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Le locataire ne paie pas les charges ou la taxe d'ordures ménagères : que faire ?

Mis à jour le 6 juin 2026 · Rédigé par La rédaction de Serenibail · 10 min de lecture · Sources officielles citées

La taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) est une charge récupérable sur le locataire (décret n° 87-713 du 26 août 1987, pris en application de l'article 23 de la loi du 6 juillet 1989). Si le locataire ne la paie pas, vous la réclamez via la régularisation annuelle, justificatifs à l'appui, puis par mise en demeure ; un impayé persistant de charges relève de la dette locative.

Beaucoup de bailleurs découvrent un jour que leur locataire conteste ou cesse de payer la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM), ou plus largement les charges. La question revient sans cesse : « mon locataire ne paie pas la taxe d'ordures ménagères, ai-je le droit de la lui réclamer ? ». La réponse est oui : la TEOM figure dans la liste des charges récupérables, au même titre que l'eau, le chauffage collectif ou l'entretien des parties communes. Encore faut-il la réclamer correctement, au bon moment et avec les justificatifs, sous peine de voir votre demande contestée. Ce guide explique, à jour 2026, pourquoi la TEOM est récupérable, comment distinguer charges et loyer, comment la réclamer via la régularisation annuelle, et quels recours vous avez quand un locataire ne paie pas ses charges. Il est informatif et ne remplace pas l'avis d'un avocat ou d'un commissaire de justice en cas de litige sérieux.

L'essentiel

  • La taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) est une charge récupérable sur le locataire : elle figure dans la liste annexée au décret n° 87-713 du 26 août 1987, pris en application de l'article 23 de la loi du 6 juillet 1989.
  • Vous ne pouvez réclamer que le montant de la TEOM figurant sur votre avis de taxe foncière (hors frais de gestion et hors taxes annexes non récupérables comme la taxe GEMAPI) : conservez l'avis comme justificatif.
  • La TEOM se récupère via la régularisation annuelle des charges : décompte par nature communiqué au locataire, justificatifs tenus à disposition 6 mois, régularisation au moins une fois par an (article 23 de la loi du 6 juillet 1989).
  • Les charges récupérables sont juridiquement distinctes du loyer, mais un impayé de charges constitue, comme le loyer, une dette locative : il peut être réclamé par mise en demeure puis, si besoin, intégré au décompte d'un commandement de payer.
  • La prescription pour réclamer un rappel de charges (TEOM comprise) est de 3 ans (article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989), mais ce délai ne court qu'à compter de la régularisation : tant que vous n'avez jamais régularisé, le locataire peut au contraire réclamer ses provisions.

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Les étapes, dans l'ordre

  1. 1

    Vérifiez le montant de la TEOM sur la taxe foncière

    À réception de la taxe foncière

    Récupérez votre avis de taxe foncière et isolez la ligne « taxe d'enlèvement des ordures ménagères ». C'est ce montant, et lui seul, qui est récupérable : n'ajoutez ni les frais de gestion de l'État ni d'éventuelles taxes annexes non récupérables (GEMAPI, etc.). Conservez l'avis comme justificatif.

  2. 2

    Intégrez la TEOM à la régularisation annuelle

    Une fois par an au moins

    Ajoutez le montant de la TEOM aux autres charges récupérables réellement supportées (eau, chauffage, ascenseur, entretien…), en ne retenant que les postes de la liste limitative du décret n° 87-713 du 26 août 1987. Vous obtenez le total des charges réelles de la période.

  3. 3

    Calculez le solde : réel contre provisions

    Immédiat

    Comparez le total des charges réelles récupérables au total des provisions versées par le locataire sur la période. Réel supérieur aux provisions = complément à réclamer (TEOM comprise) ; provisions supérieures = trop-perçu à rembourser. Notre calculateur de décompte locatif peut vous aider à présenter le résultat clairement.

  4. 4

    Envoyez le décompte par nature et tenez les justificatifs

    1 mois avant la régularisation

    Au moins un mois avant la régularisation, adressez au locataire un décompte ventilé poste par poste, TEOM incluse. Puis, pendant six mois à compter de l'envoi, tenez à disposition les justificatifs (avis de taxe foncière pour la TEOM, factures, décompte du syndic). Un envoi tracé (recommandé) sécurise la date.

