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État des lieux de sortie : déroulé, vétusté, retenues et litiges

Mis à jour le 5 juin 2026 · Rédigé par La rédaction de Serenibail · 10 min de lecture · Sources officielles citées

L'état des lieux de sortie est la pièce maîtresse de la fin de bail : c'est lui, comparé à l'état des lieux d'entrée, qui détermine ce que vous pouvez légitimement retenir sur le dépôt de garantie. Mal fait ou contesté, il devient une source de litige et de pénalités. Ce guide pratique 2026 détaille le déroulé, la frontière entre vétusté et dégradations, les retenues autorisées, les délais de restitution et les recours. Il ne remplace pas l'avis d'un avocat ou d'un commissaire de justice sur votre situation précise.

L'essentiel

  • L'état des lieux de sortie est contradictoire : il se compare ligne à ligne à celui d'entrée pour identifier les dégradations imputables au locataire.
  • La vétusté (usure normale liée au temps et à un usage conforme) n'est jamais à la charge du locataire ; seules les dégradations le sont (art. 7 d de la loi du 6 juillet 1989).
  • Le dépôt de garantie se restitue sous 1 mois maximum si l'état des lieux est conforme, 2 mois maximum en cas de retenues justifiées, à compter de la remise des clés.
  • Tout retard fait courir une majoration de 10 % du loyer mensuel hors charges par mois commencé, sauf si le locataire n'a pas laissé sa nouvelle adresse (art. 22 de la loi du 6 juillet 1989).
  • En cas de désaccord, l'état des lieux peut être fait par commissaire de justice à frais partagés par moitié (préavis 7 jours), puis conciliation et juge des contentieux de la protection.

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Les étapes, dans l'ordre

  1. 1

    Préparer la comparaison avec l'état des lieux d'entrée

    Avant la remise des clés

    Avant le rendez-vous, ressortez l'état des lieux d'entrée et ses photos. Préparez une grille pièce par pièce et, si elle existe, la grille de vétusté annexée au bail. C'est votre référence pour distinguer usure normale et dégradations.

  2. 2

    Réaliser l'état des lieux de sortie contradictoire

    Jour de la remise des clés

    Le jour J, parcourez le logement avec le locataire, poste par poste. Relevez les compteurs, prenez des photos datées, consignez chaque écart par rapport à l'entrée et signez le document en deux exemplaires. Notez par écrit tout désaccord éventuel.

  3. 3

    Recourir au commissaire de justice en cas de blocage

    Préavis de 7 jours

    En cas de refus, d'absence ou de désaccord profond, faites établir l'état des lieux par un commissaire de justice. Il convoque les parties par lettre recommandée avec accusé de réception au moins 7 jours à l'avance ; les frais sont partagés par moitié.

  4. 4

    Établir le décompte des retenues

    Sous 1 à 2 mois après la remise des clés

    Chiffrez les dégradations imputables après déduction de la vétusté, en vous appuyant sur devis et factures. Rédigez un décompte détaillé poste par poste, justificatifs à l'appui. N'incluez aucune somme liée à l'usure normale.

  5. 5

    Restituer le dépôt de garantie dans les délais

    1 mois (conforme) ou 2 mois (avec retenues)

    Restituez le dépôt (ou son solde) au locataire : 1 mois si l'état des lieux est conforme, 2 mois en cas de retenues justifiées, à compter de la remise des clés. Joignez le décompte et les justificatifs. Tout retard génère une majoration de 10 % du loyer mensuel hors charges par mois commencé.

  6. 6

    Gérer le litige par l'amiable puis le juge

    Action en restitution prescrite par 3 ans

    Si le locataire conteste, échangez par courrier recommandé motivé. À défaut d'accord, saisissez la commission départementale de conciliation (tentative amiable préalable obligatoire pour les litiges ≤ 5 000 €), puis le juge des contentieux de la protection si nécessaire.

