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Décès du locataire : sort du bail, loyers et récupération du logement

Mis à jour le 5 juin 2026 · Rédigé par La rédaction de Serenibail · 9 min de lecture · Sources officielles citées

Le décès d'un locataire est une situation délicate, sur le plan humain comme juridique. Selon que le logement est loué vide ou meublé, et selon les personnes qui vivaient avec le défunt, le bail peut être transféré, continué par les héritiers ou résilié de plein droit. En attendant, le loyer reste dû par la succession. Voici, étape par étape, ce que le propriétaire bailleur peut et ne peut pas faire en 2026, avec les délais exacts issus des textes officiels. Ce guide d'information ne remplace pas l'avis d'un avocat, d'un notaire ou d'un commissaire de justice.

L'essentiel

  • Logement vide : le bail peut être transféré au conjoint, partenaire de PACS, descendant, ascendant, concubin notoire ou personne à charge vivant avec le locataire depuis au moins 1 an (loi du 6 juillet 1989, art. 14). À défaut de bénéficiaire, le bail est résilié de plein droit par le décès.
  • Logement meublé : l'article 14 ne s'applique pas (il ne figure pas dans la liste de l'article 25-3 de la loi de 1989). C'est le droit commun qui joue : le bail n'est pas résolu par la mort du preneur (Code civil, art. 1742) et se transmet aux héritiers, qui peuvent le poursuivre ou y mettre fin.
  • Le loyer, les charges et l'indemnité d'occupation restent dus par la succession jusqu'à la remise des clés et l'état des lieux de sortie.
  • Le bailleur ne peut jamais entrer seul dans le logement ni le vider : ce serait une violation de domicile. Sans héritier, il faut faire désigner un curateur à la succession vacante.
  • Le dépôt de garantie est restitué aux ayants droit dans le cadre de la succession (1 mois sans retenue, 2 mois avec retenues justifiées, majoration de 10 % du loyer mensuel par mois de retard).

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Les étapes, dans l'ordre

  1. 1

    Obtenir l'acte de décès et identifier la situation

    Dès connaissance du décès

    Dès que vous êtes informé du décès, demandez une copie de l'acte de décès à la famille ou à la mairie. Déterminez si le logement est vide ou meublé, et si des personnes vivaient avec le locataire : c'est ce qui décidera du sort du bail.

  2. 2

    Vérifier un éventuel transfert ou la continuation du bail

    Dans les jours suivant le décès

    Logement vide : vérifiez si un proche remplit les conditions de l'article 14 (conjoint, PACS, ou cohabitant depuis 1 an). Logement meublé : l'article 14 ne s'applique pas ; identifiez les héritiers, à qui le bail se transmet (article 1742 du Code civil). À défaut de bénéficiaire en location vide, le bail est résilié de plein droit.

  3. 3

    Identifier l'interlocuteur de la succession

    Sous quelques semaines

    Contactez la famille pour connaître le notaire chargé de la succession. C'est avec lui (ou avec les héritiers acceptants) que vous traiterez le règlement des loyers, l'état des lieux et la restitution du dépôt de garantie.

  4. 4

    Réclamer les loyers et l'indemnité d'occupation

    En continu jusqu'à libération

    Adressez votre décompte (loyers, charges, indemnité d'occupation jusqu'à remise des clés) au notaire ou aux héritiers, pièces justificatives à l'appui. Ces sommes sont une dette de la succession.

  5. 5

    Organiser la remise des clés et l'état des lieux

    À la libération du logement

    Lorsque le bénéficiaire ou les héritiers libèrent le logement, réalisez un état des lieux de sortie contradictoire et récupérez les clés. N'entrez jamais seul dans le logement avant cette étape.

  6. 6

    En l'absence d'héritier : saisir le tribunal et le Domaine

    Après absence de réponse

    Si personne ne se manifeste ou si tous les héritiers renoncent, saisissez le tribunal judiciaire pour faire désigner un curateur à la succession vacante (service du Domaine / DNID), articles 809 et suivants du Code civil. À noter : un héritier ne peut être sommé d'opter qu'après un délai de 4 mois suivant l'ouverture de la succession.

  7. 7

    Restituer le dépôt de garantie

    1 à 2 mois après remise des clés

    Après l'état des lieux de sortie, restituez le dépôt aux ayants droit (souvent via le notaire) : 1 mois sans retenue, 2 mois avec retenues justifiées, majoration de 10 % du loyer mensuel par période mensuelle commencée en retard.

La première question : logement vide ou meublé ?

Le sort du bail au décès du locataire dépend d'abord du type de location. Les règles ne sont pas les mêmes pour un logement loué vide (nu) et pour un logement loué meublé. C'est la distinction qu'il faut trancher avant toute autre démarche.

Pour une location vide, c'est l'article 14 de la loi du 6 juillet 1989 qui s'applique. Le principe est le suivant : si une personne proche vivait avec le locataire, le bail peut lui être transféré ; sinon, le bail est résilié de plein droit par le décès, sans qu'aucune des deux parties n'ait à donner congé.