  5. 5

    Relancez et mettez en demeure en cas d'impayé

    Si l'impayé persiste

    Si le locataire ne paie pas le complément, adressez-lui une relance puis une mise en demeure de payer par lettre recommandée avec accusé de réception, en joignant le décompte et le détail du montant dû. Présenter clairement le calcul et l'avis de taxe foncière suffit souvent à débloquer un simple malentendu.

  6. 6

    Intégrez la dette au recouvrement ou saisissez le juge

    Après mise en demeure infructueuse

    Le complément de charges régularisé est une dette locative : il peut s'ajouter aux loyers impayés dans le décompte d'un commandement de payer délivré par un commissaire de justice. En cas de désaccord sur le montant, saisissez gratuitement la commission départementale de conciliation, puis, à défaut, le juge des contentieux de la protection.

La TEOM est bien récupérable sur le locataire

C'est le point de départ, et il est sans ambiguïté : la taxe d'enlèvement des ordures ménagères est une charge récupérable. Concrètement, même si l'avis de taxe foncière est établi au nom du propriétaire (c'est le propriétaire qui est redevable de la TEOM auprès de l'administration fiscale), le bailleur a le droit d'en répercuter le montant sur le locataire, car c'est lui qui bénéficie du service de collecte des déchets.

Cette récupération repose sur deux textes. L'article 23 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 prévoit que certaines taxes locatives sont récupérables sur le locataire, et renvoie pour la liste précise au décret n° 87-713 du 26 août 1987. Ce décret fixe la liste limitative des charges récupérables et y inclut expressément la taxe ou redevance d'enlèvement des ordures ménagères. Comme la liste est limitative, seule une dépense qui y figure peut être réclamée : la TEOM en fait partie, ce qui sécurise votre demande.

Attention toutefois à ne réclamer que la TEOM elle-même. Sur votre avis de taxe foncière, isolez la ligne « taxe d'enlèvement des ordures ménagères ». Les frais de gestion de la fiscalité directe locale prélevés par l'État, ainsi que d'éventuelles taxes annexes non récupérables (par exemple la taxe pour la gestion des milieux aquatiques, dite GEMAPI), ne sont pas récupérables. Reportez donc le seul montant de la TEOM, pas le total de la taxe foncière.

Le bon justificatif

Le justificatif de la TEOM, c'est votre avis de taxe foncière, sur lequel la TEOM apparaît en ligne distincte. Conservez-le : c'est ce document que vous tenez à disposition du locataire pour justifier le montant réclamé lors de la régularisation.

Charges et loyer : deux choses distinctes

Pour bien gérer un impayé de charges, il faut comprendre que les charges récupérables ne sont pas le loyer, même si elles sont souvent versées ensemble chaque mois.

Le loyer est la contrepartie de la jouissance du logement ; il vous revient en propre. Les charges récupérables, elles, correspondent au remboursement de dépenses que vous avez engagées pour le compte du locataire ou dont il profite (eau, chauffage collectif, électricité des parties communes, ascenseur, entretien courant, et précisément la TEOM). Vous ne faites que répercuter une dépense réelle : vous ne « gagnez » pas d'argent sur les charges.

En location vide, le locataire verse chaque mois une provision pour charges, qui n'est qu'une avance estimée et doit être régularisée chaque année (voir plus loin). En location meublée, le bail peut prévoir soit des provisions régularisables, soit un forfait de charges fixe, qui lui n'est jamais régularisé. La TEOM entre dans les provisions à régulariser ; en cas de forfait meublé, elle est réputée incluse dans le montant forfaitaire et n'est pas réclamée à part.

Cette distinction a une conséquence pratique : un complément de charges (TEOM comprise) ne peut être réclamé qu'une fois la régularisation faite et justifiée. Tant que vous n'avez pas régularisé, vous ne pouvez exiger que les provisions prévues au bail, pas un rappel de charges réelles.

Comment réclamer la TEOM : la régularisation annuelle

La TEOM (comme les autres charges récupérables) se réclame au moyen de la régularisation annuelle des charges, prévue par l'article 23 de la loi du 6 juillet 1989. Ce n'est pas une faculté : quand le bail prévoit des provisions, la régularisation au moins une fois par an est obligatoire.

