Préavis du locataire qui donne congé : durée, forme et conséquences en 2026
Mis à jour le 5 juin 2026 · Rédigé par La rédaction de Serenibail · 10 min de lecture · Sources officielles citées
Votre locataire vous annonce son départ et vous donne congé. Combien de temps dure son préavis ? Est-il valable s'il vous a juste envoyé un e-mail ? Doit-il payer le loyer jusqu'au bout ? Côté bailleur, ces questions conditionnent la date de fin du bail, la relocation et la restitution du dépôt de garantie. Ce guide à jour 2026 récapitule les durées exactes, la forme imposée par la loi, le sort du dernier loyer et l'état des lieux de sortie.
L'essentiel
- →Préavis de droit commun pour un logement vide : 3 mois. Logement meublé (résidence principale) : 1 mois, sans justificatif.
- →Préavis réduit à 1 mois pour un logement vide situé en zone tendue, ou dans une liste précise de cas personnels (mutation, perte d'emploi, premier emploi, RSA, AAH, état de santé, etc.), justificatif à l'appui.
- →Le congé n'est valable que par lettre recommandée avec AR, acte de commissaire de justice ou remise en main propre contre récépissé : un simple e-mail ne suffit pas.
- →Le préavis court à compter de la réception effective du congé par le bailleur (jour où il en prend possession, et non la date d'envoi), et le locataire doit le loyer pendant toute sa durée, sauf relocation anticipée.
- →Après l'état des lieux de sortie et la remise des clés, le dépôt de garantie se restitue en 1 mois (état des lieux conforme) ou 2 mois (avec retenues justifiées).
Gagnez du temps : le Pack départ & dégradations, prêt à envoyer
Constat d'abandon + reprise + retenue dépôt + congé + état des lieux — 69 €
Les étapes, dans l'ordre
- 1
Réceptionner et vérifier la forme du congé
À réception
Vérifiez que le congé vous parvient par lettre recommandée avec AR, acte de commissaire de justice ou remise en main propre contre récépissé. Notez la date de réception effective (jour où vous prenez possession du courrier) : c'est elle qui fait courir le préavis. Un e-mail ou SMS seul n'est pas un congé valable.
- 2
Déterminer la durée du préavis applicable
Jour 1
Logement vide : 3 mois par principe, ou 1 mois si zone tendue ou motif personnel valable. Logement meublé : 1 mois. Si le locataire invoque un préavis d'un mois, contrôlez le motif et le justificatif joints.
- 3
Calculer la date exacte de fin de bail
1 ou 3 mois
Décomptez le délai en mois calendaires à partir du jour de réception effective du congé. Un préavis de 3 mois reçu le 15 d'un mois prend fin le 15 du troisième mois suivant ; un préavis d'1 mois reçu le 15 se termine le 15 du mois suivant. À défaut de jour équivalent, le préavis s'achève le dernier jour du mois.
- 4
Suivre le paiement du loyer pendant le préavis
Pendant le préavis
Le loyer et les charges restent dus pour toute la durée du préavis. Si vous relouez avant la fin, l'obligation de l'ancien locataire s'arrête à la prise d'effet du nouveau bail. En cas de fin en cours de mois, appliquez un prorata.
- 5
Réaliser l'état des lieux de sortie
Fin du préavis
Le jour de la remise des clés, faites un état des lieux de sortie contradictoire et comparez-le à l'entrée. Photographiez et chiffrez les éventuelles dégradations imputables au locataire.
- 6
Restituer le dépôt de garantie dans les délais
1 à 2 mois après remise des clés
Restituez le dépôt sous 1 mois si l'état des lieux est conforme, sous 2 mois avec retenues justifiées. Au-delà, une majoration de 10 % du loyer mensuel hors charges par mois de retard s'applique.
Quelle est la durée du préavis du locataire en 2026 ?