À quoi sert l'état des lieux de sortie

L'état des lieux de sortie décrit précisément l'état du logement et de ses équipements au moment où le locataire restitue les clés. Établi par écrit, en autant d'exemplaires que de parties, il est joint au bail et fait partie des documents de la location (article 3-2 de la loi du 6 juillet 1989).

Son rôle est de servir de point de comparaison avec l'état des lieux d'entrée. C'est uniquement cette comparaison qui permet d'établir si des dégradations sont survenues pendant la location et si elles sont imputables au locataire. Sans état des lieux d'entrée et de sortie réguliers, et sauf si une partie a fait obstacle à leur établissement, le logement est présumé avoir été rendu en bon état : vous ne pouvez alors en principe retenir aucune somme pour dégradations sur le dépôt de garantie (article 1731 du Code civil).

Il doit être daté, décrire chaque pièce et chaque équipement, mentionner les relevés de compteurs et être signé par les deux parties. Un état des lieux flou ("bon état général") affaiblit votre position : plus il est détaillé et illustré de photos, mieux il protège bailleur comme locataire.

Le document d'entrée est votre référence

Conservez précieusement l'état des lieux d'entrée et ses photos. Sans lui, vous ne pourrez pas prouver une dégradation et la restitution intégrale du dépôt de garantie s'imposera.

Comment se déroule l'état des lieux de sortie

L'état des lieux de sortie est par nature contradictoire : il se fait en présence du bailleur (ou de son mandataire) et du locataire, ou de leurs représentants. Chacun examine le logement et consigne ses observations. Le document n'est valable que signé par les deux parties.

Dans la pratique, vous parcourez le logement pièce par pièce en reprenant l'état des lieux d'entrée comme grille de lecture : sols, murs, plafonds, menuiseries, sanitaires, cuisine, équipements et électroménager le cas échéant. Pour chaque poste, vous comparez l'état constaté à l'entrée et à la sortie. Les compteurs (eau, électricité, gaz) sont relevés, et la remise des clés est actée.

Le logement doit être rendu propre et vide des affaires du locataire. Un nettoyage insuffisant ou un manquement à l'entretien courant peut justifier une retenue, à condition de le documenter clairement.

Pas de signature "sous réserve" à la légère

Une fois l'état des lieux signé sans réserve, il est difficile à contester. Si un désaccord persiste, notez-le par écrit sur le document plutôt que de signer purement et simplement.

Vétusté ou dégradation : la frontière à ne pas franchir

C'est le point de friction le plus fréquent. La vétusté correspond à l'usure normale du logement et de ses équipements liée au temps et à un usage conforme. Elle n'est jamais à la charge du locataire : le bailleur ne peut pas lui imputer une moquette défraîchie après dix ans, une peinture jaunie ou un joint de salle de bain naturellement vieilli (article 7 d de la loi du 6 juillet 1989).

La dégradation, à l'inverse, résulte d'une négligence, d'un mauvais usage, d'un défaut d'entretien ou d'un acte volontaire : une porte enfoncée, une vitre cassée, des trous nombreux non rebouchés, des dégâts sur un sol récent, un équipement détruit. Ces réparations relèvent du locataire.

Pour objectiver la part de vétusté, une grille de vétusté peut être annexée au bail (possibilité ouverte par la loi ALUR de 2014). Issue d'un accord collectif de location, elle fixe une durée de vie théorique des équipements et des coefficients d'abattement annuels. Si une grille s'applique, la somme imputable au locataire est réduite de l'usure correspondant à l'ancienneté de l'équipement. En l'absence de grille, le juge apprécie au cas par cas.

Annexez une grille de vétusté au bail

Une grille de vétusté évite la plupart des litiges : elle chiffre à l'avance l'abattement pour usure, ce qui rend vos retenues plus transparentes et plus difficiles à contester par le locataire.

