Congé du bailleur 2026 : préavis, motifs et procédure
Mis à jour le 9 juin 2026 · Rédigé par La rédaction de Serenibail · 7 min de lecture · Sources officielles citées
Le bailleur ne peut donner congé qu'à l'échéance du bail, avec un préavis de 6 mois pour une location vide et 3 mois pour un meublé. Il doit justifier le congé par un motif précis : reprise pour habiter, vente du logement, ou motif légitime et sérieux (par exemple manquements du locataire). Des protections existent pour les locataires âgés et modestes.
Contrairement au locataire, qui peut partir à tout moment, le bailleur ne peut pas mettre fin au bail quand il le souhaite : il doit attendre l'échéance, respecter un préavis long et justifier d'un motif valable. Se tromper, c'est voir son congé annulé et le bail reconduit pour des années. Voici les règles exactes du congé délivré par le bailleur en 2026, selon le type de location.
L'essentiel
- →Le bailleur ne peut donner congé qu'à l'échéance du bail (3 ans pour une location vide par un bailleur particulier, 1 an pour un meublé).
- →Préavis : 6 mois avant l'échéance pour une location vide, 3 mois pour une location meublée. Le congé doit parvenir au locataire avant le début du préavis.
- →Le congé doit être motivé : reprise pour habiter (par le bailleur ou un proche désigné), vente du logement, ou motif légitime et sérieux (manquements du locataire, par exemple impayés ou troubles).
- →Forme : lettre recommandée avec accusé de réception, acte de commissaire de justice, ou remise en main propre contre récépissé/émargement. Le congé pour vente vaut offre de vente (droit de préemption du locataire).
- →Protections : un congé contre un locataire âgé (plus de 65 ans) aux ressources modestes est encadré (le bailleur doit proposer un relogement, sauf s'il est lui-même âgé/modeste).
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Les étapes, dans l'ordre
- 1
Vérifier l'échéance du bail et le délai
6 mois (vide) / 3 mois (meublé) avant l'échéance
Repérez la date d'échéance du bail (3 ans en vide, 1 an en meublé pour un bailleur particulier) et comptez à rebours le préavis (6 mois vide, 3 mois meublé). Le congé doit être reçu avant le début du préavis.
- 2
Choisir et justifier le motif
À la rédaction du congé
Sélectionnez un motif valable : reprise pour habiter (en désignant le bénéficiaire et le lien), vente (avec prix et conditions), ou motif légitime et sérieux (manquements à justifier). Indiquez-le précisément dans le congé.
- 3
Vérifier les protections du locataire
Avant de délivrer le congé
Si le locataire a plus de 65 ans et des ressources modestes, vous devez en principe lui proposer un relogement (sauf si vous êtes vous-même âgé/modeste). Pour un congé pour vente, respectez le droit de préemption.
- 4
Délivrer le congé en bonne et due forme
Au déclenchement du préavis
Envoyez le congé par recommandé avec AR, acte de commissaire de justice, ou remise en main propre contre émargement. Conservez la preuve de la date de réception, qui fait courir le préavis.
Quand le bailleur peut-il donner congé ?
Le principe est protecteur du locataire : le bailleur ne peut pas rompre le bail en cours, il ne peut donner congé que pour l'échéance du contrat. Pour une location vide conclue par un bailleur personne physique, le bail est de 3 ans : le congé prend donc effet au terme de ces 3 ans (puis à chaque échéance triennale en cas de reconduction). Pour une location meublée, le bail est en principe d'un an, et le congé joue à l'échéance annuelle.
Ce calendrier impose d'anticiper. Si vous voulez récupérer votre logement à la fin du bail, vous devez délivrer le congé suffisamment tôt pour respecter le préavis légal avant l'échéance. Un congé délivré trop tard est inopérant : le bail se reconduit automatiquement pour une nouvelle période.
À l'inverse, le locataire, lui, peut donner congé à tout moment, avec un préavis réduit (1 ou 3 mois). Cette asymétrie est volontaire : la loi protège le maintien dans les lieux du locataire, sa résidence principale.
