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Locataire sans assurance habitation : vos recours de propriétaire (souscription pour compte, résiliation)

Mis à jour le 6 juin 2026 · Rédigé par La rédaction de Serenibail · 9 min de lecture · Sources officielles citées

Un locataire doit s'assurer contre les risques locatifs et vous remettre une attestation chaque année (article 7 g de la loi de 1989). Sans assurance, mettez-le d'abord en demeure par lettre recommandée. Un mois après et sans attestation, vous pouvez soit souscrire une assurance pour son compte (coût majoré de 10 % maximum), soit demander la résiliation du bail si une clause résolutoire le prévoit.

Votre locataire ne vous a jamais remis d'attestation d'assurance habitation, ou ne l'a pas renouvelée : c'est un manquement sérieux, car en cas de sinistre (incendie, dégât des eaux) vous pourriez vous retrouver sans interlocuteur solvable. Bonne nouvelle : la loi vous donne des recours clairs et gradués. Vous n'êtes pas obligé d'aller directement à la résiliation du bail. Depuis la loi ALUR, vous pouvez souscrire une assurance pour le compte du locataire et en récupérer le coût. Voici, étape par étape et à jour en 2026, comment réagir face à un locataire non assuré, en respectant la procédure pour que votre démarche soit valable.

L'essentiel

  • Le locataire doit s'assurer au minimum contre les risques locatifs (incendie, dégâts des eaux, explosion) et remettre une attestation d'assurance à la signature du bail puis chaque année (article 7 g de la loi du 6 juillet 1989).
  • Première étape obligatoire : mettre le locataire en demeure, par lettre recommandée, de fournir son attestation.
  • Option 1 : un mois après une mise en demeure restée sans effet, vous pouvez souscrire une assurance pour compte du locataire (couvrant les risques locatifs) et en récupérer le coût, majoré de 10 % maximum pour frais de gestion, par douzième avec le loyer.
  • Option 2 : si le bail contient une clause résolutoire pour défaut d'assurance, vous pouvez demander en justice la résiliation du bail. Mais souscrire l'assurance pour compte vaut renonciation à cette résiliation.
  • Ne coupez jamais rien et n'expulsez pas vous-même : la résiliation passe toujours par le juge, et l'assurance pour compte par un assureur.

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Les étapes, dans l'ordre

  1. 1

    Réclamer l'attestation d'assurance

    À la signature puis chaque année

    Demandez au locataire son attestation d'assurance habitation couvrant les risques locatifs (incendie, dégâts des eaux, explosion). Elle doit être fournie à la signature du bail puis chaque année. Conservez chaque attestation reçue.

  2. 2

    Mettre en demeure par lettre recommandée

    Préalable obligatoire

    En l'absence d'attestation, adressez une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception. Si vous envisagez de souscrire une assurance pour compte, indiquez qu'à défaut de remise de l'attestation sous un mois, vous y procéderez à ses frais. Gardez la preuve d'envoi.

  3. 3

    Attendre le délai d'un mois

    1 mois

    Le locataire dispose d'un mois pour fournir une attestation valable. S'il s'exécute, l'affaire est close. S'il ne donne pas suite, vos recours s'ouvrent : souscription pour compte ou résiliation.

  4. 4

    Souscrire une assurance pour compte (option 1)

    Après le mois écoulé

    Souscrivez une assurance couvrant les risques locatifs pour le compte du locataire. Récupérez la prime annuelle par douzième avec le loyer, majorée de 10 % maximum pour frais de gestion. Cette démarche vaut renonciation à la clause résolutoire pour défaut d'assurance.

  5. 5

    Ou demander la résiliation au juge (option 2)

    Procédure de plusieurs mois

    Si le bail contient une clause résolutoire pour défaut d'assurance et que vous préférez mettre fin au bail, saisissez le juge des contentieux de la protection pour faire constater la résiliation. Vous ne pouvez jamais résilier ni reprendre le logement de votre propre autorité.