Quelles retenues sur le dépôt de garantie

Le dépôt de garantie ne peut être amputé que de sommes réelles, justifiées et imputables au locataire. Trois grandes catégories sont admises : les loyers et charges impayés, le coût des dégradations locatives (déduction faite de la vétusté) et les réparations locatives non effectuées.

Chaque retenue doit être appuyée par des justificatifs : devis, factures, photos de l'état des lieux d'entrée et de sortie. Une retenue forfaitaire ou non documentée est abusive et expose le bailleur à devoir restituer les sommes, voire à une condamnation.

Pour les charges, lorsque le logement est en copropriété, le bailleur peut conserver une provision dans l'attente de l'arrêté annuel des comptes de l'immeuble. Cette provision est plafonnée à 20 % du montant du dépôt de garantie ; la régularisation intervient ensuite, au plus tard un mois après l'approbation des comptes de l'immeuble.

Des justificatifs, toujours

Devis, facture, photos datées de l'entrée et de la sortie : sans preuve, la retenue est annulable. Le "à mon avis ça vaut tant" ne tient pas devant le juge.

Délais de restitution et pénalités de retard

Le délai de restitution du dépôt de garantie dépend de la conformité des deux états des lieux. Si l'état des lieux de sortie est conforme à celui d'entrée (aucune dégradation imputable), le dépôt est restitué dans un délai maximal d'un mois à compter de la remise des clés.

Si l'état des lieux de sortie révèle des dégradations à la charge du locataire, le délai est porté à deux mois maximum à compter de la remise des clés. Vous restituez alors le solde, accompagné du décompte détaillé et des justificatifs des retenues.

Le point de départ est la remise des clés, en main propre ou par lettre recommandée. Passé le délai, le solde dû au locataire est majoré de 10 % du loyer mensuel hors charges pour chaque mois de retard commencé (article 22 de la loi du 6 juillet 1989). Cette pénalité ne s'applique pas si le retard est dû au fait que le locataire n'a pas communiqué sa nouvelle adresse lors de la remise des clés.

1 mois ou 2 mois, pas plus

Le compteur démarre à la remise des clés. Au-delà, 10 % du loyer mensuel hors charges par mois entamé s'ajoutent automatiquement à ce que vous devez.

Désaccord et litige : les recours

Si les parties ne parviennent pas à s'entendre le jour de l'état des lieux (refus ou absence de l'une d'elles, désaccord sur l'état du logement), l'état des lieux peut être établi par un commissaire de justice. Il est réalisé à l'initiative de la partie la plus diligente, à frais partagés par moitié entre bailleur et locataire, à un coût fixé par décret. Le commissaire de justice prévient les parties par lettre recommandée avec accusé de réception au moins 7 jours à l'avance.

À titre indicatif, le tarif réglementé du constat locatif en métropole est de l'ordre de 132,82 € pour un logement jusqu'à 50 m², 154,74 € de 50 à 150 m² et 232,12 € au-delà, auxquels s'ajoutent des frais de convocation et de déplacement. Ces montants étant fixés par arrêté, vérifiez le tarif en vigueur au moment de votre constat.

En cas de litige sur les retenues ou la restitution, la première étape est amiable : courrier recommandé motivé, puis saisine de la commission départementale de conciliation (CDC), gratuite. Pour les litiges d'un montant inférieur ou égal à 5 000 €, une tentative de résolution amiable préalable (conciliation notamment) est en principe obligatoire avant de saisir le juge, sous peine d'irrecevabilité. À défaut d'accord, le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire peut être saisi. L'action en restitution du dépôt de garantie se prescrit par 3 ans (article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989).

Tentez toujours l'amiable d'abord

Un courrier recommandé clair avec décompte et justificatifs résout beaucoup de litiges. La commission départementale de conciliation est gratuite et souvent plus rapide qu'un procès.

