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Assignation et audience devant le juge des contentieux de la protection : déroulé, délais et décision

Mis à jour le 5 juin 2026 · Rédigé par La rédaction de Serenibail · 13 min de lecture · Sources officielles citées

Votre commandement de payer est resté sans effet et la dette n'est toujours pas réglée ? L'étape suivante est judiciaire : faire délivrer une assignation à votre locataire pour qu'un juge constate la résiliation du bail et ordonne l'expulsion. C'est une procédure très encadrée, où une seule erreur de délai peut faire tomber tout votre dossier. Voici, étape par étape et avec les délais exacts à jour en 2026, comment se déroule l'assignation, l'audience devant le juge des contentieux de la protection, et ce que le juge peut réellement décider — y compris les délais qu'il peut accorder à votre locataire.

L'essentiel

  • L'assignation doit être notifiée au préfet au moins 6 semaines avant l'audience, par le commissaire de justice, sous peine d'irrecevabilité de votre demande (article 24, III, de la loi du 6 juillet 1989).
  • Pour les baux conclus, reconduits ou renouvelés depuis le 29 juillet 2023, l'audience est fixée au minimum 6 semaines après réception de l'assignation par le locataire.
  • L'audience se tient devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire : procédure orale, avocat non obligatoire, mais venez avec un dossier complet.
  • Le juge peut accorder au locataire des délais de paiement jusqu'à 3 ans et suspendre la clause résolutoire, à condition qu'il ait repris le paiement du loyer courant.
  • S'il prononce l'expulsion, celle-ci ne sera exécutée qu'après un commandement de quitter les lieux (délai de 2 mois) et hors trêve hivernale (1er novembre - 31 mars).

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Les étapes, dans l'ordre

  1. 1

    Vérifiez que le commandement de payer est resté infructueux

    Après expiration du délai du commandement de payer (6 semaines ou 2 mois)

    L'assignation suppose un commandement de payer préalable demeuré sans effet. Vérifiez que le délai est écoulé : 6 semaines pour les baux conclus, reconduits ou renouvelés depuis le 29 juillet 2023 ; 2 mois pour les baux antérieurs. Assurez-vous que le commandement mentionnait le bon délai, sous peine de nullité.

  2. 2

    Faites délivrer l'assignation par un commissaire de justice

    Audience fixée au moins 6 semaines après la réception

    Mandatez un commissaire de justice pour rédiger et signifier l'assignation à votre locataire. Elle convoque le locataire à une audience devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire du lieu du logement. Pour les baux post-29/07/2023, l'audience est fixée au minimum 6 semaines après réception de l'assignation par le locataire.

  3. 3

    Veillez à la notification de l'assignation au préfet

    Au moins 6 semaines (42 jours) avant l'audience

    Le commissaire de justice doit notifier l'assignation au préfet au moins 6 semaines (42 jours) avant l'audience, à peine d'irrecevabilité de votre demande. Ce délai se calcule à rebours depuis l'audience et ne se reporte pas s'il tombe un jour férié ou un week-end (avis de la Cour de cassation du 6 novembre 2025). Confirmez par écrit à votre commissaire de justice qu'il procède bien à cette notification.

  4. 4

    Laissez se dérouler le diagnostic social et financier

    Diagnostic transmis au plus tard 5 jours ouvrables avant l'audience

    À la suite de la notification, le préfet fait établir un diagnostic social et financier du locataire, transmis au juge et à la CCAPEX au plus tard 5 jours ouvrables avant l'audience. Si l'opérateur ou la CCAPEX vous contacte, formulez vos observations sur la dette et son impact sur votre situation.

  5. 5

    Préparez et présentez-vous à l'audience

    Le jour de l'audience

    Préparez un dossier complet : bail, décompte de dette actualisé, commandement de payer et sa preuve de délivrance, preuve de la notification au préfet. La procédure est orale, sans avocat obligatoire, mais votre présence (ou celle de votre représentant) est essentielle. Exposez clairement vos demandes : résiliation, paiement de la dette, expulsion.

