Le décompte locatif : à quoi ça sert et comment le faire correctement
Mis à jour le 5 juin 2026 · Rédigé par La rédaction de Serenibail · 10 min de lecture · Sources officielles citées
Quand un locataire ne paie plus, ou quand vient le moment de solder le bail, vous avez besoin d'un document clair qui dit, noir sur blanc, qui doit quoi à qui. C'est le décompte locatif. Loin d'être une simple formalité, c'est la colonne vertébrale de toute démarche, amiable ou judiciaire : sans un décompte précis, daté et justifié, un commandement de payer peut être fragilisé, un juge peut hésiter, et le recouvrement traîne. Bonne nouvelle : vous pouvez le préparer vous-même, et notre calculateur gratuit le fait à votre place en quelques minutes. Ce guide vous explique calmement ce qu'est un décompte locatif, ce qu'il doit contenir, comment le calculer sans vous tromper, et comment vous en servir à chaque étape.
L'essentiel
- →Le décompte locatif est le récapitulatif chiffré, daté et justifié de toutes les sommes dues par le locataire : loyers, charges, accessoires, déduction faite des paiements reçus.
- →Il sert à toutes les étapes : relance amiable, mise en demeure, commandement de payer, audience devant le juge, puis recouvrement (saisie sur salaire).
- →Pour un commandement de payer, c'est le commissaire de justice qui intègre le décompte détaillé dans l'acte ; le délai légal minimal pour payer est de 6 semaines pour les baux signés depuis le 29 juillet 2023.
- →Tenez-le à jour à chaque échéance et conservez tous les justificatifs (bail, quittances, relevés de charges) : un décompte actualisé est exigé pour obtenir et exécuter un titre.
- →Notre calculateur de décompte locatif gratuit le génère pour vous, prêt à transmettre à un commissaire de justice.
Gagnez du temps : le Dossier impayé complet, prêt à envoyer
Mise en demeure + courrier CAF + décompte + relance + checklist + dossier PDF — 49 €
Les étapes, dans l'ordre
- 1
Réunissez vos pièces
Dès le 1er retard
Rassemblez le bail (date, loyer, charges), les avis d'échéance, les preuves de paiement reçues, les relevés de charges et, si aide au logement en tiers payant, l'attestation CAF. Sans ces pièces, votre décompte n'est pas justifiable.
- 2
Établissez le décompte chiffré
Immédiat
Listez mois par mois ce qui était dû (loyer + charges + accessoires) et imputez chaque paiement reçu, y compris les aides au logement. Datez le document. Notre calculateur gratuit le génère proprement pour éviter toute erreur d'imputation.
- 3
Joignez-le à votre relance puis à la mise en demeure
Sous 8 à 15 jours
Adressez une relance amiable, puis une mise en demeure par lettre recommandée avec le décompte en pièce jointe. Un montant précis et justifié rend votre demande incontestable.
- 4
Signalez l'impayé à la CAF si aide au logement
Dans les 2 mois de l'impayé
Si le locataire perçoit une aide au logement (APL, ALF ou ALS), signalez l'impayé à la CAF. L'impayé est caractérisé lorsque la dette atteint l'équivalent de 2 mois de loyer : 2 mois de loyer net (hors aide) si l'aide vous est versée en tiers payant, 2 mois de loyer brut (aide comprise) si elle est versée au locataire. Transmettez le décompte à l'appui.
- 5
Faites délivrer un commandement de payer
6 semaines pour payer
Mandatez un commissaire de justice : il signifie le commandement de payer visant la clause résolutoire, intègre le décompte détaillé et l'article 24 de la loi de 1989. Le locataire a 6 semaines pour payer (baux signés depuis le 29/07/2023 ; 2 mois pour les baux antérieurs dont la clause prévoit ce délai).
- 6
Tentez la conciliation si la dette ≤ 5 000 €
Avant l'audience
Si le litige porte sur une somme inférieure ou égale à 5 000 €, une tentative de conciliation, de médiation ou de procédure participative est en principe obligatoire avant de saisir le juge (article 750-1 du Code de procédure civile), sauf motif légitime de dispense. Au-delà de 5 000 €, vous pouvez saisir directement le juge des contentieux de la protection.
- 7
Saisissez le juge des contentieux de la protection
Variable selon tribunal
Présentez votre décompte actualisé pour obtenir la résiliation du bail et la condamnation au paiement. Le décompte reste la pièce maîtresse de votre demande.
