Clause résolutoire 2026 : définition, conditions et mise en jeu
Mis à jour le 9 juin 2026 · Rédigé par La rédaction de Serenibail · 7 min de lecture · Sources officielles citées
La clause résolutoire est une clause du bail prévoyant sa résiliation automatique si le locataire manque à certaines obligations (loyer impayé, défaut d'assurance, troubles). Depuis la loi du 27 juillet 2023, elle est obligatoire dans les baux d'habitation. Pour un impayé, elle se met en jeu via un commandement de payer laissant 6 semaines au locataire pour régler.
La clause résolutoire est le mécanisme qui transforme un impayé en résiliation quasi automatique du bail. Bien comprise, elle est l'arme la plus efficace du bailleur face à un locataire qui ne respecte pas ses obligations. Mal maîtrisée, elle se heurte aux délais et aux pouvoirs du juge. Voici, à jour 2026, ce qu'est la clause résolutoire et comment la mettre en œuvre correctement.
L'essentiel
- →La clause résolutoire prévoit la résiliation automatique du bail en cas de manquement du locataire à certaines obligations limitativement listées.
- →Depuis la loi du 27 juillet 2023, elle est obligatoire dans tous les baux d'habitation conclus, renouvelés ou reconduits à compter du 29 juillet 2023.
- →Elle ne peut viser que des cas précis : défaut de paiement du loyer ou des charges, non-versement du dépôt de garantie, défaut d'assurance habitation, troubles de voisinage constatés par décision de justice.
- →Pour un impayé, la clause se met en jeu par un commandement de payer délivré par commissaire de justice : le locataire a 6 semaines pour régler (baux depuis le 29/07/2023 ; 2 mois pour les baux antérieurs).
- →Passé ce délai sans paiement, le juge constate la résiliation. Il peut toutefois suspendre les effets de la clause et accorder des délais si le locataire a repris le paiement du loyer courant.
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Les étapes, dans l'ordre
- 1
Vérifier la présence et la validité de la clause
Avant d'agir
Assurez-vous que le bail contient une clause résolutoire (obligatoire depuis le 29/07/2023) et qu'elle vise un motif autorisé. Une clause portant sur un motif non prévu est réputée non écrite.
- 2
Faire délivrer un commandement de payer
Délai de régularisation : 6 semaines
Mandatez un commissaire de justice pour délivrer un commandement de payer visant la clause résolutoire. Le locataire dispose de 6 semaines pour régler (2 mois pour les baux antérieurs au 29/07/2023).
- 3
Saisir le juge si l'impayé persiste
Après l'expiration du commandement
Sans paiement intégral à l'expiration du délai, la clause est acquise. Saisissez le juge des contentieux de la protection (par assignation) pour faire constater la résiliation et ordonner l'expulsion.
- 4
Anticiper la suspension par le juge
À l'audience et au-delà
Le juge peut accorder des délais (jusqu'à 3 ans) et suspendre la clause si le locataire a repris le paiement du loyer courant avant l'audience. Le non-respect des délais accordés fait reprendre la résiliation.
Qu'est-ce que la clause résolutoire ?
La clause résolutoire est une stipulation du contrat de bail qui prévoit que celui-ci sera résilié de plein droit (automatiquement) si le locataire manque à certaines de ses obligations. C'est elle qui permet au bailleur, après une procédure encadrée, de faire constater la fin du bail par le juge sans avoir à démontrer la gravité du manquement : le seul constat du manquement et de l'expiration du délai suffit.
Il faut la distinguer de la résiliation judiciaire "ordinaire". Sans clause résolutoire, le bailleur devrait demander au juge de prononcer la résiliation en appréciant la gravité du manquement, ce qui laisse une grande marge d'appréciation au juge. Avec la clause, le mécanisme est quasi automatique une fois les conditions réunies. C'est donc un outil bien plus sûr et rapide pour le bailleur.
La loi limite strictement les manquements que la clause peut viser. Toute clause qui prévoirait une résiliation automatique pour un autre motif (par exemple un simple retard ponctuel non visé) serait réputée non écrite, c'est-à-dire sans effet.
