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Loi anti-squat 2026 : l'état du droit applicable aux propriétaires

Mis à jour le 6 juin 2026 · Rédigé par La rédaction de Serenibail · 9 min de lecture · Sources officielles citées

En 2026, la loi anti-squat applicable reste la loi Kasbarian-Bergé du 27 juillet 2023. Le squat d'un domicile (y compris résidence secondaire meublée) est puni de 3 ans de prison et 45 000 € d'amende. Le propriétaire peut demander une évacuation accélérée au préfet (article 38 loi DALO), qui statue sous 48 heures. Le squatteur ne bénéficie pas de la trêve hivernale.

« Loi anti-squat 2026 » : derrière cette recherche très fréquente, il y a souvent une confusion. Aucune nouvelle loi anti-squat n'a été votée en 2026 ; le texte de référence reste la loi Kasbarian-Bergé du 27 juillet 2023, pleinement en vigueur. Ce qui a évolué récemment, ce sont des décrets d'application (notamment sur les impayés et l'indemnisation en cas de refus de la force publique). Cette page fait le point clair, à jour en 2026, sur l'arsenal anti-squat dont dispose réellement un propriétaire : les sanctions pénales, la procédure d'évacuation accélérée par le préfet, et surtout la distinction décisive entre un squatteur et un locataire qui ne paie plus, deux situations qui n'obéissent pas du tout aux mêmes règles.

L'essentiel

  • Aucune nouvelle « loi anti-squat » en 2026 : le droit applicable reste la loi Kasbarian-Bergé n° 2023-668 du 27 juillet 2023, complétée par des décrets récents.
  • Squat d'un domicile (violation de domicile, art. 226-4 du Code pénal) : 3 ans de prison et 45 000 € d'amende. La protection couvre aussi les résidences secondaires et occasionnelles meublées.
  • Occupation frauduleuse d'un autre local (logement vacant, local commercial, agricole) : nouveau délit (art. 315-1 du Code pénal), 2 ans et 30 000 € d'amende.
  • Procédure accélérée : le préfet peut ordonner l'évacuation sans procès (article 38 de la loi DALO) et statue sous 48h après dossier complet ; le squat est exclu de la trêve hivernale.
  • Un locataire entré avec un bail puis devenu mauvais payeur N'EST PAS un squatteur : il relève de la procédure judiciaire d'expulsion, pas de la voie anti-squat.

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Les étapes, dans l'ordre

  1. 1

    Qualifier la situation : squat ou impayé

    Immédiatement

    Déterminez si l'occupant est entré avec un bail (locataire défaillant : voie judiciaire) ou sans droit ni titre par effraction ou manœuvres (squatteur : voie du préfet et plainte). Cette qualification commande toute la procédure et évite l'erreur la plus fréquente.

  2. 2

    Saisir la police en flagrant délit

    Dès la découverte

    Si l'intrusion est très récente, appelez immédiatement la police ou la gendarmerie : tant que l'infraction est flagrante, les forces de l'ordre peuvent intervenir directement pour interpeller les occupants, sans procédure préfectorale.

  3. 3

    Faire constater l'occupation et déposer plainte

    Sans attendre

    Faites constater le squat par un commissaire de justice, le maire ou un officier de police judiciaire, puis déposez plainte pour violation de domicile (article 226-4 du Code pénal). Le constat daté est la pièce maîtresse du dossier.

  4. 4

    Réunir la preuve de propriété ou de domicile

    En parallèle

    Rassemblez un titre de propriété, un avis de taxe foncière ou une facture d'énergie établissant que le bien vous appartient ou constitue votre domicile. En cas de difficulté, l'administration fiscale peut être sollicitée.

  5. 5

    Déposer la demande d'évacuation au préfet

    Dès le dossier prêt

    Transmettez à la préfecture le dossier complet (plainte, preuve de propriété/domicile, constat d'occupation) en demandant la procédure de l'article 38 de la loi DALO. Le préfet statue normalement sous 48 heures.