Lorsque c'est le locataire qui résilie le bail, la durée du préavis dépend du type de logement et, pour les logements vides, de la localisation ou de sa situation personnelle. Ces règles sont fixées par l'article 15 de la loi du 6 juillet 1989 pour les locations nues et par l'article 25-8 pour les meublés.
Pour un logement vide (non meublé) loué en résidence principale, le préavis est en principe de 3 mois. C'est le délai par défaut, sans aucune justification à fournir : le locataire peut donner congé à tout moment, sans attendre l'échéance du bail.
Pour un logement meublé constituant la résidence principale du locataire, le préavis est toujours de 1 mois, quelle que soit la commune et sans justificatif. Cette règle vaut aussi bien pour un bail meublé classique d'un an que pour un bail étudiant de 9 mois.
Attention : ces durées concernent le congé donné par le locataire. Le congé donné par le bailleur (pour vente, reprise ou motif légitime et sérieux) obéit à des règles différentes, avec un préavis de 6 mois pour un logement vide et 3 mois pour un meublé, et seulement pour l'échéance du bail.
Les cas de préavis réduit à 1 mois pour un logement vide
Pour un logement vide, le préavis de 3 mois est ramené à 1 mois dans deux grandes hypothèses : le logement est situé en zone tendue, ou le locataire se trouve dans l'une des situations personnelles prévues par la loi. Dans tous ces cas, le locataire doit préciser le motif dans sa lettre de congé et, sauf pour la zone tendue, joindre un justificatif.
Zone tendue : si la commune figure sur la liste des zones d'urbanisation continue de plus de 50 000 habitants où le marché locatif est tendu (liste fixée par décret), le préavis est automatiquement réduit à 1 mois. Le locataire doit simplement le mentionner dans son courrier ; aucun autre justificatif n'est exigé.
Situations personnelles ouvrant droit à 1 mois (logement vide) : obtention d'un premier emploi ; mutation professionnelle (sans condition d'éloignement géographique) ; perte d'emploi (fin de CDD, licenciement, rupture conventionnelle ; la démission n'ouvre pas ce droit) ; nouvel emploi consécutif à une perte d'emploi survenue au cours du même bail ; état de santé, constaté par certificat médical, justifiant un changement de domicile ; bénéficiaire du RSA ou de l'allocation aux adultes handicapés (AAH) ; attribution d'un logement social ; locataire victime de violences au sein du couple ou sur un enfant.
Si le motif invoqué est contesté ou le justificatif manquant, le préavis réduit peut être requalifié : le locataire reste alors redevable du loyer pendant les 3 mois. En tant que bailleur, vérifiez la cohérence du motif et du justificatif dès réception du congé.
Vérifier la zone tendue
La forme du congé : un e-mail ne suffit pas
Pour être valable, le congé du locataire doit respecter l'une des trois formes prévues par l'article 15 de la loi de 1989 : lettre recommandée avec avis de réception, acte de commissaire de justice (ex-huissier), ou remise en main propre contre récépissé ou émargement.
Un simple e-mail, un SMS ou un appel téléphonique ne constituent pas un congé valable, même si vous en accusez réception. La lettre recommandée électronique (LRE) est en revanche admise, mais uniquement si vous avez donné votre accord préalable à ce mode d'échange : le locataire doit vous le proposer et vous disposez d'un délai pour l'accepter ou le refuser.
La lettre de congé doit identifier le logement et indiquer la date souhaitée de départ. Si le locataire revendique un préavis réduit, le motif et le justificatif doivent figurer dans le même envoi : un justificatif transmis après coup peut être contesté.
Point de départ du préavis et calcul de la date de fin
Le préavis ne court pas à compter de la date de rédaction ni de l'envoi de la lettre, mais à compter du jour où vous recevez effectivement le congé. Concrètement, le point de départ est : pour une lettre recommandée, le jour de la réception, c'est-à-dire le jour où vous en prenez possession (et non la simple première présentation) ; pour un acte de commissaire de justice, le jour de la signification ; pour une remise en main propre, le jour de la remise contre récépissé. Si la lettre recommandée vous est renvoyée sans avoir été retirée, le congé n'est pas valable.