Automatique, mais sous conditions
Obligatoire depuis le 29 juillet 2023
La loi dite Kasbarian-Bergé du 27 juillet 2023 a rendu la clause résolutoire obligatoire dans tous les baux d'habitation conclus, renouvelés ou tacitement reconduits à compter du 29 juillet 2023. Auparavant, sa présence dépendait de la rédaction du bail ; désormais, elle s'impose. Cette généralisation profite aux bailleurs en sécurisant la mécanique de résiliation pour impayés.
Si votre bail est antérieur au 29 juillet 2023 et ne contient pas de clause résolutoire, vous ne pouvez pas vous en prévaloir : il vous faudrait demander une résiliation judiciaire classique, plus aléatoire. D'où l'intérêt, lors d'un renouvellement, de s'assurer que la clause figure bien au contrat.
Cette même loi a aussi modifié les délais et le déroulement de la procédure d'impayé (délai du commandement de payer ramené à 6 semaines, conditions de suspension de la clause par le juge). Voyez notre guide complet sur le loyer impayé pour le détail de la procédure.
- Clause obligatoire dans les baux d'habitation depuis le 29 juillet 2023
- Baux antérieurs sans clause : résiliation judiciaire classique seulement
- À vérifier impérativement lors d'un renouvellement de bail
- Une clause visant un motif non autorisé est réputée non écrite
Les manquements qui peuvent l'activer
La clause résolutoire ne peut viser que des manquements limitativement prévus par la loi. Le plus fréquent est le défaut de paiement du loyer et des charges aux termes convenus. Viennent ensuite le non-versement du dépôt de garantie, le défaut d'assurance habitation du locataire (le bailleur doit alors respecter une procédure spécifique de mise en demeure), et les troubles de voisinage constatés par une décision de justice passée en force de chose jugée.
Pour le défaut d'assurance, la mise en jeu de la clause suit un chemin particulier : le bailleur met le locataire en demeure de justifier d'une assurance ; à défaut un mois après, la clause peut jouer (ou le bailleur peut souscrire une assurance pour le compte du locataire et en récupérer le coût). Voyez notre guide sur le locataire sans assurance.
Pour les troubles de voisinage, la clause ne peut jouer qu'une fois les troubles établis par une décision de justice définitive : on ne peut pas résilier sur la seule base de plaintes. C'est un point important qui distingue ce motif des impayés, plus directs à mettre en œuvre.
Des motifs limités et formalisés
La mise en œuvre pour impayé, étape par étape
Pour un loyer impayé, la clause se met en jeu par un commandement de payer délivré par un commissaire de justice, visant expressément la clause résolutoire. Ce commandement ouvre un délai pendant lequel le locataire peut régler sa dette et neutraliser la clause : 6 semaines pour les baux conclus, renouvelés ou reconduits depuis le 29 juillet 2023, 2 mois pour les baux antérieurs.
Si le locataire paie l'intégralité de la dette dans ce délai, la clause ne joue pas et le bail se poursuit. S'il ne paie pas, la clause est acquise : le bailleur saisit le juge des contentieux de la protection pour faire constater la résiliation du bail et ordonner l'expulsion. Le juge n'a alors pas à apprécier la gravité : il constate.
Mais le juge conserve un pouvoir important : il peut accorder au locataire des délais de paiement (jusqu'à 3 ans) et suspendre les effets de la clause résolutoire, à condition que le locataire ait repris le paiement du loyer courant avant l'audience et soit en mesure d'apurer sa dette. Si le locataire respecte les délais accordés, la clause est définitivement neutralisée ; s'il ne les respecte pas, la résiliation reprend tous ses effets.
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Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une clause résolutoire dans un bail ?+
C'est une clause qui prévoit la résiliation automatique (de plein droit) du bail si le locataire manque à certaines obligations limitativement prévues par la loi : défaut de paiement du loyer et des charges, non-versement du dépôt de garantie, défaut d'assurance habitation, ou troubles de voisinage constatés par décision de justice. Elle permet, une fois la procédure suivie, de faire constater la fin du bail par le juge sans qu'il ait à apprécier la gravité du manquement.