  6. 6

    Évacuation forcée (hors trêve hivernale)

    24 h à 7 jours

    Si le préfet accepte, il met les occupants en demeure de partir dans un délai d'au moins 24 heures (domicile) ou 7 jours (autre local). À défaut, les forces de l'ordre évacuent. La trêve hivernale ne protège pas le squatteur. En cas de refus, reste la voie judiciaire.

« Loi anti-squat 2026 » : de quoi parle-t-on vraiment ?

Commençons par dissiper une confusion courante. Il n'existe pas de nouvelle « loi anti-squat » datée de 2026. Le texte de référence, toujours en vigueur, est la loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023 « visant à protéger les logements contre l'occupation illicite », dite loi Kasbarian-Bergé, entrée en vigueur le 29 juillet 2023. C'est elle qui a durci les sanctions contre le squat et accéléré le traitement des occupations illicites.

Ce qui a bougé plus récemment, ce sont des textes d'application et des réformes connexes : le décret n° 2025-1052 du 3 novembre 2025 a précisé l'indemnisation du bailleur en cas de refus du concours de la force publique, et le décret n° 2026-84 du 12 février 2026 a réorganisé le traitement administratif des impayés des locataires aidés (entrée en vigueur au 1er janvier 2027). Mais ces décrets ne créent pas de nouvelle infraction de squat : le cœur du dispositif anti-squat reste la loi de 2023.

Si vous cherchez « ce qui change en 2026 » pour un squat, la réponse honnête est donc : le régime de 2023 s'applique pleinement, et il est déjà très favorable au propriétaire victime d'une occupation illicite. L'enjeu pour vous est surtout de bien qualifier la situation et de mobiliser la bonne procédure.

Pas de nouvelle loi, un droit déjà solide

Inutile d'attendre une hypothétique loi 2026 : le dispositif anti-squat de la loi Kasbarian-Bergé de 2023 est en vigueur et protège fortement les propriétaires. Ce qui compte, c'est de l'actionner correctement et rapidement.

Les sanctions pénales du squat en 2026

La loi de 2023 a triplé les sanctions contre la violation de domicile. Aujourd'hui, s'introduire ou se maintenir dans le domicile d'autrui à l'aide de manœuvres, menaces, voies de fait ou contrainte (article 226-4 du Code pénal) est puni de 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende, contre 1 an et 15 000 € avant la réforme. Le simple maintien dans le domicile après une intrusion illicite constitue une infraction distincte, punie des mêmes peines.

Point essentiel pour les propriétaires : la notion de « domicile » au sens pénal ne se limite pas à la résidence principale. Elle couvre les résidences secondaires et occasionnelles meublées : tout local d'habitation contenant vos meubles est considéré comme un domicile, que vous y viviez en permanence ou non.

La loi a aussi créé un délit d'occupation frauduleuse pour les locaux qui ne sont pas le domicile de quelqu'un (logement vacant, local commercial, agricole ou professionnel) : l'article 315-1 du Code pénal punit cette occupation de 2 ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende. Enfin, faire la propagande ou la publicité de méthodes facilitant le squat (article 226-4-2-1) est puni de 3 750 € d'amende.

La règle des « 48 heures » qui protégerait le squatteur n'existe pas

Contrairement à une rumeur tenace, un squatteur n'acquiert aucun droit après 48 ou 72 heures. La violation de domicile reste une infraction quelle que soit sa durée. Plus vous agissez tôt, plus la situation est simple à régler.

La procédure d'évacuation accélérée par le préfet

La voie la plus rapide pour récupérer un logement squatté est administrative, pas judiciaire. Prévue par l'article 38 de la loi du 5 mars 2007 (loi DALO) et renforcée par la loi anti-squat, elle permet au préfet d'ordonner l'évacuation sans qu'un juge intervienne.

Trois conditions doivent être réunies : avoir déposé plainte pour violation de domicile ; prouver que le logement vous appartient ou constitue votre domicile (titre de propriété, avis de taxe foncière, facture d'énergie) ; et faire constater l'occupation illicite par un officier de police judiciaire, un commissaire de justice ou le maire.