  6. 6

    Sécuriser votre couverture (PNO)

    À tout moment

    Pensez à souscrire une assurance propriétaire non occupant (PNO) pour couvrir les dommages échappant à l'assurance du locataire et les périodes de vacance. C'est une sécurité fortement recommandée, en particulier en copropriété.

L'obligation d'assurance du locataire : ce que dit la loi

L'article 7 g de la loi du 6 juillet 1989 impose au locataire de s'assurer contre les risques dont il doit répondre en sa qualité de locataire. Au minimum, cette assurance doit couvrir les risques locatifs : incendie, dégâts des eaux et explosion, c'est-à-dire les dommages que le locataire pourrait causer au logement et à l'immeuble.

Cette obligation se matérialise par la remise d'une attestation d'assurance : le locataire doit vous en fournir une à la signature du bail, puis à chaque renouvellement annuel, sur votre demande. C'est ce document qui prouve qu'une couverture est bien en vigueur. Sans attestation, vous n'avez aucune garantie que le logement est assuré.

L'enjeu est réel. En cas de sinistre causé par un locataire non assuré, c'est lui qui répond personnellement des dommages — mais s'il est insolvable, vous risquez de ne jamais être indemnisé. D'où l'importance de réclamer l'attestation chaque année et de réagir vite en cas de défaut.

Réclamez l'attestation chaque année

L'attestation d'assurance se demande à la signature du bail puis à chaque date anniversaire. Mettez en place un rappel annuel : c'est le moyen le plus simple de détecter un défaut d'assurance avant qu'un sinistre ne survienne.

Étape 1 obligatoire : la mise en demeure

Avant tout recours, vous devez mettre le locataire en demeure de vous fournir son attestation d'assurance. Cette mise en demeure se fait par lettre recommandée avec accusé de réception. Elle est la clé de voûte de la procédure : sans elle, ni la souscription pour compte ni la résiliation ne sont possibles.

Le contenu de la mise en demeure est important. Elle doit rappeler l'obligation d'assurance, demander la remise de l'attestation, et — si vous envisagez de souscrire une assurance à sa place — informer le locataire qu'à défaut de remise de l'attestation dans un délai d'un mois, vous souscrirez une assurance pour son compte, dont vous récupérerez le coût. Cette mention prépare l'option de la souscription pour compte.

Le locataire dispose alors d'un mois pour réagir : soit il vous transmet une attestation valable (et l'affaire est close), soit il ne donne pas suite, ce qui ouvre vos recours. Conservez précieusement la preuve de l'envoi recommandé et l'accusé de réception.

Pas de mise en demeure, pas de recours

La mise en demeure par lettre recommandée est un préalable obligatoire. Sans elle, vous ne pouvez ni souscrire une assurance pour compte, ni faire jouer une éventuelle clause résolutoire. Soignez sa rédaction et gardez la preuve d'envoi.

Option 1 : souscrire une assurance pour le compte du locataire (loi ALUR)

C'est la voie la plus pragmatique, introduite par la loi ALUR. Si, un mois après une mise en demeure restée sans effet, le locataire n'a toujours pas fourni d'attestation, vous pouvez souscrire vous-même, pour son compte, une assurance couvrant les risques locatifs. Le logement est ainsi couvert, et le bail se poursuit.

Vous récupérez ensuite le coût de cette assurance auprès du locataire. Le montant total de la prime annuelle est récupérable par douzième, chaque mois, en complément du loyer. Vous pouvez majorer ce montant de 10 % au maximum, au titre des frais de gestion (décret du 30 mars 2016). Vous ne pouvez pas facturer davantage.

Attention à une conséquence importante : la mise en demeure dans laquelle vous annoncez souscrire une assurance pour compte vaut renonciation à la mise en œuvre d'une éventuelle clause résolutoire pour défaut d'assurance. Autrement dit, vous choisissez entre couvrir le logement (souscription pour compte) et résilier le bail (clause résolutoire) : vous ne pouvez pas, par la même démarche, faire les deux.