À partir de ce point de départ, on décompte le délai en mois calendaires. Par exemple, un congé de 3 mois reçu le 12 mars prend fin le 12 juin ; un préavis d'1 mois reçu le 12 mars se termine le 12 avril. Lorsqu'il n'existe pas de jour équivalent dans le mois d'arrivée (par exemple un préavis d'un mois partant le 31 janvier), il s'achève le dernier jour du mois.
Le locataire n'est pas obligé d'occuper le logement jusqu'au dernier jour : il peut partir plus tôt, mais cela ne raccourcit pas le préavis ni son obligation de payer, sauf si vous relouez le logement avant la fin.
Le dernier loyer : qui paie quoi pendant le préavis ?
Lorsque c'est le locataire qui donne congé, il est redevable du loyer et des charges pour toute la durée du préavis, qu'il occupe ou non le logement jusqu'au bout. C'est une différence majeure avec le congé donné par le bailleur, où le locataire ne paie que pour le temps d'occupation réelle.
Exception importante : si vous relouez le logement à un nouveau locataire avant la fin du préavis, l'ancien locataire cesse de devoir le loyer à compter de la date de prise d'effet du nouveau bail. Vous ne pouvez pas cumuler deux loyers sur la même période.
Si le préavis se termine en cours de mois, le dernier loyer est dû au prorata des jours couverts par le préavis. Par exemple, un préavis qui s'achève le 10 d'un mois de 30 jours donne lieu à 10/30e du loyer mensuel.
Enfin, le locataire ne peut pas décider de ne pas payer son dernier mois de loyer en le « compensant » avec le dépôt de garantie. Le dépôt de garantie n'est pas un loyer d'avance : il vous est restitué après l'état des lieux de sortie, déduction faite des éventuelles retenues justifiées.
Dépôt de garantie ≠ dernier loyer
État des lieux de sortie et restitution du dépôt de garantie
À la fin du préavis, organisez avec le locataire un état des lieux de sortie contradictoire, lors de la remise des clés. Comparé à l'état des lieux d'entrée, il permet d'identifier d'éventuelles dégradations relevant du locataire (au-delà de l'usure normale).
Le dépôt de garantie doit être restitué dans un délai d'1 mois après remise des clés si l'état des lieux de sortie est conforme à l'état des lieux d'entrée, ou de 2 mois si des retenues sont justifiées (réparations, loyers ou charges impayés, régularisation de charges).
En cas de retard de restitution au-delà de ces délais, le dépôt de garantie restant dû est majoré de 10 % du loyer mensuel hors charges par mois de retard commencé. Conservez donc des justificatifs précis (devis, factures, photos de l'état des lieux) pour toute retenue.
Reprendre votre bien sans erreur
Pack départ & dégradations — 69 €
Vous savez maintenant quoi faire. Le pack réunit les documents déjà rédigés et dans le bon ordre pour sécuriser la reprise, l'état des lieux et vos retenues — sans faute de procédure qui se retourne contre vous.
- Constat d'abandon (art. 14-1)
- Procès-verbal de reprise + inventaire
- Retenue sur dépôt de garantie justifiée
- Mise en demeure de réparation
- Congé pour vente + offre de vente
- Trame d'état des lieux de sortie
Accès immédiat · satisfait ou remboursé 14 jours
Questions fréquentes
Le préavis du locataire est-il de 3 mois ou d'1 mois ?+
Pour un logement vide, le préavis est de 3 mois par défaut, réduit à 1 mois si le logement est en zone tendue ou si le locataire relève d'un cas personnel prévu par la loi (mutation, perte d'emploi, premier emploi, RSA, AAH, état de santé, logement social, violences conjugales). Pour un logement meublé, le préavis est toujours d'1 mois, sans justificatif.
