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Trêve hivernale : ce que le propriétaire peut et ne peut pas faire (1er novembre – 31 mars)

Mis à jour le 5 juin 2026 · Rédigé par La rédaction de Serenibail · 12 min de lecture · Sources officielles citées

Chaque hiver, du 1er novembre au 31 mars, l'exécution des expulsions est suspendue : c'est la trêve hivernale. Pour un propriétaire confronté à un locataire qui ne paie plus, cette période peut sembler un mur de cinq mois. C'est une idée fausse. La trêve gèle seulement le dernier acte (faire sortir physiquement l'occupant) ; elle ne gèle ni la dette, ni la procédure judiciaire. Vous pouvez et vous devez continuer d'avancer pendant l'hiver, pour être prêt à expulser dès le 1er avril. Voici, avec les délais exacts à jour en 2026 et les textes officiels, ce que vous pouvez faire, ce qui vous est interdit, et les exceptions (squat, relogement, bâtiment dangereux) qui permettent malgré tout une expulsion en plein hiver.

L'essentiel

  • La trêve hivernale court du 1er novembre au 31 mars inclus (art. L412-6 du Code des procédures civiles d'exécution). Elle suspend l'exécution des expulsions, pas la procédure.
  • Pendant la trêve, vous pouvez tout faire SAUF l'expulsion physique : commandement de payer, assignation, audience, jugement, commandement de quitter les lieux. Préparez le dossier pour agir dès le 1er avril.
  • La dette de loyer continue de courir pendant l'hiver. Les impayés ne sont jamais effacés par la trêve.
  • Exceptions permettant l'expulsion même en hiver : squatteur introduit sans droit ni titre dans le domicile d'autrui (loi Kasbarian-Bergé du 27 juillet 2023), relogement adapté assuré, bâtiment sous arrêté de mise en sécurité (péril), conjoint violent évincé par le juge.
  • Expulser vous-même par la force est un délit : jusqu'à 3 ans de prison et 30 000 € d'amende (art. 226-4-2 du Code pénal). Seul un commissaire de justice, avec le concours de la force publique, peut exécuter une expulsion.

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Les étapes, dans l'ordre

  1. 1

    Vérifiez votre position dans le calendrier

    Dès le premier impayé

    Repérez où vous en êtes dans la procédure et la date. Si la trêve est en cours (1er novembre – 31 mars), sachez que l'expulsion physique est gelée, mais que toute la procédure judiciaire reste ouverte. L'objectif : avancer le plus possible pour être prêt à expulser dès le 1er avril.

  2. 2

    Faites délivrer un commandement de payer

    6 semaines (baux postérieurs au 29/07/2023) ou 2 mois (baux antérieurs)

    Mandatez un commissaire de justice pour signifier un commandement de payer visant la clause résolutoire du bail. Pour les baux signés depuis le 29 juillet 2023, le locataire a 6 semaines pour régler sa dette ; pour les baux antérieurs, le délai reste de 2 mois. Ce délai court normalement pendant la trêve.

  3. 3

    Assignez devant le juge si la dette persiste

    Audience possible même pendant la trêve

    Passé le délai du commandement sans règlement, assignez le locataire devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire pour faire constater la résiliation du bail et demander l'expulsion. L'audience peut se tenir pendant l'hiver. Pensez à informer la commission de coordination (CCAPEX) et, selon les cas, à respecter le délai de saisine du préfet.

  4. 4

    Obtenez le jugement d'expulsion

    Jugement rendu en toute saison

    Le juge rend son jugement d'expulsion : il peut être prononcé en plein hiver. Faites-le signifier au locataire par commissaire de justice. Le jugement reste valable, seule son exécution est suspendue jusqu'au 31 mars.

  5. 5

    Délivrez le commandement de quitter les lieux

    2 mois avant exécution possible

    Faites délivrer par commissaire de justice un commandement de quitter les lieux. Il ouvre un délai de 2 mois pendant lequel le locataire peut encore partir volontairement. Ce délai de 2 mois peut s'écouler pendant la trêve : profitez-en pour qu'il soit purgé avant le 1er avril.