  6. 6

    Recevez et exploitez le jugement

    Décision sur le siège ou en délibéré (quelques semaines)

    Le juge peut rendre sa décision sur le siège ou en délibéré. Il peut prononcer la résiliation et l'expulsion, ou suspendre la clause résolutoire et accorder des délais de paiement (jusqu'à 3 ans) si le locataire a repris le loyer courant. Le jugement vous est notifié : c'est le titre nécessaire pour la suite.

  7. 7

    Engagez la phase d'expulsion si l'expulsion est prononcée

    Commandement de quitter les lieux : 2 mois ; hors trêve hivernale

    Faites signifier un commandement de quitter les lieux par commissaire de justice. Le locataire dispose alors de 2 mois avant que l'expulsion puisse être exécutée. Aucune expulsion n'est possible pendant la trêve hivernale (1er novembre - 31 mars). Passé le délai, sollicitez le concours de la force publique auprès du préfet.

Qu'est-ce que l'assignation, et quand y recourir ?

L'assignation est l'acte par lequel vous portez le litige devant le tribunal. Concrètement, c'est un document rédigé par un commissaire de justice (l'ancien huissier de justice) qui convoque officiellement votre locataire à une audience pour demander au juge de constater la résiliation du bail, le condamner à payer sa dette et ordonner son expulsion. C'est l'étape qui transforme un conflit privé en procédure judiciaire.

L'assignation n'intervient pas d'emblée. Elle suppose, en cas de loyer impayé, qu'un commandement de payer ait d'abord été délivré et soit resté infructueux. Ce commandement laisse au locataire un délai pour régler sa dette : 6 semaines pour les baux conclus, reconduits ou renouvelés depuis le 29 juillet 2023 (réforme issue de la loi Kasbarian-Bergé du 27 juillet 2023), et 2 mois pour les baux antérieurs. Ce n'est qu'une fois ce délai écoulé sans paiement que vous pouvez assigner.

Le tribunal compétent est le tribunal judiciaire du lieu où se situe le logement, et c'est le juge des contentieux de la protection (le JCP, qui a remplacé le juge d'instance depuis 2020) qui traite les litiges relatifs aux baux d'habitation. Vous n'avez pas à choisir vous-même la date d'audience : le commissaire de justice, en lien avec le greffe, fixe cette date en tenant compte des délais légaux à respecter.

Ne sautez pas l'étape du commandement de payer

Une assignation délivrée sans commandement de payer préalable valable, ou avant l'expiration du délai de 6 semaines (ou 2 mois), est fragile. Vérifiez que le commandement mentionne le bon délai : un commandement post-29/07/2023 qui indique 2 mois au lieu de 6 semaines peut être annulé et vous obliger à tout recommencer.

La notification au préfet : le délai de 6 semaines à ne jamais manquer

C'est l'obligation la plus piégeuse de toute la procédure, et la cause numéro un de dossiers rejetés. Le III de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989 impose que l'assignation soit notifiée au représentant de l'État dans le département — le préfet — au moins 6 semaines avant la date de l'audience. Cette notification est faite par le commissaire de justice, et non par vous. Son but : permettre aux services sociaux d'être alertés en amont et d'organiser, si possible, une solution pour le locataire.

Si ce délai de 6 semaines n'est pas respecté, votre demande est tout simplement irrecevable. C'est une fin de non-recevoir : le juge ne peut même pas examiner le fond du dossier, et cette irrégularité ne peut pas être régularisée en cours d'instance. Vous devez alors recommencer toute la procédure, avec une nouvelle assignation et une nouvelle date d'audience.

La Cour de cassation a précisé, dans un avis du 6 novembre 2025, comment calculer ce délai : les 6 semaines correspondent à 42 jours, comptés à rebours à partir de la date d'audience (sans compter le jour de l'audience lui-même). Ce délai ne bénéficie pas de la prorogation de l'article 642 du Code de procédure civile : il ne se reporte pas s'il tombe un week-end ou un jour férié. La notification au préfet doit donc impérativement intervenir au plus tard le 42e jour avant l'audience.

C'est le commissaire de justice qui s'en charge

Vous n'avez pas à notifier vous-même le préfet : c'est une diligence du commissaire de justice. Mais comme propriétaire, vous avez tout intérêt à lui confirmer par écrit qu'il doit bien procéder à cette notification dans les délais, et à conserver la preuve qu'elle a été faite.