Une fois le dossier complet déposé en préfecture, le préfet statue normalement dans un délai de 48 heures. S'il accepte, il met les occupants en demeure de partir dans un délai qui ne peut être inférieur à 24 heures pour un domicile ou de 7 jours pour un autre local d'habitation. Passé ce délai, les forces de l'ordre peuvent procéder à l'évacuation. Le préfet peut toutefois refuser pour un motif impérieux d'intérêt général. Notre fiche dédiée détaille pas à pas cette procédure du préfet.

Le commissaire de justice, allié de la procédure préfet

Un commissaire de justice peut dresser le constat d'occupation, vous accompagner au dépôt de plainte et monter la demande au préfet. Son intervention sécurise chaque pièce du dossier et accélère la décision.

Squat et trêve hivernale : pas de protection pour le squatteur

C'est une avancée majeure de la loi de 2023, toujours applicable en 2026. La trêve hivernale, qui suspend l'exécution des expulsions du 1er novembre au 31 mars (article L412-6 du Code des procédures civiles d'exécution), ne s'applique pas au squatteur d'un domicile.

Concrètement, un squatteur qui s'est introduit sans droit ni titre dans un logement d'habitation peut être évacué toute l'année, y compris en plein hiver, que ce soit par la procédure accélérée du préfet ou en exécution d'une décision de justice. Pour les autres lieux occupés illégalement (locaux non destinés à l'habitation, terrains), le juge peut, par décision spéciale et motivée, supprimer ou réduire le bénéfice du sursis hivernal.

Cette exception ne vaut que pour le squat. Un locataire en place qui ne paie plus son loyer bénéficie, lui, pleinement de la trêve hivernale : il a un bail, donc il n'est pas un squatteur. Confondre les deux mène à une procédure mal engagée et vous fait perdre du temps.

Squat ≠ impayé : la confusion qui fait tout rater

Un ancien locataire, un occupant à qui vous aviez prêté le logement, ou un locataire qui a cessé de payer ne sont PAS des squatteurs. La voie anti-squat (préfet, plainte pour violation de domicile) ne fonctionne pas contre eux : il faut la procédure judiciaire d'expulsion.

Squatteur ou locataire défaillant : la distinction décisive

La frontière entre squat et impayé conditionne toute la stratégie. Le squatteur est entré sans droit ni titre, par effraction ou manœuvres, sans aucun bail : c'est le cas typique de l'intrusion dans un logement vide ou une résidence secondaire. Le locataire défaillant, lui, est entré légalement avec un bail signé, puis a cessé de payer ou s'est maintenu après la fin du bail.

Les conséquences sont radicalement différentes. Le squatteur relève de la voie pénale (plainte) et de la procédure administrative du préfet, rapide et sans trêve hivernale. Le locataire défaillant relève de la procédure civile d'expulsion : commandement de payer (6 semaines ou 2 mois selon la date du bail), assignation, jugement, commandement de quitter les lieux de 2 mois, et application de la trêve hivernale.

Tenter la procédure « anti-squat » contre un locataire qui ne paie plus est voué à l'échec et vous fait perdre des mois. À l'inverse, traiter un vrai squatteur comme un locataire, en lançant une longue procédure judiciaire, vous prive de la voie rapide du préfet. Bien qualifier la situation dès le départ est donc la première décision à prendre.

Posez la bonne question d'abord

« Cette personne est-elle entrée avec un bail ? » Si oui, c'est un locataire : voie judiciaire d'expulsion. Si non, et qu'elle s'est introduite sans droit ni titre : c'est un squat, voie du préfet et plainte. Cette seule question oriente toute la procédure.

Ce que cette page ne remplace pas

Cette fiche fait le point sur l'état du droit anti-squat applicable en 2026, mais ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. La qualification du squat, du flagrant délit et le montage du dossier préfectoral dépendent de votre situation précise et de l'appréciation des autorités.

Pour agir efficacement face à une occupation illicite, le bon réflexe est de saisir immédiatement la police ou la gendarmerie, de faire dresser un constat par un commissaire de justice et de monter le dossier d'évacuation auprès du préfet. En cas de doute sur la qualification, consultez gratuitement l'ADIL de votre département. Ne tentez jamais de reprendre le logement par la force : ce serait une voie de fait pénalement répréhensible, même en tant que propriétaire.

