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Huissier et loyer impayé : rôle du commissaire de justice, coût, délais, qui paie

Mis à jour le 6 juin 2026 · Rédigé par La rédaction de Serenibail · 12 min de lecture · Sources officielles citées

Face à un loyer impayé, le commissaire de justice (ex-huissier) délivre le commandement de payer, acte qui somme le locataire de régler et déclenche la clause résolutoire. Le locataire dispose alors de 6 semaines (baux conclus, renouvelés ou reconduits depuis le 29 juillet 2023) ou 2 mois (baux antérieurs). Les frais, avancés par le bailleur, sont à la charge du locataire.

Quand un locataire cesse de payer et que vos relances restent sans réponse, le commissaire de justice (l'ancien huissier de justice) devient votre interlocuteur incontournable. C'est lui, et lui seul, qui peut délivrer le commandement de payer, l'acte qui débloque la majorité des situations d'impayé. Beaucoup de propriétaires hésitent par peur du coût ou par confusion avec l'avocat : faut-il un huissier ou un avocat ? Qui paie quoi ? Combien de temps ça prend ? Cette fiche fait le point, à jour 2026, sur le rôle exact du commissaire de justice dans une procédure pour loyer impayé, le coût et le délai du commandement de payer, qui supporte les frais au regard des dépens (article 695 du Code de procédure civile), et la différence entre huissier et avocat selon l'étape. Elle est informative et ne remplace pas l'avis d'un commissaire de justice ou d'un avocat sur votre dossier.

L'essentiel

  • Le commissaire de justice (ex-huissier depuis le 1er juillet 2022) est le seul à pouvoir délivrer le commandement de payer visant la clause résolutoire, signifier une assignation et exécuter une expulsion : ce sont des actes d'officier public.
  • Après le commandement de payer, le locataire dispose de 6 semaines pour régler (baux conclus, renouvelés ou reconduits depuis le 29 juillet 2023) ou 2 mois (baux plus anciens restés sous leur stipulation d'origine ; Cour de cassation, avis du 13 juin 2024, n° 24-70.002).
  • Les émoluments du commandement de payer sont réglementés et modestes (environ 25 à 60 € HT selon le montant de la dette), mais avec le droit d'engagement des poursuites, les frais de déplacement et la TVA, le coût réel se situe souvent autour de 120 à 250 € TTC.
  • Qui paie ? En principe le locataire : le commandement de payer est un acte obligatoire dont le coût s'ajoute à la dette, et la partie condamnée supporte les dépens (articles 695 et 696 du Code de procédure civile). Le bailleur avance toutefois ces frais.
  • Huissier ou avocat ? L'avocat n'est pas obligatoire devant le juge des contentieux de la protection (procédure orale) ; le commissaire de justice, lui, est indispensable pour tous les actes de signification et d'exécution. Les deux interviennent souvent ensemble dans une expulsion.

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Les étapes, dans l'ordre

  1. 1

    Préparez un décompte précis de la dette

    Avant tout

    Listez mois par mois les loyers et charges impayés, en tenant compte des paiements partiels. Notez la date exacte de signature du bail et ses dates de renouvellement ou de reconduction : elles déterminent le délai du commandement (6 semaines ou 2 mois). Ce décompte est la base de l'acte que rédigera le commissaire de justice.

  2. 2

    Tentez d'abord une mise en demeure

    Dès le 1er impayé

    Une lettre de mise en demeure en recommandé, ou une mise en demeure par commissaire de justice, suffit parfois à débloquer la situation ou à ouvrir une négociation. Ce n'est pas obligatoire avant un commandement, mais c'est généralement moins coûteux et cela préserve la relation.

  3. 3

    Mandatez un commissaire de justice et demandez un devis

    Si l'impayé persiste

    Contactez un commissaire de justice (ex-huissier) et transmettez-lui le bail, le décompte de la dette et vos coordonnées. Lui seul peut délivrer le commandement de payer visant la clause résolutoire. Demandez un devis : comptez en général de 120 à 250 € TTC à avancer pour le commandement.

  4. 4

    Le commandement de payer est signifié

    Jour J

    Le commissaire de justice remet officiellement l'acte au locataire et, pour un bailleur particulier, signale le commandement à la CCAPEX. Le délai légal commence à courir : 6 semaines pour un bail conclu, renouvelé ou reconduit depuis le 29 juillet 2023, 2 mois pour un bail plus ancien.