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Questions fréquentes

Le locataire peut-il refuser de signer l'état des lieux de sortie ?+

Oui, mais cela ne bloque pas la procédure. En cas de refus, d'absence ou de désaccord, l'état des lieux peut être établi par un commissaire de justice à l'initiative de la partie la plus diligente, à frais partagés par moitié et avec un préavis de 7 jours par lettre recommandée avec accusé de réception. Le document garde alors toute sa valeur probante.

Que se passe-t-il s'il n'y a pas eu d'état des lieux d'entrée ?+

Sans état des lieux d'entrée (et sauf si une partie a fait obstacle à son établissement), le logement est présumé avoir été reçu en bon état au sens de l'article 1731 du Code civil. Vous ne pouvez alors pas imputer de dégradations au locataire ni retenir de somme à ce titre sur le dépôt de garantie, sauf preuve contraire. D'où l'importance d'un état des lieux d'entrée précis et signé.

Une moquette usée ou une peinture défraîchie sont-elles à la charge du locataire ?+

Non, s'il s'agit d'usure normale liée au temps et à un usage conforme. La vétusté n'est jamais imputable au locataire (article 7 d de la loi du 6 juillet 1989). Seules les dégradations résultant d'une négligence, d'un mauvais usage ou d'un défaut d'entretien lui incombent, déduction faite de la vétusté.

Dans quel délai dois-je restituer le dépôt de garantie ?+

Un mois maximum à compter de la remise des clés si l'état des lieux de sortie est conforme à celui d'entrée, et deux mois maximum en cas de retenues justifiées par des dégradations. Au-delà, le solde dû est majoré de 10 % du loyer mensuel hors charges par mois de retard commencé, sauf si le locataire ne vous a pas laissé sa nouvelle adresse lors de la remise des clés.

Puis-je garder une partie du dépôt pour la régularisation des charges ?+

Oui, lorsque le logement est en copropriété, vous pouvez conserver une provision dans l'attente de l'arrêté annuel des comptes de l'immeuble. Cette provision, justifiée par des documents, est plafonnée à 20 % du dépôt de garantie. La régularisation et la restitution du solde interviennent ensuite, au plus tard un mois après l'approbation des comptes de l'immeuble.

Quels justificatifs dois-je fournir pour une retenue ?+

Chaque retenue doit être appuyée par des preuves : état des lieux d'entrée et de sortie, photos datées, devis et factures des réparations. Un décompte détaillé poste par poste doit accompagner la restitution du solde. Une retenue forfaitaire ou non justifiée est abusive et peut être annulée par le juge.

Le locataire conteste mes retenues : quels recours ?+

Privilégiez d'abord l'amiable par courrier recommandé motivé avec décompte et justificatifs. En cas de désaccord persistant, la commission départementale de conciliation peut être saisie gratuitement ; une tentative de résolution amiable préalable est en principe obligatoire pour les litiges d'un montant inférieur ou égal à 5 000 €. À défaut, le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire peut être saisi, l'action en restitution se prescrivant par 3 ans.

Combien coûte un état des lieux par commissaire de justice ?+

Le tarif est réglementé par décret et partagé par moitié entre bailleur et locataire. À titre indicatif en métropole, le constat locatif est de l'ordre de 132,82 € jusqu'à 50 m², 154,74 € de 50 à 150 m² et 232,12 € au-delà, hors frais de convocation et de déplacement. Vérifiez le tarif en vigueur au moment du constat, fixé par arrêté.

La grille de vétusté est-elle obligatoire ?+

Non, elle n'est pas obligatoire, mais fortement recommandée. Depuis la loi ALUR de 2014, le locataire peut demander qu'une grille de vétusté issue d'un accord collectif soit annexée au bail. Elle fixe un abattement pour usure selon l'ancienneté des équipements et rend le calcul des retenues plus transparent, ce qui prévient une grande part des litiges.

Sources officielles

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Information générale, pas un conseil juridique personnalisé. Ce contenu s'appuie sur des sources officielles à jour, mais chaque situation est particulière. Pour un litige complexe ou des montants élevés, faites-vous accompagner par un avocat ou un commissaire de justice.