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État des lieux d'entrée : comment le réaliser sans faille

Mis à jour le 9 juin 2026 · Rédigé par La rédaction de Serenibail · 6 min de lecture · Sources officielles citées

L'état des lieux d'entrée est un document obligatoire, établi à l'amiable et contradictoirement, joint au bail. Il décrit pièce par pièce l'état du logement et de ses équipements à la remise des clés. C'est lui qui sert de référence à la sortie : sans lui, le logement est présumé remis en bon état, au détriment du bailleur.

L'état des lieux d'entrée est sans doute le document le plus rentable de toute la location : trente minutes de rigueur à la remise des clés vous épargnent des mois de litige au départ du locataire. C'est lui, et lui seul, qui prouvera ce que vous pourrez retenir sur le dépôt de garantie. Ce guide vous explique sa forme obligatoire, ce qu'il doit contenir, les relevés à ne pas oublier et la marche à suivre en cas de désaccord. Il a une vocation informative et ne remplace pas l'avis d'un professionnel du droit.

L'essentiel

  • L'état des lieux d'entrée est obligatoire, établi par écrit, à l'amiable et contradictoirement (en présence des deux parties ou de leurs mandataires), en autant d'exemplaires que de parties et joint au bail.
  • Son contenu minimal est fixé par le décret n° 2016-382 du 30 mars 2016 : type d'état des lieux, date, adresse, identité des parties, relevés des compteurs, détail des clés, description pièce par pièce et des équipements.
  • Sans état des lieux d'entrée (ou s'il n'a pas pu être établi du fait du locataire), le logement est présumé avoir été remis en bon état : vous ne pourrez rien retenir à la sortie pour dégradations.
  • Le locataire peut demander de compléter l'état des lieux dans les 10 jours pour tout élément, et pendant le premier mois de chauffe pour les éléments de chauffage.
  • À défaut d'accord amiable, l'état des lieux peut être établi par un commissaire de justice ; le coût est alors partagé par moitié entre bailleur et locataire (montant plafonné par décret).

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Les étapes, dans l'ordre

  1. 1

    Préparer le logement et le matériel

    Le jour de la remise des clés

    Faites le ménage, vérifiez que tout fonctionne, réunissez le formulaire d'état des lieux (papier ou appli), les clés à remettre et un smartphone pour les photos datées. Prévoyez de relever les compteurs.

  2. 2

    Parcourir le logement pièce par pièce avec le locataire

    Au moment de l'entrée

    Décrivez l'état des sols, murs, plafonds, fenêtres, équipements et électroménager, pièce par pièce. Soyez factuel et précis (nature et emplacement des défauts). Laissez le locataire ajouter ses observations.

  3. 3

    Relever les compteurs et lister les clés

    Au moment de l'entrée

    Notez les index eau, électricité et gaz, photographiez chaque compteur. Listez et comptez toutes les clés et moyens d'accès remis (logement, boîte aux lettres, cave, badge).

  4. 4

    Dater, signer et remettre un exemplaire

    À la remise des clés

    Faites signer les deux parties, datez le document et remettez un exemplaire au locataire. Joignez les photos. Conservez votre exemplaire avec le bail.

  5. 5

    Traiter les demandes de complément

    10 jours / 1er mois de chauffe

    Si le locataire demande un complément dans les 10 jours (ou pendant le 1er mois de chauffe pour le chauffage), examinez-le et intégrez-le par écrit s'il est fondé.

Pourquoi l'état des lieux d'entrée est votre meilleure protection

L'état des lieux d'entrée fixe une photographie de référence du logement au jour de la remise des clés. À la sortie, on comparera l'état des lieux de sortie à celui d'entrée : toute dégradation apparue entre les deux, et qui n'est pas due à la vétusté ou à l'usure normale, peut être imputée au locataire et déduite du dépôt de garantie.

Sans état des lieux d'entrée, la loi joue contre vous : l'article 1731 du Code civil présume que le locataire a reçu le logement en bon état de réparations locatives. Concrètement, vous ne pourrez réclamer aucune remise en état au départ, faute de point de comparaison. C'est la raison pour laquelle ce document, en apparence administratif, est en réalité le socle de toute la relation locative.

L'état des lieux est encadré par l'article 3-2 de la loi du 6 juillet 1989 et par le décret n° 2016-382 du 30 mars 2016, qui en fixe le contenu minimal et les modalités. Les mêmes règles s'appliquent à la location vide et à la location meublée.