  5. 5

    Attendez l'expiration du délai

    6 semaines ou 2 mois

    Le locataire peut payer l'intégralité de la dette (la procédure s'arrête), proposer un échéancier, ou saisir le juge pour obtenir des délais. Restez ouvert à un plan d'apurement : c'est souvent plus rapide et plus sûr qu'un procès.

  6. 6

    Assignez, avec ou sans avocat, devant le juge

    Après le délai non respecté

    Si rien n'est réglé, le commissaire de justice signifie l'assignation devant le juge des contentieux de la protection pour faire constater la résiliation et ordonner l'expulsion. L'avocat n'est pas obligatoire, mais il est vivement conseillé pour rédiger l'assignation et plaider. L'assignation doit être notifiée au préfet au moins 6 semaines avant l'audience.

Le commissaire de justice, c'est l'ancien huissier

Si vous cherchez « huissier loyer impayé », sachez que le métier a changé de nom. Depuis le 1er juillet 2022, l'huissier de justice et le commissaire-priseur judiciaire ont fusionné en une seule profession : le commissaire de justice. C'est exactement le même rôle d'officier public et ministériel, avec les mêmes pouvoirs. Quand on parle de « frais d'huissier » ou de « lettre d'huissier », il s'agit donc aujourd'hui du commissaire de justice.

Dans une affaire de loyer impayé, son intervention est centrale parce que la loi lui réserve des actes que personne d'autre ne peut accomplir. Lui seul peut délivrer le commandement de payer visant la clause résolutoire, signifier (remettre officiellement) une assignation devant le tribunal, signifier la décision du juge, puis délivrer le commandement de quitter les lieux et, en dernier recours, procéder à l'expulsion avec le concours de la force publique.

Autrement dit, même si vous menez votre procédure sans avocat, vous ne pouvez pas vous passer d'un commissaire de justice. C'est vous qui le mandatez : vous lui transmettez le bail, un décompte précis de la dette mois par mois et vos coordonnées, et il se charge de rédiger et de signifier les actes dans les règles.

Huissier et commissaire de justice : même chose

Ne soyez pas désorienté par le double vocabulaire. « Huissier de justice » et « commissaire de justice » désignent la même personne depuis la fusion de 2022. Les sites officiels et les contrats peuvent encore employer les deux termes.

Son rôle clé : le commandement de payer

L'acte le plus important que le commissaire de justice délivre dans une procédure d'impayé est le commandement de payer visant la clause résolutoire. C'est un document officiel qui somme le locataire de régler l'intégralité de sa dette (loyers, charges et frais de l'acte) dans un délai fixé par la loi. Contrairement à une simple lettre de relance ou à une mise en demeure que vous pouvez envoyer vous-même, le commandement a une vraie portée juridique : il fait courir le compte à rebours de la clause résolutoire de votre bail.

Le commissaire de justice ne se contente pas de poster un courrier. Il vérifie que l'acte contient toutes les mentions obligatoires prévues à peine de nullité (montant détaillé de la dette, délai pour payer, faculté pour le locataire de saisir le juge et de demander une aide au fonds de solidarité pour le logement, etc.), puis il le signifie au locataire, c'est-à-dire qu'il le lui remet officiellement et en dresse procès-verbal.

Il a aussi une obligation peu connue : lorsqu'il délivre le commandement pour le compte d'un bailleur personne physique, il doit le signaler à la CCAPEX, la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives. Ce signalement déclenche un accompagnement social du locataire ; il s'impose par la loi et ne dépend pas de vous.

Combien de temps ? Le délai laissé au locataire

La question « loyer impayé, huissier, combien de temps ? » a deux réponses à distinguer : le délai laissé au locataire par le commandement, et la durée de la procédure complète.

Le délai du commandement de payer dépend de la date du bail. Pour les baux conclus, renouvelés ou reconduits depuis le 29 juillet 2023, le locataire a 6 semaines à compter de la signification pour régler sa dette. Ce raccourcissement vient de la loi Kasbarian-Bergé (loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023), qui a ramené le délai de 2 mois à 6 semaines. Pour les baux antérieurs restés en cours sous leur stipulation d'origine, le délai reste de 2 mois : la Cour de cassation l'a confirmé dans son avis du 13 juin 2024 (n° 24-70.002), au nom de la non-rétroactivité de la loi. Attention, un bail ancien renouvelé ou tacitement reconduit après le 29 juillet 2023 peut basculer dans le régime des 6 semaines.