Pour une location meublée, l'article 14 ne s'applique pas : il ne figure pas dans la liste des articles du titre Ier rendus applicables aux meublés par l'article 25-3 de la même loi. C'est donc le droit commun du bail qui prend le relais, et notamment l'article 1742 du Code civil : le contrat de louage n'est pas résolu par la mort du preneur, et se transmet aux héritiers.

Ne signez jamais un nouveau bail et ne reprenez jamais les clés tant que vous n'avez pas identifié un interlocuteur légitime (bénéficiaire du transfert, héritier ou curateur). Agir trop vite expose à de lourdes conséquences.

Logement vide : transfert ou résiliation du bail

Dans un logement loué vide, l'article 14 de la loi du 6 juillet 1989 prévoit que le bail peut être transféré, au jour du décès, à certaines personnes proches du locataire.

Le conjoint survivant et le partenaire lié par un PACS bénéficient du transfert, sans condition de durée de cohabitation. Lorsque le couple était marié, le conjoint est en réalité déjà cotitulaire du bail de droit (article 1751 du Code civil) et le reste après le décès. Les descendants, les ascendants, le concubin notoire et les personnes à charge en bénéficient à condition d'avoir vécu avec le locataire depuis au moins un an à la date du décès.

En cas de demandes concurrentes entre plusieurs bénéficiaires possibles, c'est le juge qui tranche, en fonction des intérêts en présence. Et si personne ne remplit ces conditions, ou si les personnes concernées ne souhaitent pas reprendre le bail, le contrat est résilié de plein droit par le décès du locataire : le logement doit alors être libéré.

  • Conjoint marié : cotitulaire du bail de droit (art. 1751 du Code civil), il reste locataire.
  • Partenaire de PACS : transfert sans condition de durée.
  • Descendants, ascendants, concubin notoire, personnes à charge : transfert si cohabitation d'au moins 1 an avant le décès.
  • Aucun bénéficiaire : résiliation de plein droit, sans préavis ni indemnité de résiliation.

Logement meublé : le bail continue avec les héritiers

En location meublée, l'article 14 de la loi de 1989 ne s'applique pas : il n'est pas visé par l'article 25-3, qui énumère limitativement les dispositions du titre Ier applicables aux meublés. La situation relève donc du droit commun du bail, et plus précisément de l'article 1742 du Code civil, selon lequel le contrat de louage n'est pas résolu par la mort du preneur. Le bail se poursuit et est transmis aux héritiers du locataire.

Concrètement, les héritiers qui acceptent la succession deviennent locataires. S'ils souhaitent occuper le logement, ils peuvent continuer le bail aux conditions initiales. S'ils ne le souhaitent pas, ils doivent le résilier en bonne et due forme, par lettre de congé. En matière de location meublée, le préavis du locataire est en principe d'un mois ; sa mise en œuvre par les héritiers peut toutefois soulever des questions au cas par cas, qu'il est prudent de faire vérifier.

Jusqu'à la résiliation effective et la remise des clés, les loyers et les charges continuent de courir et restent dus.

Qui paie le loyer après le décès ?

Le décès ne fait pas disparaître les dettes locatives. Les loyers et charges échus avant le décès, comme ceux qui courent après, constituent une dette de la succession du défunt.

Si des héritiers acceptent la succession, ils sont tenus de régler les sommes dues : loyers et charges en retard, mais aussi une indemnité d'occupation tant que le logement n'est pas rendu (clés remises et état des lieux de sortie réalisé). Cette indemnité correspond, en pratique, au montant du loyer et des charges, pour compenser l'impossibilité de relouer.

Si une caution (garant) avait été donnée, son engagement couvre en principe les dettes nées avant le décès. Pour les dettes postérieures, l'étendue de l'engagement dépend des termes de l'acte de cautionnement : c'est un point technique qui mérite l'analyse d'un professionnel.

Si tous les héritiers renoncent à la succession, ils sont réputés n'avoir jamais été héritiers et ne sont pas tenus des dettes (hors frais d'obsèques dans certaines limites). Le bailleur doit alors se tourner vers la succession vacante.

Conservez tous les justificatifs (quittances, état des lieux d'entrée, contrat, courriers) : ils seront indispensables pour faire valoir votre créance auprès du notaire ou du curateur de la succession.

Récupérer le logement : ce que vous pouvez (et ne pouvez pas) faire

La règle d'or est absolue : le bailleur ne peut jamais entrer seul dans le logement, changer la serrure ou en sortir les meubles, même si le loyer n'est plus payé et même si le logement semble vide. Ce serait une violation de domicile et une appropriation illégale des biens du défunt, lourdement sanctionnées.

Quand un bénéficiaire reprend le bail (logement vide) ou que les héritiers continuent ou résilient le bail (meublé ou succession acceptée), le logement vous est rendu par une remise des clés et un état des lieux de sortie contradictoire, comme pour un départ classique.

Lorsque personne ne se manifeste ou que tous les héritiers ont renoncé, vous ne pouvez pas reprendre les lieux de votre propre initiative. Il faut faire désigner un curateur à la succession vacante : selon les articles 809 et suivants du Code civil, le juge confie la curatelle de la succession au service du Domaine (Direction nationale d'interventions domaniales, DNID). Ce curateur devient alors votre interlocuteur officiel pour organiser l'inventaire, vider le logement et vous restituer les clés.