- 8
Actualisez le décompte pour le recouvrement
Après jugement
Avec un titre exécutoire, le commissaire de justice peut engager une saisie des rémunérations (procédure déjudiciarisée depuis le 1er juillet 2025). Un décompte actualisé (capital + intérêts + frais) est exigé.
Qu'est-ce qu'un décompte locatif, concrètement ?
Le décompte locatif est un tableau récapitulatif qui établit le solde de la relation locative à une date donnée. D'un côté, ce que le locataire vous doit : les loyers, les charges récupérables, et les sommes accessoires (par exemple une régularisation de charges ou une indemnité d'occupation après résiliation du bail). De l'autre, ce qu'il a réellement payé, y compris les éventuelles aides au logement versées directement entre vos mains (aide au logement en tiers payant). Le résultat, c'est la dette nette, claire et opposable.
Ce document n'a rien d'officiel ou d'imposé dans sa forme : aucun modèle légal unique ne s'impose. Mais sa qualité fait toute la différence. Un décompte flou, sans dates ni détail, n'inspire confiance ni au locataire, ni à un conciliateur, ni à un juge. À l'inverse, un décompte ligne par ligne, mois par mois, avec les paiements imputés au bon endroit, montre que votre demande est sérieuse et exacte.
Il ne faut pas le confondre avec d'autres documents : la quittance de loyer atteste d'un paiement reçu ; l'avis d'échéance réclame le loyer du mois ; la régularisation annuelle de charges ajuste les provisions au réel. Le décompte locatif, lui, fait la synthèse de tout cela sur une période et aboutit à un montant unique : la somme due.
L'idée à retenir
Ce que doit contenir un décompte locatif solide
Pour être utile en amiable comme en procédure, votre décompte doit permettre à n'importe qui de refaire le calcul sans vous appeler. Voici les éléments à y faire figurer.
Plus le décompte est détaillé, mieux il vous protège. Si l'affaire va devant le juge des contentieux de la protection (le magistrat compétent pour les litiges locatifs d'habitation), un décompte ventilé évite que le locataire conteste « en bloc » et permet au juge de vérifier chaque ligne.
- L'identité des parties : bailleur, locataire(s), et garant éventuel.
- L'adresse du logement et les références du bail (date de signature, durée, montant du loyer et des charges).
- Le détail mois par mois : loyer dû, charges dues, et le cas échéant les accessoires (régularisation de charges, indemnité d'occupation).
- Les paiements reçus, datés et imputés au bon mois (loyer partiel, virement, aide au logement en tiers payant).
- Le solde par période et le total général de la dette à une date précise.
- La date d'établissement du décompte (un décompte n'est jamais figé : il s'actualise à chaque échéance).
- Les références des justificatifs : bail, avis d'échéance, relevés de charges, attestation CAF si aide au logement en tiers payant.
Comment calculer le décompte sans se tromper
Le principe est une addition et une soustraction, mais le diable est dans l'imputation. La règle de bon sens : on additionne tout ce qui était dû sur la période (loyers + charges + accessoires), puis on soustrait tout ce qui a été réellement encaissé. Le résultat est la dette nette.
Trois pièges reviennent souvent. Premier piège : oublier les aides au logement. Si la CAF vous verse l'aide au logement en tiers payant, ces sommes sont des paiements reçus pour le compte du locataire : elles réduisent la dette et doivent figurer dans la colonne des paiements. Deuxième piège : mélanger loyer et charges. Tenez-les séparés, car la majoration de retard sur le dépôt de garantie, par exemple, se calcule sur le loyer hors charges. Troisième piège : la régularisation de charges. Tant que la régularisation annuelle n'est pas faite, vous ne réclamez que les provisions prévues au bail ; le complément éventuel n'entre dans le décompte qu'une fois la régularisation établie et justifiée.
Côté indemnité d'occupation : à partir du moment où le bail est résilié (par jeu de la clause résolutoire ou par décision de justice) mais que le locataire reste dans les lieux, il ne doit plus un « loyer » mais une indemnité d'occupation, généralement fixée au montant du loyer et des charges. Votre décompte doit alors basculer proprement du loyer vers l'indemnité d'occupation à la bonne date.