Le diagnostic social et financier et la CCAPEX

Pendant le délai qui sépare l'assignation de l'audience, une machinerie sociale se met en route, déclenchée par la notification au préfet. Le préfet charge un opérateur d'établir un diagnostic social et financier (DSF) de la situation du locataire : ses ressources, ses charges, l'ancienneté et l'ampleur de l'impayé, et les solutions possibles (aides, plan d'apurement, relogement). Ce diagnostic vise à éclairer le juge sur la situation réelle du ménage.

Ce DSF est transmis au juge et à la CCAPEX (la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives) au plus tard 5 jours ouvrables avant l'audience. La CCAPEX, qui peut détenir des informations utiles sur le locataire, est elle-même sollicitée en amont. En tant que bailleur, vous pouvez être contacté pour formuler des observations : faites-le, car cela permet au juge de mesurer l'impact de la dette sur votre propre situation.

Comprendre ce dispositif vous aide à anticiper l'audience. Le juge ne statue pas dans l'abstrait : il aura sous les yeux un diagnostic de la situation du locataire. C'est pourquoi il est utile, de votre côté, d'apporter un dossier précis et chiffré montrant l'ancienneté de l'impayé et vos éventuelles tentatives de solution amiable.

Apportez vos propres observations

Si l'opérateur ou la CCAPEX vous contacte avant l'audience, répondez. Décrire l'impact financier de l'impayé sur vous (crédit immobilier à rembourser, charges à payer) figure dans le diagnostic et peut peser dans l'appréciation du juge sur les délais à accorder ou non au locataire.

Le déroulé de l'audience devant le juge des contentieux de la protection

L'audience se tient au tribunal judiciaire, devant le juge des contentieux de la protection. La procédure est orale : vous n'êtes pas obligé d'être représenté par un avocat (l'article 761 du Code de procédure civile dispense les parties d'en désigner un pour ce type de litige), même s'il est souvent recommandé d'être assisté ou conseillé. Vous pouvez vous présenter seul, avec votre dossier, ou mandater un avocat.

Votre présence, ou celle de votre représentant, est essentielle. Le jour de l'audience, chaque partie expose ses arguments. Vous présentez le bail, le décompte de la dette, le commandement de payer et l'historique des impayés. Le locataire, s'il est présent, peut contester la dette, demander des délais, ou faire valoir sa situation. S'il ne se présente pas, le juge statue au vu de vos seuls éléments — mais attention : il ne pourra écarter ou non l'application de la clause résolutoire que dans le cadre de votre demande, d'où l'importance de bien la formuler.

L'audience est généralement brève. Le juge peut rendre sa décision sur le siège ou la mettre en délibéré, c'est-à-dire l'annoncer à une date ultérieure. Le jugement vous est ensuite notifié, et c'est ce document qui vous permettra, le cas échéant, de poursuivre la procédure d'expulsion.

Préparez un dossier complet

Apportez en plusieurs exemplaires : le contrat de bail, le décompte détaillé et actualisé de la dette, la copie du commandement de payer et sa preuve de délivrance, la preuve de la notification au préfet, et tout échange avec le locataire. Un dossier clair et chiffré facilite la tâche du juge.

Ce que le juge peut décider

Le juge dispose d'une réelle marge d'appréciation. Dans le meilleur des cas pour vous, il constate l'acquisition de la clause résolutoire, prononce la résiliation du bail, condamne le locataire à payer la dette (loyers, charges, éventuellement intérêts et indemnités d'occupation) et ordonne son expulsion. Vous obtenez alors un titre exécutoire qui vous permettra d'engager la phase d'expulsion proprement dite.

Mais le juge peut aussi tempérer cette sanction. À la demande du locataire — ou même du bailleur —, il peut suspendre les effets de la clause résolutoire et accorder des délais de paiement, à condition que le locataire ait repris le paiement du loyer courant avant l'audience. Pendant ces délais, si le locataire respecte l'échéancier fixé, la clause résolutoire est réputée ne pas avoir joué et le bail se poursuit ; en cas de non-respect, la résiliation reprend ses effets. Ces délais de paiement peuvent aller jusqu'à 3 ans maximum (article 24, V, de la loi du 6 juillet 1989).