  6. 6

    Demandez le concours de la force publique

    Exécution à partir du 1er avril

    À l'issue du délai de 2 mois, si le locataire est toujours là, le commissaire de justice demande le concours de la force publique au préfet. Ce concours est suspendu pendant la trêve : il ne pourra être accordé et l'expulsion exécutée qu'à partir du 1er avril.

  7. 7

    Actionnez vos garanties en parallèle

    Sans attendre, dès l'impayé

    Pendant toute la procédure, mettez en demeure la caution (garant) dès le premier impayé, déclarez le sinistre à votre assurance loyers impayés (GLI) ou à Visale dans les délais du contrat, et proposez éventuellement un plan d'apurement. La trêve ne suspend aucune de ces démarches.

Qu'est-ce que la trêve hivernale, exactement ?

La trêve hivernale est la période, fixée du 1er novembre au 31 mars de l'année suivante, pendant laquelle aucune expulsion locative ne peut être mise à exécution. Elle est prévue par l'article L412-6 du Code des procédures civiles d'exécution. Le texte est clair : il est sursis à toute mesure d'expulsion non exécutée à la date du 1er novembre, et ce jusqu'au 31 mars inclus. Pour l'hiver en cours, cela couvre la période du 1er novembre 2025 au 31 mars 2026.

Il faut bien comprendre ce que la trêve gèle, et ce qu'elle ne gèle pas. Ce qui est suspendu, c'est uniquement le tout dernier acte de la procédure : l'intervention du commissaire de justice pour faire sortir physiquement l'occupant, au besoin avec le concours de la force publique. Tout le reste continue. La dette de loyer s'accumule, les intérêts courent, et surtout la procédure judiciaire suit son cours normal. Un jugement d'expulsion peut parfaitement être rendu en décembre ou en février : il ne pourra simplement pas être exécuté avant le 1er avril.

Cette trêve a une raison d'être sociale : ne pas jeter des familles à la rue en plein hiver. Elle ne signifie pas que le locataire qui ne paie plus est à l'abri de tout. Elle signifie seulement que vous, propriétaire, devez utiliser l'hiver pour faire avancer la procédure, afin d'être en position de faire exécuter l'expulsion dès la sortie de trêve, sans perdre cinq mois.

La trêve est un délai à utiliser, pas à subir

Le propriétaire qui attend passivement la fin de la trêve perd cinq mois. Celui qui fait délivrer commandement de payer, assigne et obtient son jugement pendant l'hiver pourra demander l'expulsion dès le 1er avril. La trêve ne doit jamais être une raison d'arrêter d'agir.

Ce que le propriétaire NE peut PAS faire pendant la trêve

Pendant la trêve hivernale, une seule chose vous est réellement interdite : faire exécuter une expulsion. Même si vous détenez un jugement d'expulsion définitif et que le délai de deux mois du commandement de quitter les lieux est écoulé, le commissaire de justice ne pourra pas procéder à l'expulsion entre le 1er novembre et le 31 mars. Le concours de la force publique, accordé par la préfecture, est lui aussi suspendu pendant cette période.

Il vous est encore plus formellement interdit de vous faire justice vous-même. Changer la serrure, couper l'eau, l'électricité ou le chauffage, retirer la porte, déménager les affaires du locataire, le menacer pour qu'il parte : tous ces actes constituent le délit d'expulsion forcée sans le concours de l'État, puni par l'article 226-4-2 du Code pénal de 3 ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende. Ces sanctions s'appliquent toute l'année, mais le risque est encore plus net pendant la trêve. Quelle que soit l'ampleur de la dette, vous ne pouvez jamais expulser sans commissaire de justice et sans décision de justice.

Enfin, vous ne pouvez pas non plus, en tant que bailleur, couper vous-même l'énergie pour faire pression. À noter qu'en parallèle existe une trêve hivernale de l'énergie (loi Brottes n° 2013-312 du 15 avril 2013) : du 1er novembre au 31 mars, le fournisseur d'électricité ou de gaz ne peut pas couper l'alimentation de la résidence principale pour impayés. Une réduction de puissance reste toutefois possible, sauf pour les bénéficiaires du chèque énergie. Mais cela relève du contrat du locataire avec son fournisseur, pas de vous.