Pour éviter ces erreurs, et parce qu'un chiffre faux peut affaiblir tout votre dossier, le plus simple est d'utiliser notre calculateur de décompte locatif gratuit : vous saisissez le loyer, les charges, les dates et les paiements, il génère un décompte propre, daté et imputé, prêt à transmettre.
Un chiffre faux peut coûter cher
À quoi sert le décompte à chaque étape de la procédure
Le décompte vous suit du premier retard jusqu'au recouvrement final. Voici son rôle à chaque palier.
En phase amiable, il accompagne votre relance puis votre mise en demeure : il transforme un reproche vague (« vous ne payez plus ») en une demande chiffrée et incontestable. C'est aussi la pièce que vous présentez à la CAF pour signaler l'impayé, et au Fonds de solidarité pour le logement (FSL) si un dossier d'aide est monté.
Au stade du commandement de payer, c'est le commissaire de justice (l'ex-huissier) qui rédige et signifie l'acte : il y intègre le détail des sommes dues, vise la clause résolutoire du bail et l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989, et indique le délai pour payer. Votre décompte à jour est la base de travail qu'il utilise. Pour les baux signés depuis le 29 juillet 2023, le locataire dispose d'un délai légal minimal de 6 semaines pour régler ; pour les baux plus anciens dont la clause résolutoire prévoit l'ancien délai de 2 mois, ce délai de 2 mois reste applicable.
Devant le juge des contentieux de la protection, le décompte est la pièce maîtresse de votre demande de résiliation et de condamnation au paiement. À noter : pour les litiges portant sur une somme inférieure ou égale à 5 000 €, une tentative de conciliation, de médiation ou de procédure participative est en principe obligatoire avant de saisir le juge (article 750-1 du Code de procédure civile), sauf motif légitime de dispense ; au-delà de 5 000 €, vous pouvez saisir directement le juge.
Enfin, au stade du recouvrement, le décompte ne disparaît pas : pour engager une saisie des rémunérations (depuis le 1er juillet 2025, pilotée par le commissaire de justice sans nouvelle autorisation du juge), il faut un titre exécutoire accompagné d'un décompte actualisé des sommes dues (capital, intérêts et frais). Le décompte vit donc jusqu'au dernier euro recouvré.
Le délai-clé du commandement de payer
Décompte locatif et dépôt de garantie : ne pas confondre
Le décompte sert aussi en fin de bail, mais dans un autre registre : celui du dépôt de garantie. Quand le locataire part, vous établissez un décompte de sortie qui confronte le dépôt de garantie versé à l'entrée aux sommes éventuellement retenues (loyers ou charges restant dus, régularisation de charges, réparations imputables au locataire).
Attention à deux règles précises. D'abord les délais : vous devez restituer le dépôt dans un délai d'1 mois si l'état des lieux de sortie est conforme à celui d'entrée, et de 2 mois s'il révèle des dégradations. Ensuite la majoration : passé ce délai, le dépôt dû est majoré de 10 % du loyer mensuel hors charges pour chaque mois de retard commencé (article 22 de la loi du 6 juillet 1989).
Toute retenue doit être justifiée pièce par pièce : devis ou factures pour les réparations, décompte de charges pour la régularisation. Et il faut distinguer la vétusté ou l'usure normale (à votre charge) des dégradations imputables au locataire (retenues possibles). Un décompte de sortie clair, chiffré et justifié, est votre meilleure protection en cas de litige.
Distinction à respecter
Le dossier complet, prêt à l'emploi
Dossier impayé complet — 49 €
Vous savez maintenant quoi faire. Le dossier vous donne les documents déjà rédigés et dans le bon ordre pour ne rien rater et ne pas perdre des semaines (chaque erreur coûte cher).
- Mise en demeure (modèle LRAR)
- Courrier de signalement CAF
- Décompte locatif détaillé
- Relance + plan d'apurement
- Checklist délais à respecter
- Dossier PDF pour commissaire/avocat
Accès immédiat · satisfait ou remboursé 14 jours
Questions fréquentes
Le décompte locatif est-il un document obligatoire ?+
Aucune forme légale unique ne s'impose pour le décompte en lui-même. Mais dans les faits, il est indispensable : un commandement de payer doit détailler les sommes dues, et un juge ou un commissaire de justice a besoin d'un décompte précis pour agir. C'est aussi le décompte actualisé qui sert de base à une saisie des rémunérations. Sans lui, vous ne pouvez ni réclamer clairement, ni recouvrer efficacement.