Enfin, même si l'expulsion est prononcée, le juge peut, sur le fondement des articles L412-3 et L412-4 du Code des procédures civiles d'exécution, accorder au locataire des délais pour quitter les lieux lorsque son relogement ne peut se faire dans des conditions normales. Depuis la loi Kasbarian-Bergé du 27 juillet 2023, ces délais ne peuvent être inférieurs à un mois ni supérieurs à un an (auparavant : de 3 mois à 3 ans) : le juge tient compte de la bonne ou mauvaise foi du locataire, de la situation respective des parties (âge, état de santé) et des efforts de relogement.

La résiliation n'est pas automatique

Si le locataire reprend le paiement du loyer courant et propose un apurement, le juge peut suspendre la clause résolutoire et lui accorder jusqu'à 3 ans de délais de paiement. Tant que l'échéancier est respecté, le bail continue : l'expulsion n'a alors pas lieu. C'est le scénario le plus fréquent quand le locataire se manifeste de bonne foi.

Après le jugement : l'expulsion ne suit pas immédiatement

Obtenir un jugement d'expulsion ne signifie pas que votre locataire part le lendemain. La décision doit d'abord vous être signifiée, puis vous devez faire délivrer par commissaire de justice un commandement de quitter les lieux. À compter de cette signification, le locataire dispose d'un délai de 2 mois avant que l'expulsion puisse être mise à exécution. Ce délai peut d'ailleurs être prolongé par le juge de l'exécution si le locataire le demande.

Surtout, la trêve hivernale, du 1er novembre au 31 mars, suspend toute expulsion. Aucune mesure d'expulsion ne peut être exécutée pendant cette période, sauf exceptions (relogement assuré, squatteurs dans certains cas). Si votre commandement de quitter les lieux arrive à terme pendant la trêve, vous devrez attendre le 1er avril.

Enfin, si le locataire ne part toujours pas après l'expiration du délai de 2 mois, vous devez solliciter le concours de la force publique auprès du préfet. C'est l'État qui procède à l'expulsion effective : vous ne pouvez jamais expulser vous-même un locataire, changer les serrures ou sortir ses meubles. Le faire constitue un délit.

Comptez plusieurs mois, voire davantage

Entre l'assignation et l'expulsion effective, il s'écoule souvent de nombreux mois : délai de l'audience, délibéré, commandement de quitter les lieux (2 mois), trêve hivernale, puis délai d'obtention de la force publique. C'est long, mais chaque étape est imposée par la loi.

Ce que cette fiche ne remplace pas

L'assignation et la procédure d'expulsion sont des actes techniques où la moindre irrégularité de forme ou de délai peut anéantir des mois d'efforts. La notification au préfet, la computation du délai de 6 semaines, la rédaction de l'assignation, la formulation précise de vos demandes au juge : tout cela relève du métier du commissaire de justice et, souvent, d'un avocat.

Cette fiche vous donne le cadre général et les délais à jour en 2026, mais elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé et ne remplace ni un avocat ni un commissaire de justice. Chaque dossier a ses particularités (montant de la dette, situation du locataire, présence d'une caution, d'une assurance loyers impayés ou de la garantie Visale).

Avant d'engager une assignation, le réflexe le plus sûr reste de confier la procédure à un commissaire de justice et, en cas de doute, de consulter gratuitement l'ADIL (agence départementale d'information sur le logement) de votre département. Vous sécuriserez ainsi votre dossier et éviterez les erreurs qui retardent une issue déjà longue.

Le bon réflexe

Un dossier bien préparé — commandement de payer valable, notification au préfet dans les 6 semaines, décompte de dette à jour, demandes claires au juge — passe l'audience sans embûche. La rigueur sur les délais est votre meilleure assurance.

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Questions fréquentes

Puis-je assigner mon locataire moi-même, sans commissaire de justice ?+

Non. L'assignation est un acte qui doit être délivré par un commissaire de justice (ancien huissier de justice). C'est lui qui rédige l'acte, le signifie au locataire et le notifie au préfet dans les délais. Vous ne pouvez pas le faire vous-même, même si la représentation par avocat n'est pas obligatoire à l'audience.

