au locataire par commissaire de justice, il doit être signifié au garant dans les quinze jours suivant sa signification au locataire (article 24 de la loi de 1989). À défaut, le garant ne peut être tenu au paiement des pénalités ni des intérêts de retard ; il reste seulement redevable du principal de la dette.

Combien de temps ai-je pour réclamer la dette au garant ?+

Le délai de prescription pour réclamer les loyers impayés est de 3 ans (article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989), qui court échéance par échéance. Il est donc fortement conseillé d'agir vite, dès le deuxième mois d'impayé, pour ne pas perdre de droits et limiter le montant de la dette à recouvrer.

Cette démarche remplace-t-elle un avocat ou un commissaire de justice ?+

Non. Cette fiche est une information générale et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour la délivrance d'un commandement de payer, le recouvrement forcé ou un litige sur la validité de l'acte, l'intervention d'un commissaire de justice et/ou d'un avocat est indispensable. L'ANIL (agences départementales d'information sur le logement) offre aussi des conseils gratuits.

Sources officielles

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Information générale, pas un conseil juridique personnalisé. Ce contenu s'appuie sur des sources officielles à jour, mais chaque situation est particulière. Pour un litige complexe ou des montants élevés, faites-vous accompagner par un avocat ou un commissaire de justice.