La clause résolutoire est-elle obligatoire ?+
Oui depuis la loi du 27 juillet 2023 : elle est obligatoire dans tous les baux d'habitation conclus, renouvelés ou tacitement reconduits à compter du 29 juillet 2023. Pour les baux antérieurs qui n'en comportent pas, le bailleur ne peut pas s'en prévaloir et doit recourir à une résiliation judiciaire classique, plus incertaine. Vérifiez sa présence, notamment lors d'un renouvellement de bail.
Comment met-on en œuvre la clause résolutoire pour un impayé ?+
Par un commandement de payer délivré par un commissaire de justice, visant la clause résolutoire. Le locataire a alors 6 semaines pour régler la totalité de sa dette (2 mois pour les baux antérieurs au 29/07/2023). S'il paie, la clause ne joue pas. S'il ne paie pas, la clause est acquise et le bailleur saisit le juge des contentieux de la protection pour faire constater la résiliation et obtenir l'expulsion.
Le juge peut-il neutraliser la clause résolutoire ?+
Oui. Même si la clause est acquise, le juge peut accorder au locataire des délais de paiement (jusqu'à 3 ans) et suspendre les effets de la clause résolutoire, à condition que le locataire ait repris le paiement du loyer courant avant l'audience et soit en mesure d'apurer sa dette. Si le locataire respecte les délais, la clause est définitivement neutralisée ; sinon, la résiliation reprend tous ses effets et l'expulsion peut être poursuivie.
La clause peut-elle viser le défaut d'assurance ?+
Oui, mais avec une procédure spécifique. Le bailleur doit d'abord mettre le locataire en demeure de justifier d'une assurance habitation. À défaut de justificatif un mois après, la clause peut jouer, ou le bailleur peut souscrire une assurance pour le compte du locataire et en récupérer le coût (majoré) avec le loyer. La clause résolutoire pour défaut d'assurance ne joue donc pas de façon immédiate, mais après cette mise en demeure restée infructueuse.
Peut-on résilier pour troubles de voisinage via la clause ?+
Oui, mais la loi exige que les troubles soient constatés par une décision de justice passée en force de chose jugée. On ne peut pas activer la clause sur la seule base de plaintes ou de courriers. Il faut donc d'abord faire reconnaître les troubles par le juge. C'est plus exigeant que pour un impayé, où le seul commandement de payer non honoré suffit à acquérir la clause.
Questions fréquentes connexes
Pour aller plus loin
- Glossaire du bailleur — toutes les définitions juridiques (commandement de payer, clause résolutoire, trêve hivernale…).
- Modèles de lettres gratuits — relance, mise en demeure, décompte locatif, lettre au garant, congé.
Sources officielles
Comment nous vérifions nos informations
Chaque guide est rédigé puis recoupé à partir de sources publiques officielles: nous citons les textes applicables et indiquons la date de mise à jour pour que vous puissiez vérifier l'information à la source.
- Sources officielles privilégiées : Service-Public.fr, Légifrance (textes de loi et jurisprudence) et l'ANIL (Agence nationale pour l'information sur le logement). Les références précises utilisées pour cette page sont listées dans la section « Sources officielles ».
- Mise à jour datée : cette page a été vérifiée le 9 juin 2026. La réglementation et les montants évoluent ; en cas de doute, confrontez toujours l'information à la source officielle citée.
- Information générale, pas un conseil juridique individualisé : ce contenu a une vocation pédagogique. Il ne remplace pas l'analyse de votre situation par un professionnel du droit (avocat, commissaire de justice) ou par l'ADIL de votre département, qui informe gratuitement.
Rédigé par La rédaction de Serenibail — Propriétaires bailleurs & rédacteurs spécialisés.
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Information générale, pas un conseil juridique personnalisé. Ce contenu s'appuie sur des sources officielles à jour, mais chaque situation est particulière. Pour un litige complexe ou des montants élevés, faites-vous accompagner par un avocat ou un commissaire de justice.