Un congé envoyé par e-mail est-il valable ?+
Non. La loi du 6 juillet 1989 impose une lettre recommandée avec avis de réception, un acte de commissaire de justice ou une remise en main propre contre récépissé. Un simple e-mail ou SMS n'est pas un congé valable, même si vous en accusez réception. Seule la lettre recommandée électronique est admise, et uniquement si vous avez donné votre accord préalable à ce mode d'échange.
À partir de quand court le préavis ?+
Le préavis court à compter du jour où vous recevez effectivement le congé : pour une lettre recommandée, le jour où vous en prenez possession (et non la date de première présentation ni la date d'envoi) ; pour un acte de commissaire de justice, le jour de la signification ; pour une remise en main propre, le jour de la remise. Si la lettre recommandée n'est pas retirée et vous est renvoyée, le congé n'est pas valable.
Le locataire doit-il payer le loyer pendant tout le préavis ?+
Oui. Quand c'est le locataire qui donne congé, il doit le loyer et les charges pendant toute la durée du préavis, même s'il quitte le logement plus tôt. Seule exception : si vous relouez le logement avant la fin du préavis, son obligation s'arrête à la date de prise d'effet du nouveau bail.
Le locataire peut-il déduire son dépôt de garantie du dernier loyer ?+
Non. Le dépôt de garantie n'est pas un loyer d'avance. Le locataire doit payer son dernier loyer, et le dépôt vous est restitué séparément après l'état des lieux de sortie, déduction faite des éventuelles retenues justifiées. S'il refuse de payer, le loyer reste dû.
Quel justificatif demander pour un préavis réduit à 1 mois ?+
Pour la zone tendue, aucun justificatif n'est requis au-delà de la mention dans la lettre. Pour les autres cas : justificatif de mutation ou d'embauche, document de rupture du contrat pour une perte d'emploi, certificat médical pour l'état de santé, attestation CAF en cours de validité pour le RSA ou l'AAH, document d'attribution pour un logement social. Le justificatif doit accompagner le congé.
Dans quel délai dois-je restituer le dépôt de garantie ?+
Sous 1 mois après la remise des clés si l'état des lieux de sortie est conforme à celui d'entrée, et sous 2 mois en cas de retenues justifiées. Au-delà de ces délais, le solde restant dû est majoré de 10 % du loyer mensuel hors charges par mois de retard commencé.
La démission ouvre-t-elle droit au préavis réduit pour perte d'emploi ?+
Non. La démission (comme l'abandon de poste) ne constitue pas une perte d'emploi au sens de l'article 15 de la loi de 1989 : un préavis de 3 mois s'applique alors. Un locataire démissionnaire ne peut donc pas, à ce titre, prétendre au préavis réduit à un mois. La perte d'emploi vise notamment la fin de CDD, le licenciement ou la rupture conventionnelle.
Le locataire peut-il revenir sur son congé ?+
Le congé est en principe irrévocable une fois reçu. Le locataire ne peut pas l'annuler unilatéralement. Vous pouvez toutefois convenir d'un commun accord de poursuivre la location, idéalement par écrit, pour éviter toute ambiguïté sur la date de fin du bail.
Sources officielles
- Service-public.fr — Préavis et formalités du congé donné par le locataire (F1168)
- Service-public.fr — Calcul du délai de préavis en cas de congé donné par le locataire (F32360)
- Service-public.fr — La lettre de congé du locataire doit être remise pour que débute le délai de préavis (A16163)
- Légifrance — Article 15 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989
- Légifrance — Article 25-8 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 (meublés)
- Service-public.fr — Restitution du dépôt de garantie en fin de bail (F31269)
- Service-public.fr — Simulateur : savoir si un logement est situé en zone tendue
- ANIL — Le congé donné par le locataire
À lire aussi
Dans le même thème : Fin de bail
Information générale, pas un conseil juridique personnalisé. Ce contenu s'appuie sur des sources officielles à jour, mais chaque situation est particulière. Pour un litige complexe ou des montants élevés, faites-vous accompagner par un avocat ou un commissaire de justice.