La durée totale est tout autre. Entre le commandement de payer, l'expiration du délai, l'assignation, l'audience, la décision, le commandement de quitter les lieux et l'éventuelle expulsion, comptez souvent de 12 à 24 mois, parfois davantage, sans oublier la trêve hivernale (1er novembre au 31 mars) pendant laquelle aucune expulsion ne peut être exécutée. Le commissaire de justice accélère et sécurise chaque étape, mais il ne supprime pas les délais légaux.

Deux délais à ne pas confondre

Le commandement de payer laisse 6 semaines ou 2 mois au locataire selon la date du bail. La procédure complète jusqu'à une expulsion effective prend, elle, généralement 12 à 24 mois. Agir tôt, dès les premiers impayés, reste votre meilleur levier.

Combien ça coûte et qui paie les frais d'huissier ?

C'est la crainte numéro un des bailleurs, et la bonne nouvelle, c'est que le commandement de payer n'est pas un acte hors de prix. Les émoluments du commissaire de justice sont réglementés par décret et calculés sur le montant de la dette : ils sont de l'ordre de quelques dizaines d'euros HT (souvent environ 25 à 60 € HT pour le commandement lui-même). S'y ajoutent le droit d'engagement des poursuites, les frais de déplacement, d'éventuels débours et la TVA. Au total, le coût réel d'un commandement de payer pour loyer impayé se situe le plus souvent autour de 120 à 250 € TTC. Demandez toujours un devis avant de mandater.

Qui paie ces frais d'huissier ? En principe, c'est le locataire. Le commandement de payer est un acte obligatoire de la procédure : son coût s'ajoute à la dette réclamée et fait partie de ce que le locataire doit régler pour stopper la procédure. Au stade judiciaire, ce principe est conforté par les règles sur les dépens : les émoluments des officiers publics et ministériels (donc du commissaire de justice) pour les actes obligatoires entrent dans les dépens (article 695 du Code de procédure civile), et la partie perdante est, sauf décision motivée du juge, condamnée à les supporter (article 696 du même code).

En pratique, c'est néanmoins vous, le propriétaire, qui avancez ces frais au moment de mandater le commissaire de justice. Vous ne les récupérez que si le locataire paie, ou via la procédure et l'éventuelle condamnation. Leur récupération effective dépend donc de la solvabilité du locataire. Si vous avez souscrit une assurance loyers impayés (GLI) ou bénéficiez de la garantie Visale, vérifiez vos garanties : les frais de procédure et de commissaire de justice y sont souvent pris en charge, à condition d'avoir déclaré l'impayé dans les délais du contrat.

Le locataire doit, mais vous avancez

Distinguez bien la charge juridique (le locataire) et l'avance de trésorerie (vous). Tant que le locataire n'a pas payé ou n'a pas été condamné et solvable, les frais restent décaissés de votre poche. Une GLI ou Visale peut les couvrir.

Huissier ou avocat : qui fait quoi ?

« Huissier ou avocat ? » : la confusion est fréquente, car les deux peuvent intervenir dans une même affaire, mais à des moments et pour des rôles différents.

Le commissaire de justice (huissier) est indispensable pour les actes : le commandement de payer, la signification de l'assignation au locataire, la signification du jugement, le commandement de quitter les lieux et l'exécution de l'expulsion. Aucun de ces actes ne peut être réalisé par un avocat ni par vous-même.

L'avocat, lui, n'est pas obligatoire devant le juge des contentieux de la protection, qui est le juge compétent pour les litiges locatifs et l'expulsion. La procédure y est orale et sans représentation obligatoire : vous pouvez théoriquement vous défendre seul ou vous faire représenter par un proche. Vous pouvez donc, sur le principe, mener toute la procédure sans avocat. En pratique, depuis la réforme de 2023, la procédure s'est complexifiée (mentions obligatoires du commandement, coordination avec la CCAPEX, gestion des délais de grâce, preuve de la déchéance d'un échéancier pour obtenir le concours de la force publique) : une erreur peut entraîner la nullité et vous faire perdre des mois. L'avocat reste donc vivement conseillé pour rédiger l'assignation et plaider, surtout si le locataire conteste ou si la dette est importante.

Le bon réflexe : commencez par le commissaire de justice pour le commandement de payer (souvent suffisant pour débloquer la situation), et associez un avocat si l'impayé persiste et qu'il faut assigner. Les deux professions travaillent régulièrement ensemble sur ce type de dossier.

Lettre d'huissier, mise en demeure, commandement : ne pas confondre

On parle souvent de « lettre d'huissier » pour un loyer impayé, mais cette expression recouvre des réalités très différentes selon ce qui est réellement délivré.