La solution la plus simple dans la plupart des cas

Souscrire une assurance pour compte garantit que le logement est couvert sans rompre le bail, et le surcoût (prime + 10 % max) est répercuté sur le locataire. C'est souvent la réponse la plus proportionnée à un simple défaut d'attestation.

Option 2 : la résiliation du bail via la clause résolutoire

Si vous préférez mettre fin au bail plutôt que d'assurer le logement à la place du locataire, vous pouvez activer la clause résolutoire pour défaut d'assurance, à condition qu'elle figure dans le contrat. De nombreux baux types prévoient cette clause, qui permet la résiliation de plein droit en cas de manquement à l'obligation d'assurance.

La procédure suppose là encore une mise en demeure préalable restée sans effet. Si le locataire ne s'assure toujours pas, vous saisissez le juge des contentieux de la protection pour faire constater l'acquisition de la clause résolutoire et prononcer la résiliation du bail. C'est le juge, et lui seul, qui constate la résiliation : vous ne pouvez jamais résilier le bail de votre propre autorité ni reprendre le logement par la force.

Cette voie est plus lourde et plus longue que la souscription pour compte. En pratique, la résiliation pour le seul défaut d'assurance reste rare : les tribunaux apprécient la gravité du manquement, et un locataire qui s'assure en cours de procédure peut souvent éviter la résiliation. Réservez cette option aux situations de mauvaise foi persistante ou de risque avéré.

La résiliation passe toujours par le juge

Même avec une clause résolutoire, vous ne pouvez pas résilier seul : il faut saisir le juge pour faire constater la résiliation. Comptez plusieurs mois. La souscription pour compte est généralement plus rapide et plus sûre.

Le cas du logement meublé et les bons réflexes

L'obligation d'assurance s'applique aussi en location meublée à usage de résidence principale, dans les mêmes conditions : le locataire doit couvrir les risques locatifs et fournir une attestation. Les recours (mise en demeure, souscription pour compte, clause résolutoire) sont identiques. En location saisonnière de courte durée, le régime diffère ; en cas de doute, vérifiez le type de bail.

Quelques bons réflexes pour éviter les mauvaises surprises. Vérifiez l'attestation chaque année et notez sa date d'échéance. Conservez une copie de chaque attestation reçue. Si vous souscrivez une assurance pour compte, informez clairement le locataire du montant répercuté et de son mode de calcul (prime + 10 % max, par douzième).

Enfin, n'oubliez pas votre propre assurance : en tant que propriétaire bailleur, souscrire une assurance propriétaire non occupant (PNO) vous protège pour les dommages non couverts par l'assurance du locataire ou en cas de vacance du logement. Ce n'est pas une obligation générale, mais c'est une sécurité fortement recommandée, surtout en copropriété.

Pensez à l'assurance PNO

L'assurance propriétaire non occupant (PNO) couvre les dommages qui échapperaient à l'assurance du locataire et les périodes de vacance. Elle complète utilement la couverture du locataire et vous protège en cas de défaut d'assurance non détecté.

Ce que cette page ne remplace pas

Cette fiche présente, à jour en 2026, les recours du propriétaire face à un locataire sans assurance habitation. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. La rédaction de la mise en demeure, le calcul du montant récupérable et la mise en œuvre d'une clause résolutoire obéissent à des règles précises dont une erreur peut fragiliser votre démarche.

Pour souscrire une assurance pour compte, rapprochez-vous d'un assureur proposant ce type de contrat. Pour une résiliation, l'accompagnement d'un commissaire de justice (pour les actes) et, le cas échéant, d'un avocat sécurise la procédure. En cas de doute, l'ADIL (agence départementale d'information sur le logement) de votre département renseigne gratuitement propriétaires et locataires.

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Questions fréquentes

Mon locataire est-il obligé d'avoir une assurance habitation ?+

Oui. L'article 7 g de la loi du 6 juillet 1989 impose au locataire de s'assurer contre les risques dont il répond, au minimum les risques locatifs (incendie, dégâts des eaux, explosion). Il doit vous remettre une attestation d'assurance à la signature du bail puis chaque année, sur votre demande.