Qui établit le décompte : moi ou le commissaire de justice ?+
Vous pouvez parfaitement l'établir vous-même, et c'est même recommandé pour préparer votre dossier : vous connaissez les loyers, les paiements et les aides reçues. Le commissaire de justice s'appuiera sur vos chiffres pour rédiger le commandement de payer, en y intégrant le détail des sommes dues. Plus votre décompte de départ est propre, plus l'acte sera solide. Notre calculateur gratuit vous aide à le produire.
Dois-je inclure les aides au logement versées directement par la CAF ?+
Oui. Quand l'aide au logement (APL, ALF ou ALS) est versée en tiers payant, c'est-à-dire directement entre vos mains, elle constitue un paiement reçu pour le compte du locataire. Vous devez la porter dans la colonne des paiements, ce qui réduit d'autant la dette. L'oublier surévalue le montant réclamé et expose votre décompte à une contestation.
Quelle différence entre loyer et indemnité d'occupation dans le décompte ?+
Tant que le bail est en vigueur, le locataire doit un loyer. Une fois le bail résilié (par jeu de la clause résolutoire ou par décision de justice) alors qu'il reste dans les lieux, il ne doit plus un loyer mais une indemnité d'occupation, généralement égale au loyer et aux charges. Votre décompte doit basculer du loyer vers l'indemnité d'occupation à la date exacte de résiliation.
Comment compter les charges dans le décompte ?+
Tant que la régularisation annuelle n'est pas faite, vous ne réclamez que les provisions de charges prévues au bail. Un complément éventuel ne s'ajoute au décompte qu'une fois la régularisation établie et justifiée par les relevés. Gardez toujours le loyer et les charges sur des lignes distinctes : certaines règles, comme la majoration de retard du dépôt de garantie, se calculent sur le loyer hors charges.
Le décompte sert-il aussi pour le dépôt de garantie en fin de bail ?+
Oui, mais c'est un décompte de sortie distinct. Il confronte le dépôt versé aux sommes retenues (impayés, régularisation de charges, dégradations imputables justifiées par devis ou factures). Restitution sous 1 mois si l'état des lieux de sortie est conforme, 2 mois en cas de dégradations. Au-delà, une majoration de 10 % du loyer mensuel hors charges par mois de retard commencé s'applique (article 22 de la loi du 6 juillet 1989).
Quel délai a le locataire pour payer après un commandement de payer ?+
Pour les baux signés depuis le 29 juillet 2023, le locataire dispose d'un délai légal minimal de 6 semaines pour régler les sommes dues après la signification du commandement de payer par le commissaire de justice. Pour les baux signés avant et dont la clause résolutoire prévoit l'ancien délai, le délai de 2 mois reste applicable. Passé ce délai sans paiement, la clause résolutoire peut jouer et vous pouvez engager la suite de la procédure.
Faut-il un avocat pour faire un décompte locatif ?+
Non, pour établir le décompte lui-même, vous n'avez besoin de personne : c'est un calcul que vous pouvez faire, et notre outil le facilite. En revanche, dès que vous entrez en procédure (commandement de payer, audience, saisie), le commissaire de justice est incontournable, et un avocat peut sécuriser votre dossier. Ce guide est une information générale et ne remplace ni un avocat, ni un commissaire de justice.
Sources officielles
- Service-public.fr — Loyers impayés et expulsion du locataire (fiche F31272)
- Service-public.fr — L'APL est-elle maintenue en cas de loyers impayés ? (fiche F32037)
- Service-public.fr — Dépôt de garantie dans un bail d'habitation (fiche F31269)
- Légifrance — Article 22, loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 (dépôt de garantie)
- Légifrance — Article 24, loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 (clause résolutoire et commandement de payer)
- Légifrance — Loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023 (loi Kasbarian-Bergé)
- Légifrance — Article 750-1 du Code de procédure civile (tentative amiable préalable)
- ANIL — Restitution du dépôt de garantie : quels sont les délais ?
À lire aussi
Dans le même thème : Impayés
Information générale, pas un conseil juridique personnalisé. Ce contenu s'appuie sur des sources officielles à jour, mais chaque situation est particulière. Pour un litige complexe ou des montants élevés, faites-vous accompagner par un avocat ou un commissaire de justice.