Ne touchez jamais à la serrure ni aux compteurs

Changer la serrure ou couper l'eau, l'électricité ou le chauffage pour forcer un locataire à partir est un délit (art. 226-4-2 du Code pénal) : jusqu'à 3 ans de prison et 30 000 € d'amende. Le locataire peut aussi obtenir sa réintégration et des dommages-intérêts. Aucune dette ne justifie une expulsion sauvage.

Ce que le propriétaire PEUT faire pendant la trêve

La bonne nouvelle, c'est que l'essentiel de la procédure reste ouvert pendant l'hiver. Vous pouvez faire délivrer un commandement de payer par commissaire de justice : c'est l'acte qui déclenche le décompte avant la résiliation du bail. Pour les baux signés depuis le 29 juillet 2023, le locataire dispose de 6 semaines pour régler sa dette (au lieu de 2 mois auparavant), conséquence de la loi Kasbarian-Bergé du 27 juillet 2023. La Cour de cassation a précisé en 2024 que ce délai réduit de 6 semaines ne vaut que pour les baux conclus après le 29 juillet 2023 ; les baux antérieurs conservent le délai de 2 mois. Ce délai court normalement, trêve ou pas.

Vous pouvez ensuite, si le commandement reste infructueux, assigner le locataire devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire, faire constater l'acquisition de la clause résolutoire et demander l'expulsion. L'audience se tient, le juge délibère, le jugement est rendu : tout cela se déroule comme en n'importe quelle saison. Vous pouvez même faire signifier le jugement et délivrer le commandement de quitter les lieux, qui ouvre un délai de 2 mois avant que l'expulsion puisse être exécutée.

L'intérêt est stratégique. Si vous lancez votre procédure à l'automne et obtenez votre jugement en plein hiver, vous aurez purgé le délai de 2 mois du commandement de quitter les lieux avant la fin mars. Vous serez alors en première ligne pour demander le concours de la force publique dès le 1er avril, sans avoir perdu un seul jour. À l'inverse, attendre avril pour commencer revient à se condamner à un nouvel hiver de loyers impayés.

Le calendrier idéal

Commandement de payer en septembre-octobre, assignation et audience à l'automne ou en hiver, jugement et commandement de quitter les lieux pendant la trêve : le délai de 2 mois s'écoule sous la trêve et vous êtes prêt à expulser dès le 1er avril. C'est ainsi qu'on ne perd pas l'hiver.

Les exceptions : quand l'expulsion reste possible en plein hiver

La trêve hivernale n'est pas absolue. L'article L412-6 du Code des procédures civiles d'exécution prévoit lui-même plusieurs situations dans lesquelles une expulsion peut être exécutée entre le 1er novembre et le 31 mars.

Première exception : le squat de domicile. Depuis la loi Kasbarian-Bergé du 27 juillet 2023, le sursis ne s'applique pas lorsque l'expulsion a été prononcée en raison d'une introduction sans droit ni titre dans le domicile d'autrui à l'aide de manœuvres, de menaces, de voies de fait ou de contrainte. Autrement dit, un squatteur qui occupe illégalement un logement d'habitation ne bénéficie pas de la trêve et peut être expulsé toute l'année. Pour les autres lieux occupés illégalement (locaux non destinés à l'habitation, terrains, garages), le juge peut, par décision spéciale et motivée, supprimer ou réduire le bénéfice du sursis.

Deuxième exception : le relogement assuré. Si un relogement adapté aux besoins du locataire et de sa famille est garanti dans des conditions suffisantes respectant l'unité familiale, la trêve ne s'applique pas. C'est une exception rarement mobilisée par un bailleur particulier, car elle suppose de proposer un logement de remplacement décent et proche.

Troisième exception : le bâtiment dangereux. Lorsque le logement ou l'immeuble fait l'objet d'un arrêté de mise en sécurité (ex-arrêté de péril) ou se trouve dans un état de péril justifiant son évacuation pour la sécurité des occupants, l'expulsion peut être ordonnée même en hiver, précisément pour protéger les personnes.

