Exiger un garant : acte de cautionnement, mentions et limites
Mis à jour le 9 juin 2026 · Rédigé par La rédaction de Serenibail · 5 min de lecture · Sources officielles citées
Le bailleur peut exiger un garant qui s'engage par un acte de cautionnement écrit. Depuis le 1er janvier 2022, l'acte n'impose plus de mention manuscrite mais doit reproduire des informations précises sur l'engagement. Un bailleur personne physique ne peut pas cumuler une caution avec une assurance loyers impayés (GLI), sauf locataire étudiant ou apprenti.
Le garant, ou caution, est l'une des sécurités les plus efficaces contre les impayés : une personne s'engage à payer si le locataire ne le fait pas. Mais l'acte de cautionnement obéit à des règles précises, qui ont évolué en 2022, et le cumul avec une assurance loyers impayés est interdit dans la plupart des cas. Ce guide vous explique comment exiger un garant valablement, quelles mentions inclure et quels pièges éviter. Il a une vocation informative et ne remplace pas l'avis d'un professionnel du droit.
L'essentiel
- →Le bailleur peut exiger un garant (caution) qui s'engage à payer la dette du locataire en cas de défaillance, par un acte de cautionnement écrit.
- →Depuis la réforme du droit des sûretés (entrée en vigueur au 1er janvier 2022), la mention manuscrite n'est plus exigée, mais l'acte doit comporter, écrites par la caution, des informations précises sur la nature et l'étendue de l'engagement.
- →La caution peut être simple (le bailleur poursuit d'abord le locataire) ou solidaire (le bailleur peut s'adresser directement à la caution) : la caution solidaire est la plus protectrice pour le bailleur.
- →Un bailleur personne physique ne peut pas cumuler le cautionnement avec une assurance loyers impayés (GLI), sauf si le locataire est étudiant ou apprenti.
- →L'acte doit préciser la durée de l'engagement ; à défaut de durée, la caution peut résilier son engagement à tout moment, l'engagement prenant fin à l'échéance du bail.
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Les étapes, dans l'ordre
- 1
Vérifier la solvabilité du garant
Avant le bail
Demandez au garant les pièces autorisées (identité, domicile, activité, ressources), comme pour le locataire. Assurez-vous que ses revenus permettent de couvrir le loyer en cas de défaillance.
- 2
Choisir caution simple ou solidaire
À la rédaction de l'acte
Optez de préférence pour la caution solidaire, qui vous permet de réclamer directement au garant dès le premier impayé. Précisez ce caractère solidaire dans l'acte.
- 3
Rédiger un acte conforme 2022
À la signature
Utilisez un modèle à jour : faites apposer par la caution la mention exprimant la nature et l'étendue de son engagement (montant du loyer, révision, charges, durée). La mention manuscrite stéréotypée n'est plus exigée depuis le 1er janvier 2022.
- 4
Remettre un exemplaire du bail au garant
À la signature
Donnez au garant un exemplaire du contrat de location. À défaut, son engagement peut être contesté.
- 5
Ne pas cumuler avec une GLI
Au choix de la garantie
Si vous êtes bailleur personne physique, ne cumulez pas le garant avec une assurance loyers impayés, sauf locataire étudiant ou apprenti. Choisissez une seule garantie (ou la garantie Visale).
Qu'est-ce qu'un garant et à quoi sert-il ?
Le cautionnement est l'engagement d'une personne (la caution, ou garant) de payer la dette locative du locataire si celui-ci ne s'en acquitte pas. C'est une garantie personnelle : en cas de loyer impayé, vous pouvez réclamer les sommes dues au garant, dans les limites de son engagement.
Le garant est souvent un proche du locataire (parent, ami) disposant de revenus suffisants. Sa solvabilité s'apprécie comme celle du locataire, avec les mêmes pièces autorisées par le décret de 2015. Un garant solide est un atout majeur quand le dossier du locataire est juste.
L'acte de cautionnement : forme et mentions depuis 2022
Le cautionnement doit faire l'objet d'un écrit. Jusqu'au 31 décembre 2021, la loi imposait une mention manuscrite intégrale de la caution. Depuis la réforme du droit des sûretés (ordonnance du 15 septembre 2021, entrée en vigueur le 1er janvier 2022), cette mention manuscrite stéréotypée a été remplacée : l'acte doit comporter, apposée par la caution elle-même, une mention exprimant clairement la nature et l'étendue de son engagement.
Concrètement, l'acte de cautionnement doit permettre à la caution de mesurer la portée exacte de ce qu'elle signe : le montant du loyer et ses conditions de révision, l'étendue de l'engagement (loyers, charges, réparations locatives) et sa durée. L'article 22-1 de la loi du 6 juillet 1989 encadre spécifiquement le cautionnement des baux d'habitation.
Le garant doit recevoir un exemplaire du contrat de location. À défaut de remise d'un exemplaire du bail, la caution peut contester son engagement.
Soignez l'acte, c'est lui qui tient
Caution simple ou caution solidaire ?
Il existe deux types de cautionnement. Avec une caution simple, le bailleur doit d'abord poursuivre le locataire défaillant avant de se retourner vers la caution : celle-ci bénéficie du bénéfice de discussion (elle peut exiger que le locataire soit poursuivi d'abord).
Avec une caution solidaire, le bailleur peut s'adresser directement au garant dès le premier impayé, sans poursuivre préalablement le locataire. La caution renonce au bénéfice de discussion. C'est de loin la formule la plus protectrice pour le bailleur, et la plus courante en pratique.