Le mécanisme est simple. Vous totalisez sur l'année les charges récupérables réellement supportées, dont le montant de la TEOM figurant sur votre avis de taxe foncière. Vous comparez ce total à l'ensemble des provisions versées par le locataire sur la même période. Si les charges réelles dépassent les provisions, le locataire vous doit un complément ; si les provisions étaient supérieures, vous lui remboursez le trop-perçu.

La loi impose deux obligations d'information qui rendent votre demande incontestable. D'abord, un mois avant la régularisation, vous communiquez au locataire un décompte par nature de charges, ventilé poste par poste (eau, chauffage, ascenseur, TEOM…), et non un simple montant global. Ensuite, pendant six mois à compter de l'envoi de ce décompte, vous tenez à sa disposition les pièces justificatives : pour la TEOM, c'est l'avis de taxe foncière ; pour les autres charges, les factures, contrats d'entretien et décompte du syndic. Un locataire qui peut vérifier d'où vient le montant paie généralement sans discuter.

  • Isolez le montant de la TEOM sur votre avis de taxe foncière (ligne distincte), sans y ajouter les frais de gestion ni les taxes annexes non récupérables.
  • Totalisez la TEOM et les autres charges récupérables réellement supportées sur la période.
  • Comparez ce total aux provisions versées par le locataire : complément à réclamer ou trop-perçu à rembourser.
  • Envoyez le décompte par nature de charges au moins un mois avant la régularisation.
  • Tenez les justificatifs (avis de taxe foncière, factures, décompte du syndic) à disposition pendant 6 mois à compter de l'envoi du décompte.

Le locataire ne paie pas ses charges : vos recours

Si, après une régularisation correctement faite et justifiée, le locataire ne paie pas le complément de charges (TEOM comprise), vous disposez des mêmes recours que pour un loyer impayé, car un impayé de charges est une dette locative.

Première étape, la relance et la mise en demeure. Adressez au locataire un rappel, puis une mise en demeure de payer par lettre recommandée avec accusé de réception, en joignant le décompte de régularisation et le détail du montant dû. Beaucoup d'impayés de charges viennent d'une incompréhension ou d'une contestation : présenter clairement le calcul et l'avis de taxe foncière débloque souvent la situation.

Deuxième étape, l'intégration au décompte de la dette. Si l'impayé persiste, le complément de charges régularisé s'ajoute à la dette locative globale. Il peut figurer, aux côtés des loyers impayés, dans le décompte qui sert de base à un commandement de payer délivré par un commissaire de justice, à condition que la régularisation soit faite et justifiée. Vous ne pouvez pas faire figurer un complément de charges qui n'a pas encore été régularisé.

Troisième étape, le règlement amiable ou judiciaire. En cas de désaccord sur le montant, vous pouvez saisir gratuitement la commission départementale de conciliation, compétente notamment pour les litiges sur les charges locatives. À défaut d'accord, le juge des contentieux de la protection peut être saisi pour condamner le locataire à payer. Pour une dette importante ou une contestation sérieuse, faites-vous accompagner par un avocat.

Pas de coupure ni de retenue arbitraire

Ne compensez jamais un impayé de charges en coupant un service ou en piochant unilatéralement dans le dépôt de garantie en cours de bail. Réclamez par les voies légales : décompte justifié, mise en demeure, puis le cas échéant commandement de payer et juge. Une retenue arbitraire vous fragiliserait.

Jusqu'où réclamer ? Prescription de 3 ans

La question du « jusqu'à quand » est fréquente, en particulier quand la TEOM a été oubliée ou facturée tardivement. Le principe : la prescription des actions dérivant du bail, y compris le rappel de charges, est de trois ans (article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989, issu de la loi ALUR de 2014).

Mais le point de départ de ce délai est crucial. Selon la Cour de cassation, il ne court qu'à compter de la régularisation, c'est-à-dire de l'envoi du décompte au locataire, puisque c'est seulement à ce moment qu'il peut savoir s'il doit un complément ou s'il a trop versé. Tant que vous n'avez jamais régularisé, la prescription ne court pas en votre faveur, et le locataire peut au contraire réclamer le remboursement de l'intégralité des provisions versées. Régulariser chaque année est donc autant une protection pour vous qu'une obligation.