Quatrième exception : l'éviction du conjoint violent. Lorsque le juge aux affaires familiales ordonne, dans le cadre de violences conjugales ou familiales, que l'auteur des violences quitte le domicile, cette mesure est immédiatement exécutoire et n'est pas suspendue par la trêve. Ce n'est pas un contentieux locatif, mais une mesure de protection de la victime.

Squat n'est pas impayé

Attention au vocabulaire. Un locataire en place qui ne paie plus son loyer N'EST PAS un squatteur : il a un bail, donc il bénéficie de la trêve hivernale. L'exception squat ne vise que celui qui s'est introduit illégalement dans un logement, sans droit ni titre. Confondre les deux mène à une procédure mal engagée.

La trêve n'efface pas la dette : préservez vos garanties

Il est essentiel de le répéter : la trêve hivernale ne suspend ni n'efface la dette locative. Pendant tout l'hiver, les loyers impayés continuent de s'accumuler et restent dus. Vous conservez tous vos droits de créancier. À la fin de la trêve, vous pourrez réclamer l'intégralité des sommes, y compris celles correspondant aux mois d'hiver pendant lesquels l'expulsion était suspendue.

C'est aussi le moment d'actionner vos sécurités. Si le bail est couvert par une caution (garant), vous pouvez la mettre en demeure de payer dès le premier impayé : la trêve ne change rien à l'obligation de la caution. Si vous avez souscrit une assurance loyers impayés (GLI) ou si le bail est garanti par Visale, déclarez le sinistre dans les délais prévus au contrat, généralement sans attendre, car ces garanties imposent souvent de lancer la procédure de recouvrement dans un calendrier strict.

Pensez enfin à proposer ou à formaliser un plan d'apurement. Beaucoup de situations se débloquent par un échéancier qui permet au locataire de rembourser sa dette progressivement tout en reprenant le paiement du loyer courant. C'est souvent plus rapide et moins coûteux qu'une expulsion qui ne pourra de toute façon pas avoir lieu avant le printemps.

N'attendez pas le printemps pour réagir

Si vous attendez la fin de la trêve pour lancer la procédure, comptez plusieurs mois supplémentaires (commandement de payer, assignation, audience, jugement, commandement de quitter les lieux de 2 mois) avant de pouvoir expulser. Soit, en pratique, un second hiver perdu. Agissez dès le premier impayé.

Ce que cette page ne remplace pas

Cette fiche vous donne le cadre général, les délais exacts à jour en 2026 et les textes officiels applicables. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé et ne remplace pas l'accompagnement d'un commissaire de justice ou d'un avocat. Chaque dossier a ses particularités : nature du bail, date de signature, présence d'une caution ou d'une garantie, situation sociale du locataire.

Pour une procédure d'impayés ou d'expulsion, le bon réflexe est de faire délivrer les actes par un commissaire de justice (seul habilité à signifier commandement de payer, jugement et commandement de quitter les lieux) et, en cas de doute, de consulter gratuitement l'ADIL (agence départementale d'information sur le logement) de votre département. Ces démarches sécurisent votre dossier et évitent les erreurs de procédure qui vous feraient perdre encore plus de temps.

Le bon interlocuteur

L'ADIL de votre département renseigne gratuitement propriétaires et locataires sur leurs droits. Le commissaire de justice exécute les actes. L'avocat vous représente et vous conseille sur les cas complexes. Ne tentez jamais de gérer une expulsion seul et par la force.

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Questions fréquentes

Quelles sont les dates exactes de la trêve hivernale ?+

La trêve hivernale court du 1er novembre au 31 mars de l'année suivante, inclus, en application de l'article L412-6 du Code des procédures civiles d'exécution. Pour l'hiver en cours, cela couvre la période du 1er novembre 2025 au 31 mars 2026. À compter du 1er avril, les expulsions peuvent de nouveau être exécutées.