Que se passe-t-il si l'assignation n'a pas été notifiée au préfet 6 semaines avant l'audience ?+

Votre demande est irrecevable. C'est une fin de non-recevoir prévue par l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989 : le juge ne peut pas examiner le fond, et l'irrégularité ne peut pas être régularisée en cours d'instance. Vous devez alors recommencer toute la procédure avec une nouvelle assignation. D'où l'importance de vérifier que votre commissaire de justice respecte ce délai de 42 jours, calculé à rebours depuis l'audience (avis de la Cour de cassation du 6 novembre 2025).

Dois-je obligatoirement prendre un avocat pour l'audience ?+

Non, l'avocat n'est pas obligatoire devant le juge des contentieux de la protection pour un litige de bail d'habitation : la procédure est orale et les parties sont dispensées de désigner un avocat (article 761 du Code de procédure civile). Vous pouvez vous présenter seul avec votre dossier. Un avocat reste toutefois recommandé si la situation est complexe ou si le locataire est lui-même assisté.

Combien de temps s'écoule entre l'assignation et l'audience ?+

Pour les baux conclus, reconduits ou renouvelés depuis le 29 juillet 2023, l'audience est fixée au minimum 6 semaines après la réception de l'assignation par le locataire. En pratique, le délai réel dépend de l'encombrement du tribunal et peut être plus long. Comptez généralement plusieurs mois entre la délivrance de l'assignation et la décision.

Le juge peut-il refuser de prononcer l'expulsion ?+

Oui. Si le locataire a repris le paiement du loyer courant et propose un plan d'apurement crédible, le juge peut suspendre les effets de la clause résolutoire et accorder des délais de paiement allant jusqu'à 3 ans. Tant que le locataire respecte l'échéancier fixé, la clause résolutoire est réputée ne pas avoir joué et le bail se poursuit : il n'y a pas d'expulsion. En cas de non-respect, la résiliation reprend ses effets.

Quels délais le juge peut-il accorder au locataire pour partir ?+

Même quand l'expulsion est prononcée, le juge peut accorder des délais pour quitter les lieux sur le fondement des articles L412-3 et L412-4 du Code des procédures civiles d'exécution, lorsque le relogement ne peut se faire dans des conditions normales. Depuis la loi Kasbarian-Bergé du 27 juillet 2023, ces délais ne peuvent être inférieurs à un mois ni supérieurs à un an (contre 3 mois à 3 ans auparavant). Le juge tient compte de la bonne ou mauvaise foi du locataire, de la situation des parties (âge, santé) et des efforts de relogement.

Que dois-je apporter à l'audience ?+

Constituez un dossier complet, idéalement en plusieurs exemplaires : le contrat de bail, un décompte détaillé et actualisé de la dette, la copie du commandement de payer et sa preuve de délivrance, la preuve de la notification au préfet, et tout échange écrit avec le locataire (lettres, propositions de plan d'apurement). Un dossier clair et chiffré facilite la décision du juge.

Une fois le jugement d'expulsion obtenu, le locataire part-il tout de suite ?+

Non. Après le jugement, vous devez faire signifier un commandement de quitter les lieux par commissaire de justice. Le locataire dispose alors d'un délai de 2 mois avant que l'expulsion puisse être exécutée, délai parfois prolongé par le juge de l'exécution. De plus, aucune expulsion ne peut avoir lieu pendant la trêve hivernale, du 1er novembre au 31 mars. Si le locataire reste, vous devez solliciter le concours de la force publique auprès du préfet : vous ne pouvez jamais l'expulser vous-même.

L'assignation s'applique-t-elle de la même façon en location meublée ?+

Oui, la procédure judiciaire d'expulsion pour loyer impayé est globalement identique en meublé et en location vide : commandement de payer, assignation, notification au préfet, audience devant le juge des contentieux de la protection, puis commandement de quitter les lieux. Les principales différences en meublé concernent la durée du bail et le préavis, pas le déroulé de l'assignation et de l'audience elles-mêmes.

Sources officielles

Étape suivante

Le commandement de quitter les lieux : délai de 2 mois et ce qui se passe ensuite

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Information générale, pas un conseil juridique personnalisé. Ce contenu s'appuie sur des sources officielles à jour, mais chaque situation est particulière. Pour un litige complexe ou des montants élevés, faites-vous accompagner par un avocat ou un commissaire de justice.