Un autre garde-fou existe au bénéfice du locataire : si vous n'avez pas régularisé les charges avant la fin de l'année civile suivant celle où elles étaient exigibles, le locataire peut, sur simple demande, exiger d'étaler le paiement du rappel sur douze mensualités. Le rappel reste dû, mais vous ne pouvez pas en exiger le règlement en une seule fois. D'où l'intérêt, là encore, de régulariser dès que vous connaissez le montant de la TEOM et des autres charges.

Régularisez chaque année

La TEOM est connue chaque automne via l'avis de taxe foncière. Régulariser dans la foulée fait courir la prescription à votre profit, évite l'accumulation et prive le locataire de l'argument de l'étalement sur 12 mois réservé aux régularisations tardives.

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Questions fréquentes

Mon locataire ne paie pas la taxe d'ordures ménagères : ai-je le droit de la lui réclamer ?+

Oui. La taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) est une charge récupérable sur le locataire : elle figure dans la liste annexée au décret n° 87-713 du 26 août 1987, pris en application de l'article 23 de la loi du 6 juillet 1989. Même si l'avis de taxe foncière est établi à votre nom, vous pouvez répercuter le montant de la TEOM sur le locataire, car c'est lui qui bénéficie du service de collecte. Vous la réclamez via la régularisation annuelle des charges, justificatif (l'avis de taxe foncière) à l'appui.

Quel montant de TEOM puis-je récupérer exactement ?+

Uniquement le montant de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères qui figure en ligne distincte sur votre avis de taxe foncière. Vous ne pouvez pas réclamer le total de la taxe foncière, ni les frais de gestion de la fiscalité directe locale prélevés par l'État, ni d'éventuelles taxes annexes non récupérables (comme la taxe GEMAPI). Reportez la seule ligne TEOM dans votre décompte de charges.

Comment réclamer la TEOM au locataire ?+

Via la régularisation annuelle des charges (article 23 de la loi du 6 juillet 1989). Vous additionnez la TEOM aux autres charges récupérables réelles, vous comparez au total des provisions versées, et vous réclamez le complément. Au moins un mois avant, vous communiquez au locataire un décompte par nature de charges ; ensuite, pendant six mois, vous tenez les justificatifs à disposition, dont l'avis de taxe foncière pour la TEOM. Une charge non régularisée et non justifiée ne peut pas être réclamée.

La TEOM fait-elle partie du loyer ou des charges ?+

Des charges. La TEOM est une charge récupérable, distincte du loyer. En location vide, elle entre dans les provisions pour charges que le locataire verse chaque mois et que vous régularisez une fois par an. En location meublée avec forfait de charges, elle est réputée incluse dans le forfait et ne se réclame pas à part. Elle ne fait jamais partie du loyer proprement dit.

Que faire si le locataire refuse de payer le complément de charges ou la TEOM ?+

Un impayé de charges est une dette locative. Commencez par une relance puis une mise en demeure par lettre recommandée, en joignant le décompte et l'avis de taxe foncière. Si l'impayé persiste, le complément régularisé peut s'ajouter aux loyers impayés dans le décompte d'un commandement de payer délivré par un commissaire de justice. En cas de désaccord sur le montant, la commission départementale de conciliation est gratuite ; à défaut, le juge des contentieux de la protection peut condamner le locataire à payer.

Sur combien d'années puis-je réclamer une TEOM impayée ?+

La prescription est de 3 ans (article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989), mais ce délai ne court qu'à compter de la régularisation, c'est-à-dire de l'envoi du décompte au locataire. Tant que vous n'avez jamais régularisé, la prescription ne joue pas en votre faveur, et le locataire peut même réclamer le remboursement de ses provisions. Si vous régularisez après la fin de l'année civile suivant l'exigibilité, le locataire peut en outre exiger d'étaler le rappel sur 12 mois. D'où l'intérêt de régulariser chaque année.

Questions fréquentes connexes

Pour aller plus loin

Sources officielles

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  • Mise à jour datée : cette page a été vérifiée le 6 juin 2026. La réglementation et les montants évoluent ; en cas de doute, confrontez toujours l'information à la source officielle citée.
  • Information générale, pas un conseil juridique individualisé : ce contenu a une vocation pédagogique. Il ne remplace pas l'analyse de votre situation par un professionnel du droit (avocat, commissaire de justice) ou par l'ADIL de votre département, qui informe gratuitement.

Rédigé par La rédaction de Serenibail Propriétaires bailleurs & rédacteurs spécialisés.

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