Anticipez l'échéance
Les délais de préavis : 6 mois ou 3 mois
Pour une location vide, le bailleur doit respecter un préavis de 6 mois avant l'échéance du bail. Ce préavis se décompte à partir de la réception du congé par le locataire (ou de la signification par commissaire de justice). Il faut donc que le congé soit reçu au moins 6 mois avant le terme du bail.
Pour une location meublée, le préavis du bailleur est de 3 mois avant l'échéance du bail annuel. Là encore, le congé doit être reçu dans ce délai pour être valable.
Si le bail comporte une clause particulière ou si le logement relève d'un régime spécifique (bail mobilité, logement de fonction, etc.), des règles propres peuvent s'appliquer. Mais pour les baux classiques d'habitation, retenez : 6 mois en vide, 3 mois en meublé, toujours pour l'échéance.
- Location vide : préavis de 6 mois avant l'échéance (bail de 3 ans)
- Location meublée : préavis de 3 mois avant l'échéance (bail de 1 an)
- Le préavis court à compter de la réception du congé par le locataire
- Congé reçu trop tard = bail reconduit automatiquement
Les trois motifs valables de congé
Le congé du bailleur doit obligatoirement reposer sur l'un de ces trois motifs, et le préciser. Premier motif : la reprise pour habiter. Le bailleur veut occuper le logement comme résidence principale, ou le faire occuper par un proche limitativement désigné par la loi (conjoint, partenaire de PACS, concubin notoire depuis au moins un an, ascendants, descendants, ou ceux de son conjoint/partenaire/concubin). Le congé doit indiquer le bénéficiaire de la reprise et la nature du lien.
Deuxième motif : la vente du logement. Le bailleur souhaite vendre le bien libre de toute occupation. Particularité importante : ce congé pour vente vaut offre de vente au profit du locataire, qui bénéficie d'un droit de préemption (il est prioritaire pour acheter, à conditions encadrées). Le congé doit reproduire les dispositions légales et indiquer le prix et les conditions de la vente.
Troisième motif : le motif légitime et sérieux. Il vise les manquements du locataire (loyers impayés récurrents, troubles de voisinage répétés, non-respect des obligations du bail, etc.). Le bailleur doit pouvoir le justifier. Attention : pour un impayé en cours de bail, la voie normale n'est pas d'attendre l'échéance mais d'agir via la procédure de loyer impayé (commandement de payer, clause résolutoire).
Un congé non motivé ou frauduleux est annulable
Forme du congé et protections du locataire
Le congé doit être délivré dans les formes : lettre recommandée avec accusé de réception, acte de commissaire de justice, ou remise en main propre contre récépissé ou émargement. La date qui fait courir le préavis est celle de la réception (ou de la première présentation) par le locataire. Soignez la preuve de cette date.
La loi protège certains locataires fragiles. Un bailleur ne peut donner congé à un locataire âgé de plus de 65 ans (à la date d'échéance du bail) dont les ressources sont inférieures à un plafond, sans lui proposer un relogement correspondant à ses besoins et possibilités. Cette protection tombe si le bailleur est lui-même âgé de plus de 65 ans ou dispose de ressources modestes. Les conditions précises (âge, plafonds de ressources) sont fixées par les textes : vérifiez-les avant de délivrer un tel congé.
Enfin, en cas de congé pour vente, respectez scrupuleusement le droit de préemption du locataire : un congé pour vente irrégulier, ou une vente à un prix inférieur à celui proposé au locataire sans nouvelle offre, peut être contesté. Voyez nos guides dédiés au congé pour vente et au congé pour reprise.
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Questions fréquentes
Quel préavis le bailleur doit-il respecter pour donner congé ?+
Pour une location vide, le préavis est de 6 mois avant l'échéance du bail (qui est de 3 ans pour un bailleur particulier). Pour une location meublée, le préavis est de 3 mois avant l'échéance annuelle. Dans les deux cas, le congé ne peut prendre effet qu'à l'échéance du bail, jamais en cours de contrat, et il doit être reçu par le locataire avant le début du préavis.