La désignation d'un curateur à la succession vacante peut prendre plusieurs mois. Plus vous saisissez tôt le tribunal et le service du Domaine, plus vite vous récupérerez votre logement.

Le dépôt de garantie au décès du locataire

Le dépôt de garantie versé par le locataire entre dans son patrimoine et donc dans sa succession. Au décès, le droit à sa restitution se transmet aux ayants droit (héritiers) en application des règles successorales.

Le bailleur restitue le dépôt dans les délais habituels après la remise des clés et l'état des lieux de sortie : un mois si l'état des lieux de sortie est conforme à l'entrée, deux mois s'il y a des retenues justifiées (réparations, loyers ou charges impayés). À défaut de restitution dans ces délais, le dépôt est majoré d'une somme égale à 10 % du loyer mensuel en principal pour chaque période mensuelle commencée en retard (article 22 de la loi de 1989).

En pratique, le dépôt est souvent reversé au notaire chargé de la succession, qui l'intègre au règlement, ou directement à l'héritier acceptant désigné. Le bailleur peut conserver tout ou partie du dépôt pour couvrir les sommes restant dues (loyers, charges, dégradations), sous réserve de justificatifs.

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Questions fréquentes

Le bail est-il automatiquement résilié au décès du locataire ?+

Cela dépend du type de location. En logement vide, le bail est résilié de plein droit par le décès s'il n'existe aucun bénéficiaire du transfert (conjoint, partenaire de PACS, ou proche cohabitant depuis au moins 1 an), selon l'article 14 de la loi du 6 juillet 1989. En logement meublé, l'article 14 ne s'applique pas : le bail n'est pas résolu par la mort du preneur (article 1742 du Code civil) et se transmet aux héritiers.

Qui doit payer le loyer après le décès du locataire ?+

Le loyer, les charges et, jusqu'à la remise des clés, une indemnité d'occupation constituent une dette de la succession. Les héritiers qui acceptent la succession doivent les régler. S'ils renoncent tous, le bailleur doit se tourner vers la succession vacante (curateur du Domaine).

Puis-je récupérer les clés et vider le logement moi-même ?+

Non. Même si le loyer n'est plus payé, le bailleur ne peut jamais entrer seul dans le logement ni en sortir les biens : ce serait une violation de domicile. Il faut attendre la remise des clés par le bénéficiaire, les héritiers ou le curateur de la succession vacante.

Que faire si aucun héritier ne se manifeste ?+

Vous devez saisir le tribunal judiciaire pour faire désigner un curateur à la succession vacante. Le service du Domaine (Direction nationale d'interventions domaniales) est alors chargé de gérer la succession, d'organiser l'inventaire et de vous restituer le logement, en application des articles 809 et suivants du Code civil.

Le conjoint ou le partenaire de PACS peut-il rester dans le logement ?+

Oui, en location vide. Le conjoint marié est cotitulaire du bail (article 1751 du Code civil) et le reste après le décès. Le partenaire de PACS bénéficie du transfert du bail, sans condition de durée de cohabitation. Le concubin notoire en bénéficie s'il vivait avec le locataire depuis au moins 1 an.

Combien de temps les héritiers ont-ils pour accepter ou refuser la succession ?+

Personne ne peut les forcer à choisir pendant un délai de 4 mois après l'ouverture de la succession. Au-delà, un créancier (dont le bailleur) peut les sommer de se prononcer : ils disposent alors de 2 mois pour décider ou demander un délai supplémentaire au juge. À défaut de sommation, l'option reste ouverte jusqu'à 10 ans, au terme desquels ils sont réputés avoir renoncé.

À qui restituer le dépôt de garantie ?+

Le droit à restitution se transmet aux héritiers. En pratique, le dépôt est versé au notaire chargé de la succession ou directement à l'héritier acceptant désigné. Les délais habituels s'appliquent : 1 mois sans retenue, 2 mois avec retenues justifiées, et une majoration de 10 % du loyer mensuel par mois entamé de retard.

La caution (le garant) doit-elle payer les loyers après le décès ?+

La caution couvre en principe les dettes nées avant le décès. Pour les loyers postérieurs, l'étendue de son engagement dépend des termes exacts de l'acte de cautionnement. C'est un point technique : faites-le analyser par un professionnel avant d'engager une action contre le garant.

Le meublé et le logement vide suivent-ils les mêmes règles ?+

Non. Le logement vide relève de l'article 14 de la loi de 1989 (transfert possible, sinon résiliation de plein droit). Pour le meublé, l'article 14 n'est pas applicable : le bail se transmet aux héritiers en application du droit commun (article 1742 du Code civil), qui peuvent le poursuivre ou y mettre fin.

Sources officielles

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Information générale, pas un conseil juridique personnalisé. Ce contenu s'appuie sur des sources officielles à jour, mais chaque situation est particulière. Pour un litige complexe ou des montants élevés, faites-vous accompagner par un avocat ou un commissaire de justice.