Pas d'état des lieux = logement présumé en bon état

En l'absence d'état des lieux d'entrée non imputable au locataire, le logement est réputé reçu en bon état (article 1731 du Code civil). Vous perdez tout droit de retenue pour dégradations à la sortie. Ne remettez jamais les clés sans état des lieux signé.

La forme obligatoire : écrit, contradictoire, joint au bail

L'état des lieux doit être établi par écrit, sur support papier ou électronique. Il est dressé de façon contradictoire, c'est-à-dire en présence du bailleur et du locataire (ou de leurs mandataires, par exemple un agent immobilier), chacun pouvant faire inscrire ses observations.

Il est établi en autant d'exemplaires que de parties, chacune en conservant un. Il doit être daté et signé par les deux parties. Il est remis au moment de la remise des clés et joint au contrat de location, dont il constitue une annexe.

Si une seule personne se présente ou si le locataire refuse de signer, ne forcez rien : recourez à un commissaire de justice (voir plus bas). Un état des lieux signé d'une seule partie ou rédigé après coup perd une grande partie de sa valeur probante.

Ce que l'état des lieux doit obligatoirement contenir

Le décret du 30 mars 2016 fixe les mentions minimales obligatoires. Leur absence peut fragiliser le document.

Au-delà de ces mentions, la qualité de la description fait toute la différence. Soyez précis : indiquez non seulement l'état (neuf, bon état, état d'usage, mauvais état), mais aussi la nature et l'emplacement des défauts (rayure, trou, tache, fissure), et joignez des photographies datées, que vous pouvez annexer et viser.

  • Le type d'état des lieux (entrée), sa date d'établissement
  • La localisation (adresse) du logement
  • Le nom ou la dénomination des parties et le domicile ou le siège social du bailleur
  • Le cas échéant, le nom et le domicile des personnes mandatées (agence)
  • Les relevés des compteurs individuels de consommation d'eau et d'énergie
  • Le détail et la destination des clés ou de tout autre moyen d'accès
  • Pour chaque pièce et partie du logement, la description précise de l'état des revêtements, sols, murs, plafonds, équipements et éléments du logement
  • La signature des parties (et, le cas échéant, de leur mandataire)

Photos datées et grille de vétusté

Annexez des photographies datées de chaque pièce et des équipements. Vous pouvez aussi joindre une grille de vétusté convenue avec le locataire : elle fixe à l'avance l'abattement à appliquer selon l'ancienneté des matériaux, ce qui évite bien des litiges au moment de la restitution du dépôt.

Les relevés de compteurs et les clés : ne rien oublier

Notez les index des compteurs d'eau, d'électricité et de gaz au jour de l'entrée. Ces relevés évitent les contestations de consommation et facilitent la mise en service des contrats au nom du locataire. Photographiez chaque compteur avec son numéro de série.

Listez précisément toutes les clés et moyens d'accès remis : clés du logement, de la boîte aux lettres, du local à vélos, de la cave, badge d'immeuble, télécommande de garage. Indiquez le nombre de chaque type. À la sortie, vous pourrez ainsi constater un trousseau incomplet et, le cas échéant, facturer le remplacement d'un cylindre.

Le délai pour compléter ou contester l'état des lieux

Une fois signé, l'état des lieux n'est pas totalement figé. Le locataire peut demander au bailleur de le compléter dans un délai de dix jours à compter de son établissement, pour tout élément qu'il aurait constaté après coup (par exemple un défaut non vu le jour J).

Pour les éléments de chauffage, le locataire dispose d'un délai plus long : il peut demander de compléter l'état des lieux pendant le premier mois de la période de chauffe, puisqu'un radiateur ne peut s'apprécier qu'en fonctionnement. Si le bailleur refuse de compléter, le locataire peut saisir la commission départementale de conciliation.

Ces demandes de complément se font par écrit. Acceptez-les de bonne foi quand elles sont fondées : un état des lieux complet et incontesté est aussi votre intérêt, car il sécurise vos futures retenues.

10 jours / 1er mois de chauffe

Le locataire peut demander un complément dans les 10 jours suivant l'état des lieux, et pendant le premier mois de chauffe pour les éléments de chauffage. Conservez ces échanges écrits : ils font partie intégrante de l'état des lieux.