Pour quels motifs un bailleur peut-il donner congé ?+
Trois motifs seulement : la reprise pour habiter (le bailleur ou un proche désigné par la loi occupe le logement comme résidence principale), la vente du logement libre (qui ouvre un droit de préemption au locataire), ou un motif légitime et sérieux (manquements du locataire : impayés, troubles, non-respect du bail). Le congé doit préciser le motif. Un congé non motivé ou reposant sur un motif fictif peut être annulé.
Peut-on donner congé à un locataire en cours de bail ?+
Non. Le bailleur ne peut donner congé que pour l'échéance du bail, en respectant le préavis. En cours de bail, on ne peut pas mettre fin au contrat unilatéralement. Si le locataire ne paie pas son loyer ou cause des troubles graves, la voie n'est pas le congé mais la procédure adaptée (commandement de payer et clause résolutoire pour les impayés, action en résiliation judiciaire pour les manquements). Voyez nos guides sur le loyer impayé et la clause résolutoire.
Peut-on donner congé à un locataire âgé ?+
C'est encadré. Un bailleur ne peut donner congé à un locataire de plus de 65 ans (à l'échéance du bail) dont les ressources sont inférieures à un plafond, sans lui proposer un relogement adapté à ses besoins et possibilités. Cette protection ne joue pas si le bailleur est lui-même âgé de plus de 65 ans ou dispose de ressources modestes. Vérifiez les conditions d'âge et de plafonds de ressources en vigueur avant de délivrer un tel congé.
Comment délivrer un congé valable ?+
Le congé doit être délivré par lettre recommandée avec accusé de réception, par acte de commissaire de justice, ou remis en main propre contre récépissé ou émargement. La date qui fait courir le préavis est celle de la réception (ou de la première présentation). Conservez soigneusement cette preuve : sans elle, vous ne pourrez pas démontrer que le préavis a bien été respecté en cas de litige.
Que se passe-t-il si le congé est irrégulier ?+
Un congé délivré hors délai, sans motif valable, dans une mauvaise forme, ou reposant sur un motif frauduleux (par exemple une reprise pour habiter fictive suivie d'une relocation) peut être déclaré nul. Le bail se poursuit alors, et le bailleur peut être condamné à des dommages-intérêts, voire à une amende en cas de fraude caractérisée. D'où l'importance de respecter scrupuleusement délais, motifs et formes.
Questions fréquentes connexes
- ?Le congé pour vente : préavis, droit de préemption du locataire et notice obligatoire
- ?Congé pour reprise : reprendre son logement pour l'habiter ou loger un proche
- ?Préavis du locataire qui donne congé : durée, forme et conséquences en 2026
- ?Clause résolutoire 2026 : définition, conditions et mise en jeu
Pour aller plus loin
- Glossaire du bailleur — toutes les définitions juridiques (commandement de payer, clause résolutoire, trêve hivernale…).
- Modèles de lettres gratuits — relance, mise en demeure, décompte locatif, lettre au garant, congé.
Sources officielles
Comment nous vérifions nos informations
Chaque guide est rédigé puis recoupé à partir de sources publiques officielles: nous citons les textes applicables et indiquons la date de mise à jour pour que vous puissiez vérifier l'information à la source.
- Sources officielles privilégiées : Service-Public.fr, Légifrance (textes de loi et jurisprudence) et l'ANIL (Agence nationale pour l'information sur le logement). Les références précises utilisées pour cette page sont listées dans la section « Sources officielles ».
- Mise à jour datée : cette page a été vérifiée le 9 juin 2026. La réglementation et les montants évoluent ; en cas de doute, confrontez toujours l'information à la source officielle citée.
- Information générale, pas un conseil juridique individualisé : ce contenu a une vocation pédagogique. Il ne remplace pas l'analyse de votre situation par un professionnel du droit (avocat, commissaire de justice) ou par l'ADIL de votre département, qui informe gratuitement.
Rédigé par La rédaction de Serenibail — Propriétaires bailleurs & rédacteurs spécialisés.
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Information générale, pas un conseil juridique personnalisé. Ce contenu s'appuie sur des sources officielles à jour, mais chaque situation est particulière. Pour un litige complexe ou des montants élevés, faites-vous accompagner par un avocat ou un commissaire de justice.