Une mise en demeure de payer peut prendre la forme d'un courrier que vous envoyez vous-même en recommandé, ou d'une lettre rédigée par un commissaire de justice. Elle réclame le paiement et marque une étape, mais elle ne fait courir aucun délai légal de résiliation et n'active pas la clause résolutoire. Elle est utile en amont, souvent moins coûteuse, et suffit parfois à faire réagir le locataire.

Le commandement de payer visant la clause résolutoire, lui, est tout autre : c'est un acte d'officier public, signifié par le commissaire de justice, qui déclenche le délai légal (6 semaines ou 2 mois) et la clause résolutoire. C'est ce commandement, et non une simple lettre, qui ouvre ensuite la voie judiciaire si le locataire ne régularise pas. Ne vous fiez donc pas au seul mot « huissier » : demandez toujours de quel acte il s'agit exactement.

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Questions fréquentes

Loyer impayé : combien de temps avec un huissier ?+

Deux délais à distinguer. Le commandement de payer délivré par le commissaire de justice laisse au locataire 6 semaines pour régler s'il s'agit d'un bail conclu, renouvelé ou reconduit depuis le 29 juillet 2023, ou 2 mois pour un bail plus ancien. La procédure complète jusqu'à une éventuelle expulsion prend, elle, le plus souvent 12 à 24 mois, en tenant compte de l'assignation, de l'audience, des délais de paiement éventuels et de la trêve hivernale du 1er novembre au 31 mars.

Qui paie les frais d'huissier pour un loyer impayé ?+

En principe le locataire. Le commandement de payer est un acte obligatoire de la procédure : son coût s'ajoute à la dette, et au stade judiciaire les émoluments du commissaire de justice pour les actes obligatoires entrent dans les dépens (article 695 du Code de procédure civile), que la partie perdante supporte sauf décision contraire du juge (article 696). En pratique, c'est toutefois le propriétaire qui avance ces frais ; leur récupération dépend de la solvabilité du locataire. Une assurance GLI ou la garantie Visale peut les couvrir.

Combien coûte un commandement de payer en 2026 ?+

Les émoluments du commissaire de justice sont réglementés et calculés sur le montant de la dette : de l'ordre de quelques dizaines d'euros HT pour le commandement lui-même. En ajoutant le droit d'engagement des poursuites, les frais de déplacement, les débours et la TVA, le coût réel se situe le plus souvent autour de 120 à 250 € TTC. Demandez un devis avant de mandater, car le montant dépend de votre dossier.

Faut-il un huissier ou un avocat pour un loyer impayé ?+

Les deux ont des rôles différents. Le commissaire de justice (ex-huissier) est indispensable pour les actes : commandement de payer, signification de l'assignation et du jugement, commandement de quitter les lieux, expulsion. L'avocat, lui, n'est pas obligatoire devant le juge des contentieux de la protection, car la procédure est orale. Vous pouvez donc agir sans avocat, mais il est vivement conseillé pour rédiger l'assignation et plaider, surtout en cas de contestation ou de dette importante.

Une lettre d'huissier peut-elle remplacer le commandement de payer ?+

Non. Une mise en demeure, même rédigée par un commissaire de justice, n'a pas la même portée : elle ne fait courir aucun délai légal et n'active pas la clause résolutoire. Seul le commandement de payer visant la clause résolutoire, signifié par le commissaire de justice, déclenche le délai de 6 semaines ou 2 mois et ouvre la voie judiciaire. Demandez toujours de quel acte il s'agit précisément.

Puis-je envoyer moi-même un commandement de payer ?+

Non. Le commandement de payer visant la clause résolutoire est un acte d'officier public que seul un commissaire de justice peut délivrer et signifier. Ce que vous pouvez faire vous-même, c'est une lettre de relance ou une mise en demeure par recommandé, mais ces courriers n'ont pas la valeur juridique d'un commandement et ne déclenchent pas la clause résolutoire.

Quand saisir un commissaire de justice plutôt qu'attendre ?+

Dès que les relances et une éventuelle mise en demeure restent sans effet et que l'impayé persiste. Plus vous tardez, plus la dette grossit et plus la procédure complète s'allonge. Mandater un commissaire de justice pour un commandement de payer est souvent l'étape qui débloque la situation : dans une majorité de cas, le locataire paie ou négocie un échéancier à réception de l'acte.

Questions fréquentes connexes

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Sources officielles

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Rédigé par La rédaction de Serenibail Propriétaires bailleurs & rédacteurs spécialisés.

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