Puis-je expulser mon locataire pendant la trêve hivernale ?+

Non, sauf exceptions prévues par la loi. Entre le 1er novembre et le 31 mars, l'exécution des expulsions est suspendue : même avec un jugement définitif, le commissaire de justice ne peut pas faire sortir l'occupant. Les exceptions sont le squat de domicile, le relogement adapté assuré, le bâtiment sous arrêté de mise en sécurité (péril) et l'éviction d'un conjoint violent ordonnée par le juge.

Puis-je faire avancer la procédure judiciaire pendant la trêve ?+

Oui, et c'est même recommandé. La trêve ne suspend que l'exécution de l'expulsion, pas la procédure. Vous pouvez faire délivrer un commandement de payer, assigner, obtenir un jugement d'expulsion et délivrer le commandement de quitter les lieux. En préparant votre dossier pendant l'hiver, vous êtes prêt à demander l'expulsion dès le 1er avril, sans perdre cinq mois.

La dette de loyer est-elle effacée par la trêve hivernale ?+

Non, jamais. La trêve ne suspend ni n'efface la dette : les loyers impayés continuent de s'accumuler pendant tout l'hiver et restent dus. Vous conservez tous vos droits de créancier et pourrez réclamer l'intégralité des sommes, y compris celles des mois d'hiver, ainsi qu'actionner la caution ou votre assurance loyers impayés.

Un squatteur bénéficie-t-il de la trêve hivernale ?+

Non, pas pour un squat de domicile. Depuis la loi Kasbarian-Bergé du 27 juillet 2023, le sursis hivernal ne s'applique pas lorsque l'expulsion a été prononcée pour une introduction sans droit ni titre dans le domicile d'autrui par manœuvres, menaces, voies de fait ou contrainte. Un squatteur peut donc être expulsé toute l'année. Attention : un locataire en place qui ne paie plus n'est pas un squatteur et bénéficie, lui, de la trêve.

Que se passe-t-il si j'expulse moi-même mon locataire en hiver ?+

Vous commettez un délit. Changer la serrure, couper l'eau, l'électricité ou le chauffage, sortir les affaires du locataire ou le menacer pour qu'il parte est puni par l'article 226-4-2 du Code pénal de 3 ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende. Le locataire peut en outre obtenir sa réintégration et des dommages-intérêts. Seul un commissaire de justice, avec une décision de justice et le concours de la force publique, peut expulser.

Le délai de 2 mois du commandement de quitter les lieux court-il pendant la trêve ?+

Oui. Le commandement de quitter les lieux peut être délivré pendant la trêve et son délai de 2 mois s'écoule normalement. Ce qui est suspendu, c'est seulement l'exécution effective de l'expulsion et le concours de la force publique. En faisant délivrer ce commandement en hiver, vous pouvez purger les 2 mois avant le 1er avril et expulser dès la sortie de trêve.

Mon fournisseur peut-il couper l'énergie du locataire en hiver ?+

Non, pas la résidence principale. La trêve hivernale de l'énergie (loi Brottes n° 2013-312 du 15 avril 2013) interdit au fournisseur de couper l'électricité ou le gaz d'une résidence principale pour impayés, du 1er novembre au 31 mars. Une réduction de puissance reste possible, sauf pour les bénéficiaires du chèque énergie. Mais en tant que bailleur, vous ne devez jamais couper vous-même l'énergie : ce serait un délit.

Faut-il attendre la fin de la trêve pour lancer la procédure d'impayés ?+

Surtout pas. Attendre le 1er avril revient à perdre tout l'hiver, puis à devoir encore enchaîner commandement de payer, assignation, audience, jugement et délai de 2 mois du commandement de quitter les lieux, soit potentiellement un second hiver d'impayés. Le bon réflexe est d'agir dès le premier impayé, quelle que soit la saison, pour réduire au maximum le temps perdu.

Sources officielles

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Information générale, pas un conseil juridique personnalisé. Ce contenu s'appuie sur des sources officielles à jour, mais chaque situation est particulière. Pour un litige complexe ou des montants élevés, faites-vous accompagner par un avocat ou un commissaire de justice.