Que faire si mon locataire ne fournit pas d'attestation d'assurance ?+

Commencez par le mettre en demeure, par lettre recommandée avec accusé de réception, de fournir son attestation. Sans réponse au bout d'un mois, vous pouvez soit souscrire une assurance pour son compte (et en récupérer le coût majoré de 10 % maximum), soit, si le bail le prévoit, demander la résiliation du bail au juge via la clause résolutoire.

Puis-je souscrire une assurance à la place de mon locataire ?+

Oui. Depuis la loi ALUR, un mois après une mise en demeure restée sans effet, vous pouvez souscrire une assurance couvrant les risques locatifs pour le compte du locataire. Vous récupérez la prime annuelle par douzième avec le loyer, majorée de 10 % au maximum pour frais de gestion. Cette démarche vaut renonciation à la clause résolutoire pour défaut d'assurance.

Combien puis-je facturer au locataire pour l'assurance pour compte ?+

Vous pouvez récupérer le montant total de la prime annuelle de l'assurance souscrite, réparti par douzième chaque mois avec le loyer. Vous pouvez y ajouter une majoration de 10 % au maximum au titre des frais de gestion (décret du 30 mars 2016). Vous ne pouvez pas facturer plus que la prime + 10 %.

Puis-je expulser un locataire qui n'a pas d'assurance ?+

Pas directement. Le défaut d'assurance peut justifier une résiliation du bail si une clause résolutoire le prévoit, mais cette résiliation doit être prononcée par le juge des contentieux de la protection. En pratique, la résiliation pour ce seul motif reste rare, surtout si le locataire s'assure en cours de procédure. La souscription pour compte est souvent une réponse plus proportionnée.

L'obligation d'assurance s'applique-t-elle en location meublée ?+

Oui, pour une location meublée à usage de résidence principale, dans les mêmes conditions qu'en location vide : couverture des risques locatifs et remise d'une attestation. Les recours (mise en demeure, souscription pour compte, clause résolutoire) sont identiques. Le régime peut différer pour les locations saisonnières de courte durée.

Dois-je moi-même assurer le logement que je loue ?+

Ce n'est pas une obligation générale, mais l'assurance propriétaire non occupant (PNO) est fortement recommandée. Elle couvre les dommages échappant à l'assurance du locataire et les périodes de vacance du logement. En copropriété, une assurance responsabilité civile du copropriétaire bailleur est par ailleurs requise.

Cette page remplace-t-elle un conseil juridique ?+

Non. Cette fiche est une information générale à jour 2026, pas un conseil personnalisé. La rédaction de la mise en demeure et la mise en œuvre d'une clause résolutoire obéissent à des règles précises. Pour sécuriser vos démarches, rapprochez-vous d'un assureur (souscription pour compte) ou d'un commissaire de justice et d'un avocat (résiliation), ou consultez gratuitement l'ADIL de votre département.

Questions fréquentes connexes

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Sources officielles

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Chaque guide est rédigé puis recoupé à partir de sources publiques officielles: nous citons les textes applicables et indiquons la date de mise à jour pour que vous puissiez vérifier l'information à la source.

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  • Mise à jour datée : cette page a été vérifiée le 6 juin 2026. La réglementation et les montants évoluent ; en cas de doute, confrontez toujours l'information à la source officielle citée.
  • Information générale, pas un conseil juridique individualisé : ce contenu a une vocation pédagogique. Il ne remplace pas l'analyse de votre situation par un professionnel du droit (avocat, commissaire de justice) ou par l'ADIL de votre département, qui informe gratuitement.

Rédigé par La rédaction de Serenibail Propriétaires bailleurs & rédacteurs spécialisés.

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Information générale, pas un conseil juridique personnalisé. Ce contenu s'appuie sur des sources officielles à jour, mais chaque situation est particulière. Pour un litige complexe ou des montants élevés, faites-vous accompagner par un avocat ou un commissaire de justice.