En cas de désaccord : le commissaire de justice

Si l'état des lieux ne peut être établi à l'amiable (locataire absent, refus de signer, désaccord profond sur l'état du bien), il est établi par un commissaire de justice (ex-huissier), à l'initiative de la partie la plus diligente. Le commissaire convoque les parties par lettre recommandée avec accusé de réception au moins sept jours à l'avance.

Dans ce cas, le coût n'est pas à votre seule charge : il est partagé par moitié entre le bailleur et le locataire. Le tarif est réglementé et plafonné par décret en fonction de la surface du logement. L'état des lieux dressé par le commissaire a une force probante renforcée.

Ne basculez vers le commissaire qu'en cas de blocage réel : pour une entrée classique et apaisée, l'état des lieux amiable, fait avec soin et photos, suffit parfaitement et ne coûte rien.

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Questions fréquentes

L'état des lieux d'entrée est-il obligatoire ?+

Oui. L'article 3-2 de la loi du 6 juillet 1989 impose un état des lieux écrit établi de façon contradictoire et joint au bail, en location vide comme en meublé. Sans état des lieux d'entrée non imputable au locataire, le logement est présumé reçu en bon état (article 1731 du Code civil) et vous ne pourrez rien retenir à la sortie pour dégradations.

Que se passe-t-il s'il n'y a pas d'état des lieux d'entrée ?+

Le logement est présumé avoir été remis en bon état de réparations locatives. À la sortie, vous ne pourrez donc imputer aucune dégradation au locataire ni retenir de somme sur le dépôt de garantie à ce titre, faute de point de comparaison. C'est tout l'enjeu : ne jamais remettre les clés sans état des lieux signé.

Combien de temps le locataire a-t-il pour contester l'état des lieux ?+

Le locataire peut demander de compléter l'état des lieux dans les 10 jours suivant son établissement pour tout élément, et pendant le premier mois de la période de chauffe pour les éléments de chauffage. Si le bailleur refuse, le locataire peut saisir la commission départementale de conciliation.

Qui paie l'état des lieux d'entrée ?+

L'état des lieux amiable est gratuit : vous le réalisez vous-même avec le locataire. Si une agence le réalise, les honoraires d'état des lieux peuvent être partagés, la part du locataire étant plafonnée par décret (3 € TTC par m² de surface habitable). En cas de recours à un commissaire de justice faute d'accord, le coût est partagé par moitié entre bailleur et locataire.

Faut-il joindre des photos à l'état des lieux ?+

La loi ne l'impose pas, mais c'est vivement recommandé. Des photographies datées de chaque pièce et des équipements renforcent considérablement la valeur probante du document et limitent les contestations à la sortie. Annexez-les à l'état des lieux et faites-les viser par le locataire.

Que faire si le locataire refuse de signer l'état des lieux ?+

Ne remettez pas les clés et ne forcez rien. Recourez à un commissaire de justice (ex-huissier), qui convoque les parties au moins 7 jours à l'avance par lettre recommandée et dresse l'état des lieux. Le coût est alors partagé par moitié entre vous et le locataire, et le document a une force probante renforcée.

Questions fréquentes connexes

Pour aller plus loin

Sources officielles

Comment nous vérifions nos informations

Chaque guide est rédigé puis recoupé à partir de sources publiques officielles: nous citons les textes applicables et indiquons la date de mise à jour pour que vous puissiez vérifier l'information à la source.

  • Sources officielles privilégiées : Service-Public.fr, Légifrance (textes de loi et jurisprudence) et l'ANIL (Agence nationale pour l'information sur le logement). Les références précises utilisées pour cette page sont listées dans la section « Sources officielles ».
  • Mise à jour datée : cette page a été vérifiée le 9 juin 2026. La réglementation et les montants évoluent ; en cas de doute, confrontez toujours l'information à la source officielle citée.
  • Information générale, pas un conseil juridique individualisé : ce contenu a une vocation pédagogique. Il ne remplace pas l'analyse de votre situation par un professionnel du droit (avocat, commissaire de justice) ou par l'ADIL de votre département, qui informe gratuitement.

Rédigé par La rédaction de Serenibail Propriétaires bailleurs & rédacteurs spécialisés.

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Information générale, pas un conseil juridique personnalisé. Ce contenu s'appuie sur des sources officielles à jour, mais chaque situation est particulière. Pour un litige complexe ou des montants élevés, faites-vous accompagner par un avocat ou un commissaire de justice.