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Questions fréquentes

Une nouvelle loi anti-squat a-t-elle été votée en 2026 ?+

Non. Il n'existe pas de nouvelle loi anti-squat datée de 2026. Le texte de référence reste la loi Kasbarian-Bergé n° 2023-668 du 27 juillet 2023, pleinement en vigueur. Des décrets récents (3 novembre 2025 sur l'indemnisation, 12 février 2026 sur les impayés aidés) la complètent, mais ne créent pas de nouvelle infraction de squat.

Quelles peines risque un squatteur en 2026 ?+

La violation de domicile (article 226-4 du Code pénal) est punie de 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende. L'occupation frauduleuse d'un autre local que le domicile (logement vacant, local commercial ou agricole), prévue à l'article 315-1, est punie de 2 ans et 30 000 €. La propagande de méthodes de squat est punie de 3 750 € d'amende.

Ma résidence secondaire est-elle protégée comme un domicile ?+

Oui. Depuis la loi de 2023, la notion de domicile au sens pénal couvre les résidences secondaires et occasionnelles meublées. Tout local d'habitation contenant vos meubles est considéré comme un domicile, même si vous n'y résidez pas en permanence : un squatteur y encourt les mêmes peines que dans une résidence principale.

Le préfet doit-il répondre en 48 heures ?+

Oui. Dans le cadre de l'article 38 de la loi DALO, une fois le dossier complet reçu (plainte, preuve de propriété ou de domicile, constat d'occupation), le préfet statue normalement dans un délai de 48 heures. S'il accepte, il met les occupants en demeure de partir ; il peut toutefois refuser pour un motif impérieux d'intérêt général.

La trêve hivernale protège-t-elle les squatteurs ?+

Non. La trêve hivernale (1er novembre au 31 mars) qui suspend les expulsions de locataires ne s'applique pas au squatteur d'un domicile. Un squatteur peut être évacué toute l'année, y compris en hiver, par la procédure du préfet ou en exécution d'un jugement. Attention : un locataire en place qui ne paie plus n'est pas un squatteur et bénéficie, lui, de la trêve.

Mon locataire qui ne paie plus est-il un squatteur ?+

Non. Un locataire entré régulièrement avec un bail, même devenu mauvais payeur ou qui se maintient après la fin du bail, n'est pas un squatteur au sens de la loi. La procédure anti-squat (plainte pour violation de domicile, évacuation par le préfet) ne fonctionne pas contre lui : il faut la procédure judiciaire d'expulsion (commandement de payer, assignation, jugement).

Puis-je changer la serrure ou couper l'eau d'un squat ?+

Non. Reprendre le logement par la force, expulser vous-même les occupants ou couper les fluides constitue une voie de fait pénalement répréhensible, même pour le propriétaire. Vous devez passer par la police (flagrant délit), le préfet (article 38 loi DALO) ou le juge. Vous faire justice vous-même peut se retourner contre vous.

Cette page remplace-t-elle un avocat ?+

Non. Cette fiche est une information générale à jour 2026, pas un conseil juridique personnalisé. Chaque situation de squat a ses particularités. Pour sécuriser votre dossier, faites-vous accompagner par un commissaire de justice et, si besoin, un avocat, ou consultez gratuitement l'ADIL de votre département.

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Sources officielles

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Chaque guide est rédigé puis recoupé à partir de sources publiques officielles: nous citons les textes applicables et indiquons la date de mise à jour pour que vous puissiez vérifier l'information à la source.

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  • Mise à jour datée : cette page a été vérifiée le 6 juin 2026. La réglementation et les montants évoluent ; en cas de doute, confrontez toujours l'information à la source officielle citée.
  • Information générale, pas un conseil juridique individualisé : ce contenu a une vocation pédagogique. Il ne remplace pas l'analyse de votre situation par un professionnel du droit (avocat, commissaire de justice) ou par l'ADIL de votre département, qui informe gratuitement.

Rédigé par La rédaction de Serenibail Propriétaires bailleurs & rédacteurs spécialisés.

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