Précisez clairement dans l'acte le caractère solidaire de l'engagement si c'est la formule choisie. En cas de pluralité de cautions solidaires, vous pouvez réclamer la totalité à l'une d'elles.
La durée de l'engagement de la caution
L'acte de cautionnement peut être conclu pour une durée déterminée (par exemple la durée initiale du bail et un nombre défini de renouvellements) ou indéterminée.
Si l'engagement est à durée indéterminée, la caution peut le résilier unilatéralement à tout moment ; la résiliation prend alors effet au terme du bail en cours (ou du renouvellement en cours). Si l'engagement est à durée déterminée, la caution ne peut pas se rétracter avant le terme prévu, sauf accord du bailleur.
Indiquez donc une durée claire dans l'acte. Une durée déterminée couvrant le bail et ses renouvellements vous offre la meilleure visibilité.
Engagement à durée indéterminée = résiliable
Le cumul interdit avec l'assurance loyers impayés
Attention à une règle souvent ignorée : un bailleur personne physique ne peut pas cumuler une caution (garant) avec une assurance loyers impayés (GLI) pour un même bail. La loi ALUR interdit ce cumul afin de ne pas faire peser une double garantie sur le locataire.
Il existe une exception importante : ce cumul reste possible lorsque le locataire est étudiant ou apprenti. Pour ces publics, vous pouvez à la fois exiger un garant et souscrire une GLI.
Pour les autres locataires, choisissez : soit le garant, soit la GLI. Notez aussi que la garantie Visale (caution gratuite de l'État via Action Logement) constitue une alternative au garant personne physique, particulièrement adaptée aux jeunes et aux ménages modestes.
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Questions fréquentes
Puis-je exiger un garant à mon locataire ?+
Oui. Le bailleur peut exiger une caution (garant) qui s'engage par un acte de cautionnement écrit à payer la dette locative en cas de défaillance du locataire. La solvabilité du garant s'apprécie avec les mêmes pièces que celles autorisées pour le locataire (décret de 2015).
La mention manuscrite est-elle encore obligatoire sur l'acte de cautionnement ?+
Non, plus depuis le 1er janvier 2022. La réforme du droit des sûretés a supprimé la mention manuscrite stéréotypée. L'acte doit toutefois comporter, apposée par la caution, une mention exprimant clairement la nature et l'étendue de son engagement (montant du loyer, conditions de révision, durée). Un acte imprécis peut être annulé.
Quelle différence entre caution simple et caution solidaire ?+
Avec une caution simple, vous devez d'abord poursuivre le locataire avant de réclamer au garant (bénéfice de discussion). Avec une caution solidaire, vous pouvez vous adresser directement au garant dès le premier impayé. La caution solidaire est la plus protectrice pour le bailleur et la plus courante.
Puis-je cumuler un garant et une assurance loyers impayés ?+
Non, en principe, si vous êtes bailleur personne physique : la loi ALUR interdit le cumul d'une caution et d'une assurance loyers impayés (GLI) pour un même bail. L'exception concerne les locataires étudiants ou apprentis, pour lesquels le cumul reste possible.
Pendant combien de temps le garant est-il engagé ?+
Cela dépend de l'acte. Si l'engagement est à durée déterminée, la caution est tenue jusqu'au terme prévu sans pouvoir se rétracter. Si l'engagement est à durée indéterminée, la caution peut le résilier à tout moment, la résiliation prenant effet à l'échéance du bail en cours. Indiquez une durée claire dans l'acte.
La garantie Visale peut-elle remplacer un garant ?+
Oui. La garantie Visale est une caution gratuite proposée par Action Logement qui couvre les loyers impayés pour les publics éligibles (notamment les jeunes de moins de 31 ans et les ménages en intermédiation locative). Elle constitue une alternative au garant personne physique et sécurise le bailleur sans cumul interdit.
Questions fréquentes connexes
Pour aller plus loin
- Glossaire du bailleur — toutes les définitions juridiques (commandement de payer, clause résolutoire, trêve hivernale…).
- Modèles de lettres gratuits — relance, mise en demeure, décompte locatif, lettre au garant, congé.
Sources officielles
Comment nous vérifions nos informations
Chaque guide est rédigé puis recoupé à partir de sources publiques officielles: nous citons les textes applicables et indiquons la date de mise à jour pour que vous puissiez vérifier l'information à la source.
- Sources officielles privilégiées : Service-Public.fr, Légifrance (textes de loi et jurisprudence) et l'ANIL (Agence nationale pour l'information sur le logement). Les références précises utilisées pour cette page sont listées dans la section « Sources officielles ».
- Mise à jour datée : cette page a été vérifiée le 9 juin 2026. La réglementation et les montants évoluent ; en cas de doute, confrontez toujours l'information à la source officielle citée.
- Information générale, pas un conseil juridique individualisé : ce contenu a une vocation pédagogique. Il ne remplace pas l'analyse de votre situation par un professionnel du droit (avocat, commissaire de justice) ou par l'ADIL de votre département, qui informe gratuitement.
Rédigé par La rédaction de Serenibail — Propriétaires bailleurs & rédacteurs spécialisés.
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Information générale, pas un conseil juridique personnalisé. Ce contenu s'appuie sur des sources officielles à jour, mais chaque situation est particulière. Pour un litige complexe ou des montants élevés, faites-vous accompagner par un avocat ou un commissaire de justice.